
« La GPA, c’est toujours la GPA »

Ce « billet de Dominique Labarrière » est paru le 25 août dans Causeur. Nous n’y ajouterons pas de commentaire. La charge de l’auteur suffit amplement à discréditer le zombie nommé Gabriel Attal et le régime mortifère nommé République française. JSF

Gabriel Attal veut promouvoir la GPA, mais une GPA prétendument respectueuse de la dignité des femmes. Pourtant, quelle que soit l’approche, quel que soit le vocabulaire lénifiant dont on veut enrober la question, la gestation pour autrui reste essentiellement la même : une façon d’exploiter les femmes.
Monsieur Gabriel Attal, qui fut premier de la classe et Premier ministre, jeune ambitieux frénétiquement en quête d’un destin politique d’envergure, vient d’annoncer la création d’une officine de cogitation appelée à élucubrer sur quelques merveilles progressistes, dont, évidemment, la GPA (Gestation pour autrui). Mais attention, pas le tout venant de la GPA. Non, ne nous méprenons pas. Il s’agirait d’une GPA « éthique ». C’est-à-dire, précise pour nous le journal Libération – séduit, bien sûr – « encadrée, non lucrative et respectueuse de la dignité des femmes ».
On respire ! Rappelons tout de même ce qu’est la GPA selon l’Organisation mondiale de la santé : « Une forme d’assistance médicale à la procréation dans laquelle une femme porte un enfant pour le compte d’un ou de plusieurs parents d’intention ». On appréciera comme il convient la délicatesse, la subtilité de la notion de « parents d’intention ». « Contrairement à la procréation pour autrui où la femme porteuse utilise ses propres ovocytes, la GPA proprement dite implique l’absence de lien génétique entre la gestatrice et l’enfant », précise encore Libération. De nouveau, on ne manquera pas d’apprécier à sa juste valeur le concept tout beau, tout neuf de gestatrice, venant se substituer dans cette affaire à celui, si noble, de génitrice. Un déclassement qui ne dirait pas son nom, peut-être bien ? À voir. La gestatrice ne serait donc à la génitrice que ce qu’est, au fond, la nounou à la maman, un personnel de substitution, un adjuvant de circonstance…
Un personnel de substitution, un adjuvant que, très légitimement, on rémunère pour ses signalés services. Or, il ne serait plus question de cela, d’argent, de rétribution, d’indemnisation, pour la gestatrice. Éthique oblige ! Car selon la morale telle que M. Attal la conçoit, ce serait verser dans l’horrible marchandisation du corps des femmes. Mon Dieu, quelle horreur ! Pas question ! On ne veut donc là que du bénévolat, du désintéressement, de l’amour du prochain, de la générosité, du vivre ensemble, du partage. Bref, toute la lyre. Qui croit-on tromper ?
Seules les femmes ayant la liberté, la possibilité, les moyens de s’offrir une parenthèse de neuf mois de grossesse et de couvrir les frais y afférents seraient donc éligibles ? Comment ne pas voir là une première sélection, peu ou prou par l’argent. On imagine avec plaisir les conversations de salon : « Ma chère, j’avais la possibilité de m’offrir un stage de neuf mois de perfectionnement dans l’art si enthousiasmant de la viole de gambe, j’ai finalement choisi de me faire porteuse-pondeuse pour autrui. Mais, attention ma chère, porteuse-pondeuse éthique. Je ne prends pas une thune. C’est cool, non ? »
À qui ira-t-on faire croire que la question d’argent ne se posera pas ? Et puis quand bien même, à qui ira-t-on faire croire que ce premier critère de sélection ne s’accompagnera pas d’une foule d’autres, l’origine, l’apparence physique, le patrimoine génétique, les aptitudes mentales, l’hérédité. Où ira-t-on chercher dès lors « le respect de la dignité des femmes » ?
Bref, plus ou moins insidieusement mais imparablement, on assisterait à la mise en œuvre d’un eugénisme à bas-bruit… Et en fait d’un cynisme encore plus écœurant que ne le serait une rétribution officielle, reconnue, concertée. Celle-ci aurait au moins le mérite de mettre M. Attal et les promoteurs de cette ignominie qu’est la GPA devant la seule authentique réalité de la démarche : la dégradation de l’être humain au rang de produit, d’instrument de fabrication pour la mère porteuse, la gestatrice. Objet de satisfaction, de contentement en ce qui concerne l’enfant à qui, dès son premier jour, après que les parents d’intention – non admis à la fertilité selon dame nature – en auront fait des caisses sur « l’irrépressible désir d’enfant » – à qui dès le premier jour, disais-je, on déniera tout droit au « désir de mère ». C’est du moins ce que déclarait à chaque interview un très médiatisé animateur télé ayant eu recours au procédé pour son mari et lui-même : « Cette femme [la porteuse de l’enfant] n’est pas sa mère et ne le sera jamais », assénait-il. Voilà, qui est dit.
Enfin, faisant reposer sa prétendue éthique quasi exclusivement sur une question d’argent, M. Attal se berce d’illusions, se fourre le doigt dans l’œil bien profond. Il raisonne en épicier. Or, le lieu de l’éthique ne se limite jamais au tiroir-caisse. Loin de là. Aussi, penser, ou seulement imaginer, que donner la vie par procuration, dans un processus dont l’aboutissement n’est autre que l’abandon de l’enfant par sa gestatrice, pourrait si peu que ce soit s’auréoler d’éthique, relève tout simplement d’une imposture mentale. Pire encore, d’une très barbare cagade de l’esprit. oo■oDOMINIQUE LABARRIÈRE

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C’est croquignolet, juste après l’ONU appelle au bannissement mondial de la pratique qu’il asimile à l’esclavage. À contre sens Monsieur Attal !