Nous avons trouvé intéressant, étonnant même, ce film d’un cinéma naissant (1897) — et émouvantes ces images, ces chants de l’ancienne Russie, du tsar Nicolas II, bientôt martyr, de l’armée russe d’alors, et de l’amitié entre nos deux pays, fût-elle assumée par la République et son président d’alors, Félix Faure…
Ne reprochons pas à ce grand peuple européen d’avoir connu, souffert, subi le malheur de la révolution bolchevique, les soviets, le stalinisme, le goulag, le KGB, etc. La Révolution, la Terreur, les tribunaux révolutionnaires, un génocide, la guillotine, nous avons eu tout cela nous aussi, et même nous l’avons inventé — un siècle et demi plus tôt.
La Russie s’en est sortie ; elle a fait repentance de tous ces crimes. Nous n’y avons pas consenti, ou pas encore. Et Soljenitsyne a dit en Vendée que nous n’en sortirons nous-mêmes qu’après en avoir fait autant.
Certes, Russie est un pays étranger. À cet égard, elle a ses intérêts, et nous les nôtres. Ils peuvent entrer en conflit, comme c’est dans l’ordre. Et chacun défendra âprement les siens.
Notre amitié pour la Russie, comme pour tout autre pays, ne va donc pas sans prudence, circonspection et vigilance, ni sans recours à la force, s’il le faut.
Mais — c’est un tout autre plan — ce que Maurras appelait « la fraternité des races européennes » vaut pleinement pour ce qui est de la Russie, qui demeure, à bien des égards, la Sainte Russie…o ■o JSF











