
Par Didier Desrimais*.

Cet article est paru dans Causeur le 7 janvier. Didier Desrimais, selon sa méthode redoutablement efficace, décortique son sujet avec minutie, avec une précision chirurgicale, sans rien laisser de côté ni rien négliger. Il s’agit ici du petit monde, politico-médiatique fermé sur lui-même, qui, sentant monter contre lui l’hostilité et la colère, s’emploie à la mise en place d’une police de la pensée, fût-elle feutrée, plus totalitaire que jamais. Didier Desrimais connaît son dossier comme pas un : le Système à l’état pur… Dont les Français ont assez. JSF
Le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, vent debout contre les dérives idéologiques des antennes et la gabegie financière à France télévisions et Radio France, a été prié de cesser de faire de la politique-spectacle.

La commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public a d’ores et déjà permis d’apprendre ou de confirmer certaines choses intéressantes sur le fonctionnement de cette institution médiatique, sur son orientation idéologique, sur ses connivences politiques, sur sa catastrophique gestion financière, sur ses accointances douteuses avec des maisons de production privées, sur les rémunérations, primes et avantages sociaux de ses employés, etc.
Faites le taire !
Le rapporteur de ladite commission, Charles Alloncle, ne s’est pas fait que des amis, c’est le moins qu’on puisse dire. Le jeune député UDR de l’Hérault, qui connaît son dossier par cœur, est pugnace tout en restant courtois. Il ne se laisse démonter ni par l’arrogance des uns – Patrick Cohen s’est une fois de plus distingué dans ce domaine – ni par les tentatives d’enfumage des autres. Après quelques auditions éprouvantes, les mandarins du système médiatique ont décidé de s’ériger en martyrs de la liberté d’expression, en victimes de l’extrême droite. Solidaires, les médias dominants relaient leurs plaintes douloureuses…
La presse mainstream subventionnée est sur le pied de guerre : il faut sauver l’audiovisuel public par tous les moyens. Télérama, Libération – où officie Thomas Legrand, surpris dans un café parisien avec deux éminents représentants du Parti socialiste auxquels il promettait à demi-mot le soutien de France Inter en cas de candidature de Raphaël Glucksmann aux prochaines présidentielles – condamnent en bloc cette commission et ses objectifs inavouables, selon eux. De son côté, Le Monde se déchaîne contre Charles Alloncle, rapporteur d’une commission qui serait, tenez-vous bien, la « caisse de résonance des obsessions des médias de Vincent Bolloré ». Rappel qui a son importance : Télérama et Le Monde appartiennent au même groupe contrôlé par le banquier gauchiste Matthieu Pigasse, également actionnaire de Mediawan, entreprise culturelle travaillant pour France TV, produisant plusieurs émissions dont C à vous, animée par Élisabeth Lemoine et… Patrick Cohen.
Le rappel à l’ordre de Jérémie Patrier-Leitus
Ce mercredi 7 janvier, trois journalistes du Monde, pas moins, ont donc uni leurs plumes pour dézinguer Charles Alloncle. Feignant de découvrir l’utilisation des réseaux sociaux dans le milieu politique, ils s’indignent de ce que le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public les utilise – ce qui est parfois le seul moyen de porter à la connaissance du public des informations que les médias dissimulent. De plus, ce « bardelliste » serait « noyé sous les éloges de l’animateur phare de CNews Pascal Praud » – ce qui révèle vraisemblablement un retour des heures les plus sombres de notre histoire. Heureusement, se réjouissent-ils, le président de ladite commission, Jérémie Patrier-Leitus, a mis le holà en convoquant le bureau afin d’établir quelques « principes » avant de poursuivre les travaux. Il est possible que les courriers de Mme Veil, présidente de Radio France, et de Patrick Cohen, envoyés à M. Patrier-Leitus et à l’Arcom pour se plaindre des mauvais traitements qu’ils auraient subi lors de leurs auditions, aient pesé dans la décision du président. Quoi qu’il en soit, cette « séance de recadrage » satisfait Le Monde qui, ce même jour, a ouvert ses colonnes à Xavier Bertrand. Le président LR des Hauts-de-France signe une tribune dénonçant « les assauts de l’extrême droite contre la presse ». C’est original. M. Bertrand est la proie d’une idée fixe qui lui sert de seul et unique programme politique : le combat contre l’extrême droite. Il aimerait tonitruer mais ne parvient qu’à piauler de sempiternelles platitudes sur la démocratie et les valeurs républicaines supposément en danger. Il voit naturellement d’un mauvais œil les auditions dirigées par Charles Alloncle et affirme que « l’extrême droite œuvre, dans un silence assourdissant, pour tenter de mettre au pas des journalistes qui ne pensent pas comme elle ». C’est qu’il y tient à son rond de serviette dans l’audiovisuel public, le matamore républicain.
Dernièrement encore, il y promouvait son livre intitulé Rien n’est jamais écrit. Pourtant, si, une chose était écrite – l’insuccès de ce bouquin et son destin inéluctable : le pilon. Une autre semble également inscrite dans le marbre : malgré ses prétentions, Xavier Bertrand ne sera jamais président de la République. En attendant d’être confronté à cet échec, M. Bertrand roule des mécaniques dans les médias publics en admonestant « l’extrême droite » et déclare, dans La Voix du Nord, vouloir « mettre [ses] idées dans le débat ». Lesquelles ? On ne sait pas. On sait seulement, grâce au Monde, qu’il ne confond « jamais l’extrême droite avec ses électeurs », ces derniers étant, selon lui, « les premières victimes de stratégies de manipulation, de colère organisée et de désinformation planifiée », et qu’il fera tout pour défendre les pauvres journalistes « intimidés, surveillés » par l’extrême droite. D’ailleurs, il enjoint à tous les responsables politiques de réagir pour « garantir la liberté d’expression de chacun ». Du vent, du vent et encore du vent – et nous comprenons enfin pour quelle raison les Hauts-de-France sont la région où il y a le plus d’éoliennes… o ■ o DIDIER DESRIMAIS













