
Quand l’orage menace les sommets du pouvoir, on sacrifie un visage connu pour sauver le système.
Alors que le scandale Epstein compromet jusqu’au sommet du Système les élites françaises, une mécanique bien huilée semble s’enclencher : un bouc émissaire, une mise en scène judiciaire et une diversion médiatique massive. Pour Régis de Castelnau, l’offensive du PNF contre Jack Lang relève moins de la justice que de la communication politique.

Rubrique : Costume.
Coucou les amis magistrats. Vous êtes vraiment sympas. On est sûr que dans la comédie du pouvoir vous allez jouer vaillamment votre partition. Bon, celle-ci n’est jamais très originale. Un coup de sifflet bref et vous démarrez au quart de tour.
Attention, là je ne parle pas de tous les magistrats évidemment, mais du PNF, vous savez l’officine créée par François Hollande au moment de l’affaire Cahuzac pour protéger ses amis et le système mis en place par le PS, aujourd’hui dirigé par Macron. Là, le coup de sifflet bref, c’est Mediapart qui l’a donné, vous savez Mediapart le petit parquet privé fondé par Plenel, et qui travaille à la commande. Dès hier, on avait compris, devant l’ampleur du scandale Epstein, qui implique une bonne partie des « élites françaises », les deux consignes données par les patrons. D’abord, un bouc émissaire qu’on va copieusement massacrer pour donner le change. Ça tombe sur Jack Lang, caricature de la pourriture socialiste, qui devrait faire l’affaire. Ensuite, on va remettre 100 balles dans le bastringue du « célérusses » et lancer une diversion géante, avec les médias du service public en première ligne, accompagnés en second rideau de la presse oligarchique subventionnée. Histoire de corser le roman « d’Epstein complot russe », on va raconter que ledit complot (et mondial hein, le complot, faut pas croire) est dirigé contre le grand leader à nous qu’on a, le soleil dans notre cœur, le mari de Brigitte Macron. C’est grotesque, les moujiks le considèrent comme un pitre et sa nullité qui conduit la France à la ruine les arrange. Ils ne sont vraiment pas pressés qu’on en change. Mais c’est pas grave, ce baratin, ça permet de mettre des belles photos de Macron en mode grand leader justement, les mâchoires serrées regardant l’horizon. Plus grotesque, tu meurs.
Mais revenons à nos amis les magistrats du PNF qui ont donc mis Jack Lang (et sa fille) dans la seringue. Avec de sacrées incriminations, « fraude fiscale et blanchiment aggravé de fraude fiscale », on ne sait pas trop ce que ça veut dire mais ça ronfle bien. On attend la qualification de « bande organisée », dont les magistrats raffolent, mais ça c’est pour plus tard. Bon, soyons clairs, les seringues du PNF, elles sont souvent bouchées. Ce qui compte, c’est l’effet d’annonce. Après, on range le dossier dans un placard et on jette la clé dans la Seine. McKinsey, fonds Marianne, Alstom, etc. : il y a tellement de poussière dessus qu’on ne peut même plus lire les titres. Par conséquent, sur le plan pénal, Jack Lang n’a pas de souci à se faire. Au rythme habituel de ces affaires, si par extraordinaire il y avait véritablement une enquête, puis une instruction, puis une audience de jugement, un appel et un pourvoi, une décision définitive interviendrait, comme dans l’affaire Balladur par exemple, au bout de 25 ans. À ce moment-là, notre « Djacques » national aura 110 ans. Bon, il a beau être costaud, sa gueule souvent en travaux, et serait probablement ravi de battre le record de Jeanne Calment, mais probable que tout cela n’aille nulle part. La vérité, la justice, la morale publique, en fait ça n’intéresse personne. Ce qui compte dans cette « initiative » du PNF, c’est de participer à la com du système, au profit d’une diversion face au scandale crasseux de l’affaire Epstein où la France est le pays le plus impliqué après les États-Unis. Alors Jack Lang va se faire (enfin) virer de la présidence de l’Institut du monde arabe et perdre la gratte que cela lui apportait. Mais pas de souci pour lui, sa longue carrière lui permet d’être déjà assis sur un tas d’or.
« Mais dis donc toi, t’as complètement viré complotiste. Les fameux « faqutes chéqueurs » qui ont pris les sous du fonds Marianne, ils l’ont dit que l’affaire Epstein c’était rien que des menteries et du fantasme déversés par des antisémites qui croient aux Illuminatis et à leur dictature sur le monde.
• Ah non, les Illuminatis n’y sont pour rien. Ce sont les reptiliens extraterrestres qui sont à la manœuvre. Demandez à Tristan Mendès-France, il était à la télé hier soir. » o ■o RÉGIS DE CASTELNAU
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Régis de Castelnau…
est un avocat français à la retraite, devenu une figure identifiée du débat public via son blog et sa chaîne YouTube.
Il s’inscrit dans une tradition de critique politique et médiatique assumée, revendiquant une lecture souverainiste et républicaine des affaires publiques.
Son propos se distingue par une solide culture juridique et historique, qu’il mobilise pour analyser institutions, conflits internationaux et fonctionnement des médias.
Il adopte un ton volontairement polémique, cherchant moins le consensus que la confrontation argumentée.
Cette posture lui vaut une audience fidèle, sensible à son discours de rupture avec les narratifs dominants.
Ses analyses, même contestées, participent à la pluralité des points de vue dans l’espace public. Il apparaît ainsi comme un observateur engagé, plus commentateur critique que prescripteur politique.
Note établie par recours aux archives sur la toile.












