
Par Radu Portocala.
Depuis la guerre du Golfe, les conflits se vendent avant de se faire. Mais même le spectacle guerrier semble désormais victime de ses propres retards.

En 1991, avec la Guerre du Golfe, les États-Unis ont inventé une chose assez surprenante : la réclame qui annonce la guerre. On savait le jour et on savait même l’heure de la première frappe. C’était pratique puisque sachant que les télévisions allaient transmettre la guerre en direct, on savait à quel moment il fallait allumer le poste. Indécent, certes, mais pratique. Pas très dissemblable de notre monde.
Depuis cette époque, Washington a pris soin de nous prévenir chaque fois qu’une guerre se préparait. Cela aurait fait rire les stratèges d’autrefois, mais le monde moderne est ce qu’il est. Il aime annoncer ses exploits. Comme l’exhibitionniste qui attire l’attention de sa victime avant d’écarter les pans de son imperméable défraîchi.

Avec l’attaque contre l’Iran, la publicité soldatesque des États-Unis semble cafouiller quelque peu. Elle est annoncée depuis plus d’un mois, ils sont passés de « elle est imminente » à « Téhéran veut un accord », entre deux grimaces de Trump et trois mots d’esprits essoufflés, mais, jusqu’à maintenant, rien ! Aujourd’hui, de nouveau, il est question qu’elle soit déclenchée « ce week-end ». Mais comme on ne nous donne pas l’heure exacte, nous sommes un peu déconcertés. Même les guerres ont fini par ne plus respecter le programme annoncé. Comme les trains. o ■ o RADU PORTOCALA
Ces lignes sont parues le 31 janvier sur la page FB de leur auteur.
Radu Portocala est écrivain et journaliste, spécialisé notamment en Relations Internationales.
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