

Le Monde a publié hier (3.3.2026) cet édifiant article sur les troubles et troublantes implications d’Emmanuel Macron pour présumée corruption dans le cadre du dossier Alstom / General Electric. Une sorte de prélude au déroulement du projet électoral de l’intéressé et de ses soutiens, ayant abouti à son accession à la présidence de la République. Avec les résultats que l’on sait, après dix ans. Ces circonstances nous rappellent, par contraste, la définition de la monarchie que donnait Pierre Boutang : « Le seul pouvoir qui ne s’achète pas par l’argent. » Superbe leçon ! Je Suis Français
Par Rémi Dupré.

Comme l’a appris « Le Monde », l’association anticorruption se constitue partie civile dans l’information judiciaire ouverte par le Parquet national financier pour « corruption » et « abus d’autorité par une personne dépositaire de l’autorité publique » en lien avec le rachat, en 2014, d’une branche de la multinationale française par le géant américain, avec l’aval d’Emmanuel Macron.
C’est un dossier judiciaire très sensible, dont presque aucun élément n’a encore filtré, alors que le second mandat d’Emmanuel Macron entre dans sa dernière phase. Comme l’avait révélé Le Monde en 2024, une information judiciaire a été ouverte en décembre 2022, après une ordonnance de disjonction, par le Parquet national financier (PNF), concernant notamment le rachat, en 2014, de la branche énergie (« Power and Grid ») de la multinationale française Alstom, spécialisée dans les transports, par le géant américain General Electric pour 12,3 milliards d’euros. Elle se penchenotamment sur le rôle tenu par Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie (2014-2016), et son entourage.
Une commission rogatoire est en cours et l’information judiciaire est toujours menée pour « corruption passive, active, par, sur un agent public », « trafic d’influence passif, actif, par, sur un agent public », « prise illégale d’intérêts (pantouflage) », « abus d’autorité par une personne dépositaire de l’autorité publique ». Aucune mise en examen, pour l’instant, n’a été prononcée dans ce dossier.
Comme l’a appris Le Monde, l’association anticorruption Anticor s’est constituée partie civile, le 20 février, par le truchement de son avocat Julien Kahn, dans cette affaire, afin de faire des demandes d’actes et d’avoir accès au dossier d’instruction. « Anticor souhaite une enquête indépendante et transparente. Dans un dossier aussi sensible, il est crucial que la justice puisse travailler sans pression et sans interférence », assure l’association. Anticor « veut être présente pour s’assurer que tout sera examiné en profondeur » dans le cadre de cette enquête portant « sur les conditions de la cession d’Alstom, y compris le rôle du gouvernement français ». Sollicité, l’Elysée n’a pas donné suite.
Anticor était déjà montée au front dans un premier volet du dossier Alstom, qui avait été condamné en décembre 2014 pour un « système de pots-de-vin » par la justice américaine à payer une amende de 772 millions de dollars (environ 662 millions d’euros) dans le cadre d’une procédure de plaider-coupable. Une ordonnance de non-lieu a été rendue en France sur ce premier volet en octobre 2024.
« Possible schéma corruptif »
C’est désormais le second volet du dossier Alstom qui intéresse l’association, pour qui la cession à General Electric « a entraîné des licenciements massifs et, surtout, une perte de souveraineté industrielle ». Selon les éléments judiciaires consultés par Le Monde, ce volet est relatif aux « suspicions d’infractions commises en lien avec l’autorisation par le gouvernement français de la cession à des investisseurs étrangers d’actifs des entreprises Alstom, Alcatel, Technip, Safran Identity, STX-Chantiers navals, Aéroport de Toulouse-Blagnac ». Le point commun entre ces différentes entités : elles ont toutes été cédées à des actionnaires étrangers avec l’aval de Bercy lorsque Emmanuel Macron était ministre de l’économie.
Selon nos recoupements, Emmanuel Macron, qui avait « suivi » de très près le dossier Alstom lorsqu’il était secrétaire général adjoint de l’Elysée (2012-2014), comme le relève Anticor, et a « autorisé » formellement le rachat de sa branche énergie en novembre 2014, ne peut en principe être directement mis en cause dans le cadre de l’information judiciaire ouverte par le PNF, dans la mesure où seule la Cour de justice de la République est compétente pour enquêter sur d’éventuels délits commis lorsqu’il était ministre.
Le patronyme du chef de l’Etat était au cœur du signalement émis au parquet de Paris en janvier 2019 par Olivier Marleix, alors député Les Républicains d’Eure-et-Loir, qui a présidé, en 2017-2018, une commission d’enquête parlementaire sur les « décisions de l’Etat en matière de politique industrielle ». Olivier Marleix estimait qu’Arnaud Montebourg, lorsqu’il était ministre de l’économie (2012-2014), avait été « court-circuité » sur le dossier de la vente de la branche énergie d’Alstom par Emmanuel Macron, alors secrétaire général adjoint à l’Elysée.
Dans son signalement, le député notait également qu’Emmanuel Macron, à Bercy, avait « formellement donné l’autorisation de la vente par Bouygues de ses parts dans Alstom » et « avait également autorisé la cession de plusieurs dizaines de milliards d’euros d’actifs d’entreprises stratégiques françaises à des investisseurs étrangers ».
Selon des documents judiciaires, Olivier Marleix a signalé à la justice un « possible schéma corruptif ayant pu influencer sur le soutien supposé par Emmanuel Macron à l’opération de rachat par GE [General Electric] de la branche Power and Grid. Il rappelait que les cabinets de conseil, d’avocats, de communication et banques d’affaires ayant accompagné la cession de la branche énergie du groupe GE, parmi lesquels la banque Rothschild et Compagnie, dont Emmanuel Macron avait été gérant associé [2010-2012], avaient perçu d’importantes rémunérations [100 millions d’euros, selon l’ex-patron d’Alstom Patrick Kron, lors de son ultime audition devant la commission d’enquête parlementaire] en marge de cette opération ».
Olivier Marleix « soulignait que certains membres de ces banques et cabinets avaient contribué à titre personnel au financement de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron en 2017 ».
« Renvois d’ascenseur »
« Ce qui poserait question, c’est le rôle des intermédiaires financiers – banques, cabinets d’avocats – qui ont été largement rémunérés pour cette opération. Parmi eux, on trouve la banque Rothschild, par exemple », observe Anticor. Dans leur livre Le Traître et le Néant (Fayard, 2021), les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme soulignaient que « d’anciens comme actuels cadres ou associés gérants de la banque d’affaires Rothschild & Co » figuraient sur la liste des principaux donateurs de la campagne d’Emmanuel Macron.
Olivier Marleix, qui s’est suicidé en 2025, observait que le candidat Macron avait « bénéficié en 2016 et 2017 d’un montant de dons record » pour sa campagne présidentielle. « Est-ce qu’il y a eu des “renvois d’ascenseur” ? », s’interroge Anticor, qui espère que les « juges d’instruction » tranchent cette question.
Un ex-proche d’Emmanuel Macron est aussi dans le viseur de la justice. Ancien conseiller en affaires industrielles et financement des exportations au cabinet de ce dernier à Bercy (2013-2016), Hugh Bailey fait l’objet, selon nos recoupements, d’une autre information judiciaire du parquet de Paris, dans laquelle Anticor est partie civile. Il est devenu directeur des affaires institutionnelles de General Electric France en novembre 2017, puis directeur général en avril 2019. Contacté, son avocat n’a pas donné suite.












Dans le « Royaume du Grand Hiram » ( magouilles, traitrises et pourritures bienvenues) :Je te tiens tu me tiens par la barbichette….Maçonnique…