
On retiendra de cette analyse de la situation électorale du Pays, sans doute fondée sur le réel souci du destin national, la nocivité profonde du régime des partis, qui, au vu des faiblesses des uns et des autres, n’a, pour l’instant, et peut-être encore en 2027, donné au camp national aucune chance d’accéder au pouvoir. Sans nous abstraire de ce terrain, nous persistons à penser que, dans la situation d’extrême gravité où se trouve la France, l’instauration d’un pouvoir fort, d’une autorité supérieure, à la hauteur des circonstances, devra être recherchée et se révèlera hors du Système des partis, hors du seul cadre électoral. – JSF

Alors que les élections municipales auraient dû servir pour bâtir la coalition des droites, elles se sont, au final, transformées en une démonstration d’éclatement des droites. Et avec le choix manifeste d’une division qui risque de nous mener tout droit à la défaite en 2027.
Marseille et Nîmes ont été le théâtre privilégié de la trahison de l’union des droites.
À Marseille, la somme des voix du candidat du RN et de ses alliés et de la candidate soutenue par LR dépassait 49% au premier tour. Avec une dynamique d’union et de mobilisation contre la gauche, nous aurions pu obtenir une victoire salutaire. Au lieu de cela, le choix de LR de refuser l’alliance avec le RN au second tour a conduit à laisser la ville entre les mains des socialistes.
À Nîmes, ce refus fut encore plus scandaleux : au premier tour, la somme des voix des candidats du RN et de LR s’élevait à 65%, la victoire était donc assurée ; mais LR a refusé la main tendue du candidat du RN et a livré la ville aux communistes malgré un score final cumulé des droites de 59%.
Mais le cœur stratégique de cette opération suicidaire a été Paris, en devenant le laboratoire d’une pseudo-union des droites anti-RN.
En septembre 2025, toutes les conditions semblaient enfin réunies pour que la droite nationale, avec une candidature unitaire, obtienne dans la capitale un score historique dépassant LFI et Bournazel et imposant pour la première fois un second tour inédit entre socialistes, macronistes et patriotes.
Le score de Sarah Knafo aura finalement été de 10,4% et, même en cumulant celui de Thierry Mariani, le résultat reste bien au-dessous des prévisions sondagères mais aussi des scores obtenus par les listes que Jordan Bardella et moi menions aux européennes de 2024. Pire, le camp national se retrouve in fine totalement hors jeu. Zéro élu à Paris, zéro influence possible sur le conseil municipal. Et, cerise sur le gâteau, la victoire de la gauche !
Comment en est-on arrivé là ? Car Sarah Knafo a créé les conditions d’un piège que nous risquons tous de payer lourdement : celui du récit d’une « union des droites » qui, en réalité, n’en est pas une.
Avant de poursuivre, je tiens à rappeler que personne ne croit et ne soutient davantage le projet de coalition des droites que moi. Depuis 2015 jusqu’à aujourd’hui, je n’ai eu de cesse d’en faire le leitmotiv de mon action. Longtemps, j’ai été isolée sur ce sujet avant qu’il ne devienne désormais plus consensuel dans les esprits.
J’ai même souvent répété que cette coalition devait être la plus large possible et, pourquoi pas, aller jusqu’à des gens actuellement chez Horizons comme Christelle Morançais. Mais à une condition non négociable : que cela se fasse sur nos combats, pas comme subalternes du programme du centre. L’objectif doit être de tirer le centre vers la droite et non pas l’inverse !
Je tiens à rappeler une chose qui a manifestement été oubliée au cours de cette campagne : sans la droite nationale, ce n’est pas une union des droites, c’est une union des centres, en somme une union pour maintenir au pouvoir ceux qui l’ont été jusqu’à aujourd’hui.
L’union des droites, donc, ne peut en aucun cas consister dans l’opération Dati-Knafo à laquelle nous avons assisté à Paris : capter le vote des électeurs patriotes, essentiellement ceux du RN, pour ensuite aller les offrir sans réciprocité, ni contrepartie sur le projet, au centre macroniste, libre ainsi de pouvoir continuer ses petits arrangements avec la gauche.
La manœuvre parisienne a maintenant créé un précédent aux lourdes conséquences, dépassant largement le cadre des élections municipales et pouvant apparaître comme la bouée de sauvetage rêvée pour les néo-macronistes en 2027.
La droite sort donc de ces élections municipales avec deux problèmes :
1. Malheureusement, en 2027, certains tentent d’imposer un affrontement stérilisant : d’un côté la coalition RN-UDR-IDL et de l’autre une coalition LR-Horizons-Knafo, étendue à Gérald Darmanin et donc au parti macroniste Renaissance, comme le défend explicitement Laurent Wauquiez, en vue de proposer un candidat unique pour s’opposer à Marine Le Pen et Jordan Bardella.
2. Cet affrontement s’articulera sur la falsification de l’idée d’union des droites. Ce qui devait être un projet d’alliance – partant du RN jusqu’aux LR afin de battre les macronistes de centre gauche et la gauche – est désormais présenté comme un projet de coalition ayant pour axe principal LR et les macronistes, dont le principal objectif serait de battre le RN !
Aucun projet politique sérieux à droite pour 2027 ne peut être mené sans ou contre le RN, premier parti de France représentant aujourd’hui 35% de notre peuple. Tout ce qui est fait sans ou contre le RN n’est qu’un obstacle à la victoire des idées de la droite et un soutien au maintien au pouvoir de celles de la gauche et des macronistes.
Aucun projet politique sérieux à droite pour 2027 ne peut être mené en continuant à reproduire les vieilles opérations électorales ni les vieilles recettes politiques caractérisant la droite jusqu’à hier. Si 35% des Français votent RN aujourd’hui, c’est exactement parce qu’ils veulent une offre nouvelle.
Face à cette tentative de détourner l’idée d’union des droites au profit d’une alliance transformée en béquille des centristes et macronistes, mon objectif sera d’éviter que le résultat de Paris, Marseille et Nîmes se reproduise en 2027 à l’échelle de notre nation. o■












L’observation essentielle exposée par Marion Maréchal tient à ce que, au fond, cette «union des droites» en appellera bel et bien, au fond, à se transformer en une «union des centres», c’est-à-dire – ce que Marion ne semble pas oser dire – en un programme commun pour une «gauche diverse», d’Édouard Philippe à Sarah Knafo, plus ou moins vaguement opposée à la plus ou moins vague gauchisterie, ravalée à du LFIsme transposé.
Il ne faut pas oublier qu’Éric Zemmour vient de la gauche, tout comme Michel Onfray, Alain Finkielkraut et, peut-être bien également (je n’ai pas l’information) Sarah Knafo.
En somme, il s’agit de se discriminer soi-même et d’oser savoir ce que l’on est réellement, ceci se mesurant sur la règle à calculer du «front républicain» et de l’«antifascisme» laïque et obligatoire…
«Tout ce qui est national est nôtre», disait Maurras, ce qui nous amène au constat selon lequel tout ce qui n’est pas «national» est ennemi – et c’est un pékin qui ne s’est jamais considéré comme «nationaliste» qui le dit !
Lorsque Marion évoque le «maintien au pouvoir [des idées] de la gauche et des macronistes», elle indique clairement que le macronisme n’est qu’un courant parmi d’autres de la gauche individualiste, entre autres courants regroupant tout ce qu’il peut y avoir de petits bourgeois parvenus, parvenus par la grâce des dégénérescences cérébrales venus avec le dessein de ratiboiser tout ce qui pouvait dépasser, «Par le juge et par le mouchard, et par Caïphe et par Judas», pour citer, non seulement, le vers de Brasillach qui me vient instantanément à l’esprit, mais tout ce qu’il représente, d’où cet appel au grand poète exécuté : à la dernière strophe du «Jugement des juges» :
«Et ceux qui ont passé leurs nuits à remâcher leurs mauvais rêves,
Les pâles joueurs de couteau, les héros morts pour leur combat,
Les filles qui sur le trottoir glissent la drogue dans leur bas,
Ceux-là qui pendant des années ont perdu leur sang et leur sève
Par le juge et par le mouchard, et par Caïphe et par Judas,
Ils verront le grand Condamné, roi des condamnés d’ici-bas,
Ouvrir pour juges et jugés le temps de la grande relève.»
Chacun fait ce qu’il peut et croit œuvrer pour son pays dans le camp national, et peut-être même dans d’autres. Le moyen du moment ce sont les élections. Du moins semble-t-il. Rares sont ceux qui savent que les élections n’ont jamais rien changé de fondamental ni résolu aucune crise. Plus rares encore sont ceux qui ont la paresse ou la clairvoyance, la sainte patience, d’attendre, en tentant de la préparer., le temps de la grande relève. Le terme peut être long, ou court. En tout cas il est incertain. Et le commun des mortels n’aime ni l’attente ni l’incertain. Pourtant, je souscris à la définition de notre vieil ennemi Edgar Morin, pour qui l’espérance c’est l’improbable.
Relisons, en l’assaisonnant d’un peu de sel et autres rapprochements, Les Grenouilles qui demandent un Roi, de Jean de La Fontaine:
Jupin (alias de Jupiter) leur donne un chef qui les déçoit. Les grenouilles protestent :
« Donnez-nous, dit ce peuple, un Roi qui se remue ! »
Le Monarque des Dieux leur envoie une Grue,
Qui les croque, qui les tue,
Qui les gobe à son plaisir ; »
Mais
» la gent marécageuse,
Gent fort sotte et fort peureuse,
S’alla cacher sous les eaux,
Dans les joncs, dans les roseaux,
Dans les trous du marécage,
Sans oser de longtemps regarder au visage
Celui qu’elles croyaient être un géant nouveau »
Et elles s’obstinèrent à se chercher un chef parmi les trouducs du marécage.