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Par Louis Giraud.
COMMENTAIRE On ne peut pas dire que cet article nous apprenne grand-chose. Il a même parfois tendance à établir une certaine symétrie, voire une équivalence, entre violences dites d’extrême gauche et violences dites d’extrême droite. Ce n’est pas une nouveauté. On en a l’habitude. Mais cette publication est l’une de celles qui s’interrogent sur le risque de guerre civile, et c’est là un fait, selon nous, significatif d’une inquiétude grandissante dans des cercles de plus en plus larges de l’opinion française. Nous aussi, en apprenant le meurtre de Quentin Deranque, nous avons pensé à l’assassinat de Calvo Sotelo et à ses conséquences. Mais la comparaison tient mal : l’Espagne de 1936 était, si l’on peut dire, capable d’une guerre civile qui fût une vraie guerre. Est-ce le cas de la France d’aujourd’hui ? Les militants d’extrême gauche sont des fils de bourgeois, des bobos, et ceux d’en face ne formeront pas, pas plus que leurs opposants d’ailleurs, de gros bataillons. La guerre civile espagnole dressa face à face deux véritables armées : peut-être un demi-million d’hommes. La France des années 2020 n’est sans doute capable que du chaos. Mais celui-ci peut être, à sa manière, explosif et créer d’immenses dégâts. Voilà où nos Républiques nous auront conduits en deux siècles, avec en toile de fond un terrible et, en définitive, constant déclin national. o JSF .
CONTRIBUTION. Le meurtre de Quentin Deranque, l’étincelle qui aurait pu mettre le feu aux poudres de la guerre civile ? Pour notre contributeur, le drame a en tout cas évoqué quelques inquiétants précédents historiques.
L’histoire est décidément cyclique. La mort de Quentin Deranque le 14 février dernier rappelle un événement tout aussi tragique : l’assassinat de José Calvo Sotelo le 13 juillet 1936. Il s’agissait d’un porte-voix de la droite espagnole face au Front Populaire, élu en Espagne la même année. Sa mort a déclenché le coup d’État de Francisco Franco, qui a mené à l’une des plus sanglantes guerres civiles de notre temps : la Guerre d’Espagne, avec l’issue que nous connaissons.
Oui, l’histoire est cyclique. L’histoire se reproduit sans cesse. En France, la montée – si ce n’est la consécration – de ces violences est le produit de plusieurs petites poudres enflammées. Nous pouvons donner les exemples des émeutes de 2005 ou plus récemment lors de la finale de la Ligue des champions à Paris. Le climat de ces violences, dont on essaie de nous faire croire que ce sont des résistances face à des événements extérieurs qui ne nous regardent en rien mais qui sont importés (on pense au conflit israelo-palestinien – d’ailleurs Quentin Deranque est mort au moment d’un meeting de Rima Hassan), se déroule en plus en marge d’élections municipales qui s’annoncent plus que tendues à un an de la présidentielle
La gauche moralisatrice, bien que des émissions (Quotidien en l’occurrence), des chaînes de télévision ou des stations de radio (même France Inter a mis Manuel Bompard dans l’embarras le lundi 18 février, lui qui a justifié le lynchage par une « violence populaire ») commencent à critiquer et attaquer les maîtres de ce groupe d’extrême gauche qu’est LFI. Lequel tente de faire remonter l’affaire tout aussi tragique de Clément Méric. Sauf que dans cette affaire une chose est bien différente : ce n’est pas une rixe ou une bataille rangée qui ont entraîné la mort de Quentin Deranque, mais bien un guet-apens. Bien que l’issue soit tout aussi monstrueuse et dramatique, la situation n’est pas comparable. Ce qui est particulièrement odieux dans cette affaire récente, c’est que droite et gauche commencent à faire de la concurrence victimaire entre ces deux morts.
Dans un édito publié dans Le Monde, il est écrit que la mort de Quentin Duranque va ériger ce dernier en « martyr » de l’extrême droite. Pourquoi ne pas dire aussi l’inverse durant l’affaire Méric ? Les violences depuis au moins 2005 qui s’intensifient, les centaines de coups de couteaux par jour, les agressions au sens large, les guet-apens politiques, le fait que les décisions gouvernementales ne sont pas respectée (le groupe a a attaqué Quentin Duranque a été dissous en conseil des ministres en juin 2025 mais sont quand même présents dans les camps d’été de LFI. Ils ont même un député fasciste qui crie à l’antifascisme), montrent une crise de l’autorité qui précipite encore plus vers des tensions, des explosions entre citoyens. Aujourd’hui nous sommes clairement politiquement dans le face à face et non plus le côte à côte. La comparaison avec le début de la guerre civile espagnole est évidente : crise de l’autorité, crise du pays, cristallisation politique. L’assassinat de Quentin Deranque, comme tout assassinat, est dramatique. C’est l’assassinat de trop. On connaît cette tautologie : « trop c’est trop ».
Malheureusement, d’un côté comme de l’autre, on peut craindre qu’une montée en fréquence et en ampleur des vengeances, de la pire chose qui puisse arriver en prémices d’un affrontement global d’un peuple : la « faida ».o ■oLOUIS GIRAUD












