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Par Front Populaire, La Rédaction.
Cet article, signé par la rédaction, est paru le 12 février. C’est surtout une enquête de situation, largement factuelle donc. Nous ne l’alourdirons pas d’un commentaire. Chacun peut s’y essayer sur Je Suis Française. Ce qui en fait un média vivant. JSF
ARTICLE. La France chute à la 27ᵉ place du classement mondial de la corruption perçue. Son pire résultat depuis la création de l’indice, au moment même où la confiance des Français envers leurs institutions politiques se décompose.
Une chute inédite. Ce mardi 10 février, l’ONG Transparency International a publié son index annuel sur la perception de la corruption dans le monde. Et la France fait pâle figure. Après avoir perdu une nouvelle place, elle se retrouve pour l’année 2025 au 27ᵉ rang mondial, loin derrière le Danemark, la Finlande et Singapour, ou encore les Émirats arabes unis, l’Estonie ou les Seychelles. C’est la troisième année consécutive que la France dégringole. Avec un indice de perception de la corruption (IPC) de 66 sur 100, elle atteint son plus bas niveau depuis la création de l’indice en 1995. Cet indice ne se base pas uniquement sur les faits de corruption avérés, mais sur sa perception. Les indicateurs classiques ne permettant pas, à eux seuls, de rendre compte de l’état de la corruption d’un pays, l’IPC est calculé sur la base d’au moins trois sources de données issues de 13 enquêtes et évaluations différentes sur la corruption. « Les indicateurs ne sont pas totalement fiables. Ce classement est donc construit sur un indice de perception de la part d’experts et de décideurs économiques. Ils apprécient deux choses : l’évolution du phénomène corruptif en France et la capacité qu’ont les pouvoirs publics à lutter contre la corruption.
Certes, la France n’est pas un cas isolé. « Le recul est particulièrement marqué dans les Amériques et en Europe occidentale, où plusieurs démocraties établies enregistrent une baisse significative de leur score », relève Transparency International France. Mais la situation est d’autant plus préoccupante qu’elle ne semble susciter aucune réaction politique. Interrogé par 20 Minutes, le délégué général de France de l’ONG, Florent Clouet, parle d’« alerte démocratique importante ». Or, l’alerte avait déjà été sonnée l’année dernière, lorsque la France était entrée, pour la première fois, dans la catégorie des pays « risquant de perdre le contrôle de la corruption ». Mais rien n’a été fait depuis. Un « manque de volonté politique », dénonce Florent Clouet, qui « se traduit par un abandon de la doctrine d’exemplarité de la République qu’avait promis le président de la République en 2017 ». Outre le maintien de ministres mis en examen, il note « une absence assez incroyable de prise de parole ministérielle, au regard de la progression de ces infractions ».
Crise institutionnelle « grave »
Personne ne sera donc surpris que la défiance des Français envers les institutions et la classe politique ne s’aggrave encore. D’après la 17ᵉ édition du baromètre annuel du Cevipof, effectuée par OpinionWay, 76% des Français trouvent que la démocratie ne fonctionne « pas très bien », voire « pas bien du tout ». Un chiffre en hausse de 5 points par rapport à l’année dernière et qui a quasiment doublé depuis 2021. 42% des Français « seulement » estimaient alors que la démocratie était dysfonctionnelle, avant que le second mandat d’Emmanuel Macron sous minorité présidentielle à l’Assemblée ne commence. « Ce n’est donc pas un problème conjoncturel auquel nous sommes confrontés mais un rejet de la nature du régime qui nous est imposé », analyse la journaliste Natacha Polony sur son compte X. Et le baromètre lui donne plutôt raison. La moitié (52%) des sondés estime que l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale depuis la dissolution de 2024 a affaibli le rôle du Parlement. Ils sont aussi 82% à trouver la situation institutionnelle « grave », contre 78% l’an dernier. Les Français ne sont que 12% à estimer que les responsables politiques se préoccupent suffisamment de leur avis, alors même que les trois quarts d’entre eux restent intéressés par la politique. À l’inverse, 87% des Français considèrent que leur avis n’est pas pris en compte (51% « pas du tout »). C’est 4 points de plus en un an. Voilà le triste bilan démocratique que laissera Emmanuel Macron après deux quinquennats. o ■
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