

On peut se dire que, sur ces sujets — la guerre perdue, l’occupation la collaboration — pour lesquels les Français ne se sont que trop entredéchirés, le plus sage, comme Georges Pompidou l’aurait voulu, serait de jeter le voile. Mais le prurit des querelles et la certitude d’être fondé à juger et condamner reprennent périodiquement certains Français. Sans compter ceux pour qui l’accusation de fascisme et de « collaboration » ne sont que des outils utiles de pure propagande encore efficaces, quoique usés jusqu’à la trame. Faute d’une sage retenue, les querelles demeurent donc.
L’horrible défaite, la France occupée, sa souveraineté ramenée à peu de chose et mise sous la tutelle des autorités d’occupation, un million de soldats allemands sur notre sol et un million de Français prisonniers chez l’ennemi, l’État et le gouvernement de la France réduits à la vie d’hôtel à Vichy, Paris pratiquement aux mains de l’occupant ; puis, en effet, la collaboration sous ses diverses nuances, la presse et la radio collaborationnistes de Paris, leur propagande incessante : ce noir tableau, une fois dressé, doit-il être classé sans suite, sans enquête, sans recherche historique de responsabilité ?
Ou faut-il limiter cette recherche de responsabilité aux seuls acteurs de la période d’après que la défaite a été consommée ? Sans relever qu’un tel désastre ait eu des causes et des responsables ? Et dans cet ordre-là, celui des causes, des responsabilités et des coupables, la IIIe République serait-elle une inconnue ?
On lira ici la sorte d’affiche que l’Action française diffusait bien avant le désastre, en fait dès les traités de paix de 1918-1919 et au fil des années suivantes où, peu à peu, s’accumulaient les prodromes de la guerre proche. Perdue d’avance ? Ce fut le fait. Et tous ceux qui, par paresse, lâcheté, incompétence ou idéologie, ont négligé ces avertissements, manqué à leur devoir d’armer moralement, politiquement et, bien sûr, militairement le pays sont les vrais responsables, les vrais coupables, de tout ce qui allait, mécaniquement, découler de la défaite.
L’Action française n’a pas manqué à ses devoirs. Elle n’a à rougir ni de ses chefs, ni de sa politique ou de son action, s’agissant, en l’occurrence, de la période 1900-1950 ! o ■ o JSF












