

Communiqué sur la décision du Conseil d’État relative à l’usage de l’écriture inclusive
Le 9 janvier 2026
À l’issue de sa séance du jeudi 8 janvier 2026, l’Académie française a publié le communiqué suivant :
Par une décision du 31 décembre 2025, le Conseil d’État statuant au contentieux a validé l’utilisation de l’écriture dite « inclusive » sur des plaques commémoratives installées au sein de l’Hôtel de Ville de Paris.
L’article 1er de la loi du 4 août 1994 dispose pourtant que la langue française est un élément fondamental du patrimoine de la France. Dans la mesure où l’écriture « inclusive » institue arbitrairement des marqueurs orthographiques — dits « points médians » — contraires à la lisibilité et à l’esprit de notre langue, elle porte une atteinte grave à cette dimension patrimoniale, qui mérite pourtant d’être protégée au même titre que nos monuments et nos paysages.
Ayant déjà eu l’occasion de faire valoir que cette façon d’écrire nuit à l’apprentissage de notre langue et à son usage national autant qu’international, l’Académie française élève une protestation solennelle contre l’option retenue par cette décision. o ■
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À la suite de ce communiqué Le Figaro a publié (10.1.2026) l’article explicatif que nous reprenons ici.
l’Académie française s’oppose au Conseil d’État
Par Romain Ferrier.
Cette réaction fait suite à la décision du Conseil de valider l’utilisation de l’écriture inclusive sur des plaques commémoratives à l’Hôtel de Ville de Paris.
Académie contre Conseil. Dans un communiqué publié ce vendredi 9 janvier, l’Académie française s’oppose à la décision rendue le 31 décembre dernier par le Conseil d’État, validant l’utilisation de l’écriture inclusive sur des plaques commémoratives installées au sein de l’Hôtel de Ville de Paris.
Pour appuyer sa protestation, elle s’appuie sur l’article 1er de la loi du 4 août 1994 qui «dispose pourtant que la langue française est un élément fondamental du patrimoine de la France. Dans la mesure où l’écriture «inclusive» institue arbitrairement des marqueurs orthographiques — dits «points médians» — contraires à la lisibilité et à l’esprit de notre langue, elle porte une atteinte grave à cette dimension patrimoniale, qui mérite pourtant d’être protégée au même titre que nos monuments et nos paysages».Passer la publicité
«Ayant déjà eu l’occasion de faire valoir que cette façon d’écrire nuit à l’apprentissage de notre langue et à son usage national autant qu’international (elle avait alors parlé de «péril mortel» en 2017, ndlr ), l’Académie française élève une protestation solennelle contre l’option retenue par cette décision», renchérit-elle après avoir fait séance tenante hier.
« Ne pas marquer de préférence de genre »
Que s’est-il donc passé ? Remontons le temps. En 2021, deux plaques de marbre sont modifiées lors d’«un inventaire de l’état de délabrement de la mairie» de Paris. On pouvait y lire les inscriptions «Conseiller.e.s» et «Président.e.s», gravées en lettres d’or, respectivement en hommage aux conseillers de Paris ayant effectué plus de vingt-cinq ans de mandat et aux présidents du Conseil de la capitale.
À l’époque, l’entourage de la maire de Paris Anne Hidalgo répondait dans les colonnes du Figaro que «ces plaques sont le fruit d’une délibération votée à l’unanimité en 2017» . Et d’ajouter : «La maquette, avec l’écriture inclusive, était dans la délibération qui proposait de les actualiser, pour un montant de 18 609 euros.» Pour rappel, en novembre 2017, une circulaire émise par le Premier ministre d’alors, Édouard Philippe, interdisait pourtant l’écriture inclusive, mais uniquement dans les actes administratifs officiels. «Dans les textes réglementaires, le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aussi bien aux femmes qu’aux hommes», pouvait-on y lire. Dans cette même circulaire, il était cependant précisé que le doublon «le candidat ou la candidate» devait être présent dans les actes de recrutement, «afin de ne pas marquer de préférence de genre».
Alors, le Conseil d’État avait été saisi contre la circulaire du Premier ministre et avait rejeté ce recours, «en prescrivant d’utiliser le masculin comme forme neutre (…) et de ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive, la circulaire attaquée s’est bornée à donner instruction aux administrations de respecter, dans la rédaction des actes administratifs, les règles grammaticales et syntaxiques en vigueur». Il n’en reste pas moins que l’écriture inclusive demeure un outil qui fait de la langue un étendard politique, partagé seulement par quelques-uns… o ■ o ROMAIN FERRIER
Sur ce même sujet, on peut lire aussi un intéressant entretien avec Jean Szlamowicz publié – dans le style qui lui est propre -, par Atlantico.












La langue est, non seulement, ce avec quoi l’on s’exprime verbalement, mais encore et – peut-être – surtout, ce avec quoi l’on discrimine les saveurs… Modifier l’usage de la langue parlée, c’est également pervertir le sens physiologique du goût… Rimbaud avait envisagé de retrouver la barbare poésie «par le dérèglement de tous les sens» («Lettre du voyant»), aujourd’hui, c’est ainsi que l’on cherche une inversion : «transhumaniser» les organes, jusqu’à ce que ceux-ci ne répondent plus à la réalité sensible des choses qui nous entourent mais obéissent à l’illusion moderne d’une légalité «plastique», une «plasticité», au sens étymologique du terme, lequel terme désigne la capacité de soumission quasi absolue dont la chair est susceptible, en se coulant dans le moule de la profane facilité – on connaît le célèbre mot de Paul-Jean Toulet (souvent attribué à Paul Claudel) : «La tolérance ? Il y a des maisons pour ça !»
Rappelons à la jeunesse que l’on appelait «maisons de tolérance» les sinistres bordels – également dits «maisons closes», par infâme parodie de la «clôture» religieuse…
La «tolérance» linguale donne l’avant-GOÛT de ce à quoi conduit la gourmandise licencieuse : la mise en législations réglées des subtiles beautés du bien parler et du bon goût, jusqu’à la couleur des yeux, des cheveux, de l’épiderme, et ce, pour le motif cérébral que ce que l’on incite à devoir «tolérer», à force de tolérances policières, devient «norme environnementale». Aux temps du scientisme nazi ceux qui le promeuvent aujourd’hui, au nom du sacro-saint progrès, le flétrissaient en tant qu’«eugénisme». Mais il y a pis encore que le besogneux eugénisme médicinal, pis que le racisme biologique abruti : je veux parler de l’eugénisme législatif, du racisme législatif, de l’évolutionisme cérébral, en somme, qui conduit immanquablement à la négation de la Genèse, à la négation du Sacrifice de la Divinité, pour la seule affirmation de la licence humaine, par dérision du très rigoureux et intolérant «fais ce que voudras» de Rabelais, admis en ces termes «parce que, précise Rabelais, parce que gens libres, bien nés, bien instruits, conversant en compagnies honnêtes, ont par nature un instinct et aiguillon qui toujours les pousse aux faits vertueux et les soustrait au vice, lequel [instinct et aiguillon] ils nomment honneur».
Le «progrès», c’est l’obtention déshonorée et déshonorante des cervelles de synthèse et de la langue transgenrée – les Peaux-Rouges disaient «langue fourchue», visant la capacité des Visages Pâles à s’éberluer également d’une vérité et de son contraire, selon les critères de la mode et du Code pénal.
Bravo !
La validation par le Conseil d’État de l’écriture inclusive sur des plaques commémoratives parisiennes entérine une dérive préoccupante : la transformation de la langue française en instrument idéologique. En introduisant des artifices graphiques comme le point médian, l’écriture inclusive nuit à la lisibilité, complique l’apprentissage et fragilise l’unité linguistique. Elle repose surtout sur une confusion entre grammaire et militantisme, assimilant à tort le masculin grammatical à une domination symbolique. En rappelant que la langue est un patrimoine commun, l’Académie française ne s’oppose pas à l’égalité, mais à sa caricature. Une langue publique doit rassembler, non diviser.
J’aimerai savoir de quoi se mêlent ces privilégiés, lesquels, tendance générale chez la gent juridique, s’octroient des prérogatives de décisions alors qu’ils ne sont élus par personne mais nommés, certains diraient recasés, par copinage, et pour un salaire loin d’être négligeable Ils sont « hors sol » !