
Un libre commentaire à propos de la citation de Charles Maurras publiée dans Je Suis Français.
Par David Gattegno.

Maurras avait monstrueusement raison. Cependant, je ne sache pas qu’il eût poussé la réflexion outre le monde moderne qu’il tient en joue. Il faut, encore et très impérativement, distinguer deux états de la « fortune » matérielle : l’état de ce que l’on entend sociologiquement par « argent », qui conduit à l’horreur « fiduciaire », c’est-à-dire à l’infernalisation, par hypothèse des valeurs, des « biens » d’origine – qui sont retournés en « maux » –, « biens » représentés réellement ET symboliquement par ce que l’on appelait « monnaie ». Or, l’idée de « monnaie » était sans aucun rapport avec ce que l’on apprécie maintenant comme étant « de l’argent ».
L’argent et la monnaie : une distinction fondamentale
Pour se faire une idée de ce que la monnaie pouvait réellement représenter, il suffit de se pencher un instant sur les symboles qui couvraient anciennement celles-ci, symboles réels et non vulgairement « allégoriques », que rien ne saurait rattacher au domaine « matériel » mais qui, tout au contraire, relevaient du spirituel – du reste, il apparaît que la monnaie était un symbole de la vertu de Charité ! Raison pour laquelle le droit de « battre monnaie » (appelé « seignorage ») était contrôlé par l’autorité spirituelle, d’où les devises à caractère religieux – par exemple, « Dieu protège la France » figurant sur la tranche des pièces. À cet égard, il ne serait pas indifférent de se pencher sur l’origine du mot « devise », servant à désigner aujourd’hui un actif financier libellé en une quelconque monnaie, le caractère religieux ayant été singé (un satan n’étant qu’un homme enclin à la singerie de Dieu) en des formules de contrebande ; ainsi : « Liberté, Égalité, Fraternité », imposé comme substitut à « Dieu protège la France » par la loi de Séparation de 1905.
Dès lors que la monnaie perd la « garantie » spirituelle, elle voit immanquablement son « aloi » dévaluer, exactement comme si la quantité de métal avait été rognée ; ce qui est plus que le cas puisque l’argent ne connaît plus de métal réellement « précieux » dans la composition de ses « titres », si bien qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que, parvenue au comble de son hégémonie, la « finance » puisse prévoir de faire disparaître matériellement tout rapport à « l’argent », par l’ultime pacotille obtenue sous les « espèces » du règlement à distance, les deux parties de l’échange commercial fussent-elles encore sensiblement en présence. Lorsque l’on accepte d’y songer froidement, cela fait, justement, froid… dans le dos ; et l’on se tait tous, pris par l’effroi vasculaire d’un diable qui passe…
Miserere… o■ o DAVID GATTEGNO
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