
Par Yves-Marie Sévillia.
La journaliste vedette de France 2 partage la vie du socialiste Raphaël Glucksmann. Conflits d’intérêt ?
Le totalitarisme de l’audiovisuel public devient — à juste titre — une affaire d’État. Cet excellent article apporte une contribution appréciable à la mise au jour des pratiques de ce service, qui relèvent à l’évidence d’une propagande de gauche, voire d’ultragauche méthodiquement pensée et organisée en réseau, interne et externe. Ces dérives sont pourtant niées par leurs protagonistes avec une arrogance et un esprit de clan quasi insupportables. Charles Alloncle mène cette enquête parlementaire de main de maître, avec méthode, vigueur et une rigueur qu’il convient de saluer. L’article est paru hier dans Boulevard Voltaire. Je Suis Français.

L’art de la répétition. Charles Alloncle, le rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public ne se lasse pas. Auprès des directeurs de l’information de France Télévisions, il est une nouvelle fois revenu à la charge sur le sujet phare qui guide les travaux de la commission : la neutralité et l’impartialité de l’information délivrée par l’audiovisuel public.
Léa Salamé fut au cœur de l’audition qui se déroulait au Palais Bourbon ce mercredi 28 janvier. La journaliste qui présente le journal de 20h de France 2, partage la vie de l’eurodéputé socialiste Raphaël Glucksmann. « Alors que les Français attendent plus que jamais du service public, qu’il démontre sa neutralité comme son impartialité, France Télévisions a fait le choix pour incarner son principal rendez-vous d’infirmation de choisir une journaliste dont le compagnon n’est autre que Raphaël Glucksmann, candidat pressenti pour représenter le parti socialiste à la prochaine élection présidentielle » note le rapporteur de la commission. Un choix que Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, assumait sur le plateau de Quotidien il y a un an. Pourtant, Charles Alloncle s’interroge sur « la temporalité » d’une telle décision, qui était prise à quelques semaines de l’élection européenne de 2024, alors que la liste socialiste était menée par Raphaël Glucksmann.
Audiences en berne
Soulignant les qualités journalistiques « évidentes » de l’intéressée, le député de l’Hérault s’interroge toute de même : « sur le plan de la déontologie, considérant l’exigence, le caractère particulièrement sensible de son poste, eu égard aussi au rôle d’arbitre que doit tenir l’audiovisuel public à l’approche d’échéances électorales, pensez-vous sincèrement et rétrospectivement, que ce choix était pertinent ? » Alexandre Kara, directeur de l’information de France Télévisions sur le départ exprime son plein soutien et sa totale satisfaction. « Je ne me suis pas posé la question de qui était son compagnon, mais plutôt qui était la meilleure pour présenter le 20h ». Pour le dirigeant, le nom de Léa Salamé « s’est imposé ». La question de ceux qui partagent la vie des journalistes, n’entre pas en compte dans son raisonnement d’autant que dans le cas présent, la candidature de Raphaël Glucksmann est « hypothétique » plaide-t-il. Charles Alloncle s’étonne pourtant de ce choix fait en dépit de résultats d’audiences mauvaises qu’il souligne sans laisser deviner un soupçon de satisfaction malicieuse. De septembre à décembre 2025, le JT de 20h de France 2, a rassemblé 19,7% d’audience soit 230.000 téléspectateurs de moins sur la même période que le journal concurrent de TF1, présenté par Anne-Sophie Lapix.
Principe de précaution

Alors est-ce vraiment l’audience qui a guidé ce choix de Léa Salamé s’interroge le rapporteur de la commission ? « Il faut laisser s’installer quelqu’un, on ne peut le juger sur trois quatre mois, il faut laisser un peu de temps » juge Alexandre Kara qui s’appuie sur sa longue expérience et vante les chiffres de la première semaine de janvier qui sont les meilleurs depuis l’arrivée de Léa Salamé. Quant à la question du départ de cette dernière en cas de candidature de Raphaël Glucksman, Charles Alloncle évoque plusieurs exemples. Dont celui d’Anne Sinclair. La journaliste, qui partageait la vie de Dominique Strauss-Kahn, avait démissionné du magazine d’information 7 sur 7 de la chaîne TF1 à la nomination de son mari au gouvernement en 1997. « Vous parlez d’une extrême vigilance, pourquoi ne pas utiliser le principe sain de précaution ? » demande le parlementaire ciottiste. « Je ne suis pas juge et décisionnaire de la mort professionnelle de quelqu’un en raison de sa proximité avec une personne ou une autre », se défend Alexandra Kara qui s’engage à ce que Léa Salamé ne soit plus à l’antenne à partir du moment où le conflit d’intérêts sera effectif, « à partir du moment où on rentre dans une zone grise », c’est-à-dire quand Raphaël Glucksmann annoncera une candidature officielle. Jusqu’à nouvel ordre, le dirigeant de France Télévisions assume : « moi je me refuse de priver les Français d’une journaliste aussi talentueuse ».
Plus tard, on apprend que la journaliste Linh-Lan Dao, responsable de la cellule de « fact-checking » (vérification des faits) de France TV, était la tête d’affiche d’une réunion de La France Insoumise en novembre avec le député mélenchoniste de Toulouse François Piquemal. La direction dit avoir sanctionné sa journaliste qui avait agi sans en référer à quiconque. Neutralité, impartialité, indépendance du service public, vous avez dit ? o ■ o YVES-MARIE SÉVILLIA
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire













