
« Un jeune homme nationaliste vient d’être tué à coups de pied, en pleine rue, par des militants d’extrême gauche, mais la priorité de nos gouvernants semble être de s’en prendre à ce qu’ils nomment « extrême droite »
Par Jean Kast.
Cet article est paru le 5 mars dans Boulevard Voltaire. Nous n’y ajouterons pas de commentaire particulier. Sa lecture nous paraît simplement intéressante. Quant au deux poids, deux mesures, tarte à la crème des médias de droite — volontiers victimaires —, il y a un bail, si l’on nous permet cette familiarité, qu’il ne nous étonne plus du tout. Sommes-nous les seuls dans ce cas ? — JSF
Selon le Syndicat des commissaires de police, l’extrême gauche est moins surveillée que l’extrême droite. Complaisance ?

Le gouvernement continue de surfer sur la mort de Quentin Deranque. Après avoir profité du drame pour se retourner contre leurs anciens alliés insoumis du « barrage » républicain et se racheter une vertu, les centristes se saisissent d’une autre occasion : procéder à la dissolution express de certaines organisations gênantes.
Dès le 24 février, Emmanuel Macron avait réuni les ministres de l’Intérieur et de la Justice, ainsi que les services de renseignement, pour cibler « les groupes d’action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques ». Il avait alors demandé au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez de lancer des procédures de dissolution contre plusieurs groupuscules d’extrême gauche, affiliés à la Jeune Garde. Une semaine plus tard, le gouvernement est fier d’annoncer de premiers résultats avec la dissolution du « Bloc montpelliérain », un groupe… d’ultra-droite.
Le groupe d'ultra droite Bloc montpelliérain officiellement dissous par le gouvernement https://t.co/WepzdWV7xO
— franceinfo (@franceinfo) March 4, 2026
Que reprochait-on, exactement, à ce fameux « Bloc montpelliérain » ? Pas grand-chose de très concret. Selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, il aurait commis des « appels à la violence, à la haine et à la discrimination ». L’organisation est par ailleurs « soupçonnée » d’avoir agressé un syndicaliste lors de la fête des fanfares, en 2024, à Montpellier, et d’avoir attaqué un bar à Alès dans le Gard lors de la féria, l’an dernier.
Sur X, le Bloc s’est défendu dans un communiqué et a dénoncé les « moyens de renseignement faramineux » déployés pour s’en prendre à la mouvance nationaliste. « Aujourd’hui, l’État s’attaque à nous, a-t-il dénoncé. En actant la dissolution de notre groupe, Emmanuel Macron et Laurent Nuñez déroulent le tapis rouge aux militants antifa, violent par essence dans les rues de Montpellier et dans l’ensemble du département de l’Hérault. […] La gravité est sans nom. »
Une répression d’État à deux vitesses
Le gouvernement ne compte d’ailleurs pas en rester là. Dans la foulée de la dissolution autoritaire du Bloc montpelliérain, Maud Bregeon a d’ores et déjà prévenu que « trois autres dissolutions de groupuscules violents d’ultra-gauche comme d’ultra-droite feront suite ». Mais un seul de ces groupes a été précisé : il s’agit de Patria Albiges, groupe « d’ultra-droite », présent à Albi (Tarn)…
Un jeune homme nationaliste vient d’être tué à coups de pied, en pleine rue, par des militants d’extrême gauche, mais la priorité de nos gouvernants semble être de s’en prendre à ce qu’ils nomment « extrême droite ». Cet acharnement contre un côté bien précis de l’échiquier politique n’est pas récent : depuis l’élection d’Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017, 25 groupes de la mouvance « ultra » ont été dissous, 20 à l’ultra-droite et cinq à l’ultra-gauche. Le Syndicat des commissaires de police (SCPN) connaît bien le sujet et déplore un « déséquilibre de surveillance » au regard des violences d’ultra-gauche, et ce, au détriment de la droite en France.
👁️ Le syndicat des commissaires de police (SCPN), par la voix de son secrétaire général, affirme que l'extrême gauche est moins surveillée que l'extrême droite – alors qu'elle est plus active, plus violente et donc plus dangereuse pour l’État.
— L'Observatoire des violences politiques (@Observatoire_VP) March 4, 2026
Frédéric Lauze avoue également que… pic.twitter.com/RrINFbZN55
Ce déséquilibre s’expliquerait par une « complaisance médiatique, politique et intellectuelle ». Une mansuétude d’autant plus scandaleuse que, toujours selon le SCPN, l’extrême gauche est plus active, plus violente et donc plus dangereuse pour l’État que « l’extrême droite ». Les chiffres officiels communiqués par Europol sont en effet sans appel : en 2024, sur 58 actes terroristes commis en Europe, l’organisation de coordination policière européenne n’en a recensé qu’un seul pouvant être attribué à la droite. 24 relèvent du djihadisme, 21 sont identifiés comme de « gauche et anarchistes », huit sont d’origine indéfinie et quatre sont le fait de groupes « ethno-nationalistes et séparatistes », issus essentiellement de la frange d’ultra-gauche internationaliste des indépendantistes corses.
Au-delà des attentats terroristes, il y a aussi les actions violentes. La milice de la « Jeune garde », liée de près au parti LFI, en était coutumière et c’est à ce titre qu’elle a été dissoute en juin 2025 à la demande de Bruno Retailleau. Elle a, depuis, formulé un recours devant le Conseil d’État. L’audience qui devait avoir lieu le 11 février a été reportée. Que diront les « juges » de l’institution publique ? Accepteront-ils de causer du tort à une organisation de gauche ? Rien n’est moins sûr. Fin 2023, la dissolution de l’organisation Soulèvements de la Terre, accusée d’« écoterrorisme », avait été annulée par ce même Conseil d’État… ■ JEAN KAST












