
Qui parle si bien ? Et de qui ?

« J’ai au moins un conseil à te donner, c’est de te défier de ton enthousiasme pour les hommes qui parviennent vite… Tel que je te connais, tu serais un séide, et il faut se garantir du séidisme quand on est Français, c’est-à-dire très susceptible d’être atteint de ce mal contagieux. C’est une chose merveilleuse que la quantité de petits et de grands tyrans qu’il a produits. Nous aimons les fanfarons à un point extrême et nous nous donnons à eux de si bon cœur que nous ne tardons pas à nous en mordre les doigts ensuite. La source de ce défaut est un grand besoin d’action et une grande paresse de réflexion. Il s’ensuit que nous aimons mieux nous donner corps et âme à celui qui se charge de penser pour nous et d’être responsable, quitte à rire après de nous et de lui. X est un bon enfant, mais il est vraiment par trop charlatan. Je crains qu’il ne devienne fondateur parmi nous d’un nouveau genre de jonglerie ; nous en avons bien assez en France. Le charlatanisme est insolent et corrupteur … il s’est glissé dans toute profession et il n’y a si petit homme qu’il n’ait gonflé. Le nombre de grenouilles qui crèvent est incalculable. » o ■
L’auteur si lucide et perspicace parlait aussi pour notre triste époque. Notre « royalisme » est fait aussi du désir de couper court au règne des charlatans et des parvenus. Et, conséquemment, pour refaire un peuple plutôt qu’une foule ou, pis, une masse !











