
Jean-François Copé qualifie l’historien Jacques Bainville de « philosophe de l’extrême droite du 19e siècle » ! Erreur grossière qu’Andrien Bez a justement démontée dans Le Figaro d’hier 9 janvier.
Par Adrien Bez.
Figure majeure de l’Action française, l’auteur d’une Histoire de France était non pas philosophe mais historien, et a publié l’intégralité de ses œuvres entre 1900 et 1935.

Jacques Bainville est un «philosophe de l’extrême droite du 19e siècle», selon Jean-François Copé. Le maire de Meaux, figure du parti Les Républicains, l’a affirmé jeudi au micro de RMC/BFMTV. Interrogé au sujet d’un potentiel rapprochement avec Reconquête en vue des municipales à Paris, après que Sarah Knafo s’est dite «prête» à travailler avec Rachida Dati, il a assuré que son camp n’avait «rien à voir avec Sarah Knafo, ni avec (Eric) Zemmour qui, je le rappelle, est profondément antieuropéen, il en a fait son ADN. Il fait l’éloge de penseurs d’extrême droite» tels que Jacques Bainville, «qui n’est pas très connu aujourd’hui mais qui était un des philosophes de l’extrême droite du 19e siècle».
Une sortie qui ne manquera pas de chagriner les admirateurs de Bainville. Né en 1879, celui-ci a publié l’intégralité de ses œuvres entre 1900 et 1935 (puis des œuvres posthumes par la suite), ce qui en fait un auteur du 20e siècle et non pas du 19e. Surtout, le natif de Vincennes (Val-de-Marne) n’est pas un philosophe, mais un historien, un essayiste et un journaliste, qui a collaboré à L’Action française (le quotidien, actif entre 1908 et 1944), à La Liberté, au Petit Parisien, à La Nation belge, à La Revue universelle. «S’il abordait dans ses articles de multiples sujets, touchant aussi bien à la critique littéraire qu’aux questions financières, sa matière de prédilection restait l’histoire, à laquelle il consacra de nombreux ouvrages», explique sur son site internet l’Académie française, dont Jacques Bainville a occupé le fauteuil numéro 34 à compter de 1935.Passer la publicité
« L’une des grandes figures du courant monarchiste »
Parmi ses ouvrages d’histoire majeurs, citons son Histoire de France (1924), qui «reste un livre de première importance» selon l’Institut, mais aussi Bismarck et la France (1907), L’Allemagne romantique et réaliste (1927), Histoire de deux peuples (1915), La Guerre et l’Italie (1916), Comment est née la Révolution russe (1917), Histoire de trois générations (1918), Les Conséquences politiques de la paix (1920), Le Dix-huit brumaire (1925), Napoléon (1931), ou encore La Troisième République (1935).
« Son engagement politique ne nuisait ni à sa lucidité ni à l’élégance de son style ». Académie française
Pour le reste, son classement politique à l’extrême droite a suscité un débat sur le réseau social X. Rémy Queney, candidat aux élections législatives de 2024 avec l’étiquette Rassemblement national, affirme ainsi que Jacques Bainville «n’était pas d’extrême droite mais un historien lucide, catholique, hostile en particulier à la violence de rue». En revanche, Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux États-Unis qui «admire Bainville l’essayiste et l’historien», assure qu’«il était d’Action française qui était bel et bien un mouvement d’extrême droite».
L’allégeance de Jacques Bainville à l’Action française et à son maître à penser, Charles Maurras, est bien documentée. Ce mouvement politique monarchiste et nationaliste, classé à l’extrême droite, est né en 1898 dans le contexte de l’affaire Dreyfus, se positionnant à ses débuts dans le camp antidreyfusard. «Jacques Bainville demeure surtout célèbre comme l’une des grandes figures du courant de pensée monarchiste, dans la mouvance de l’Action française, entre les deux guerres, décrit l’Académie française. Mais son engagement politique ne nuisait ni à sa lucidité ni à l’élégance de son style.» o ■ o ADRIEN BEZ
Transmission : Michel Franceschetti












Bainville est récemment attaqué par l’école des historiens de gôche. Il les gène beaucoup, ne serait ce que par son livre » les conséquences politiques de la Paix » dans lequel il montre que la guerre devait se produire vingt ans plus tard. Celle-ci n’est pas due à la présence d’un Hitler, elle aurait eu lieu sans lui, avec un autre. C’est un crime anti Wilson et anti Clemenceau pour l’école progressiste, mais surtout Hitler n’est plus qu’un épiphénomène et non pas la cause de la guerre et de tout ce qui est haïssable. Fin de la « reductio ad hitlerum »