
Pour l’occasion de cette Saint-Louis, nous reprenons cette tribune qui mérite réflexion, partages, et doit être connue de nos nouveaux lecteurs, notamment ceux de la nouvelle génération de jeunes royalistes.
Ce texte évidemment important a été publié dans Le Monde du 25 août 1970 par Henri VI, Comte de Paris (1908-1999), grand-père de l’actuel Comte de Paris, pour le 700ème anniversaire de la mort de Saint Louis. Le Chef de la Maison de France y établissait un parallèle saisissant entre la société française du XIIIe siècle et la nôtre. Il y faisait aussi la démonstration des bienfaits de la monarchie. Le lecteur distinguera les changements intervenus en France entre 1970 et aujourd’hui mais aussi de puissants éléments de permanence. — JSF
Saint Louis et notre temps

Il y a sept cents ans, le 25 août 1270, Saint Louis mourait de la peste, à Carthage, sur un lit de cendres. Le comte de Paris n’a pas jugé que les manifestations organisées à cette occasion par le gouvernement étaient de nature à le faire déroger à la règle qu’il s’est imposée de demeurer désormais éloigné de la vie publique. Mais le chef de la Maison de France a tenu, par l’article qu’on lira ci-dessous, à manifester son attachement à la mémoire et aux enseignements de celui qui est, à ses yeux, le plus glorieux des Capétiens. Il en profite pour se livrer à quelques réflexions sur le temps présent, dont nous lui laissons la responsabilité.

Il n’est pas deux époques plus différentes, apparemment, que celle de Saint-Louis et la nôtre. Notre monde, gouverné par la science et les techniques, qui se veut matérialiste, où l’on ne connaît ni bien ni mal, ne peut que difficilement comprendre un siècle qui fut peut-être celui de la plus haute spiritualité, où le péché était en abomination, et qui reconnut pour héros celui dont tous les actes de la vie et jusqu’à l’holocauste final, n’eurent d’autre principe que la foi: la foi la plus ardente, la plus généreuse et la plus agissante qui s’empara jamais de l’esprit et du cœur d’un homme. La gratuité des dernières croisades, inspirées par le seul amour du Christ, apparaît comme aberrante à notre temps où il arrive qu’on en prêche de nouvelles, pour la défense d’une certaine forme de civilisation, sans doute, mais aussi pour sauvegarder le culte sourcilleux d’un tout autre dieu.
Notre société, décomposée, où triomphe l’individualisme absolu, avec ses apparences égalitaires, son refus du sacré et son pouvoir banalisé, est certes à l’opposé de la société féodale du milieu du treizième siècle, rigoureusement organisée et hiérarchisée, mais couronnée par une autorité légitime, sacralisée, aux vertus évangéliques. Point n’est donc surprenant que ce règne, glorieux entre tous, qui malgré les vicissitudes de l’histoire, demeura si longtemps populaire et ne suscita qu’admiration et respect, soit aujourd’hui tenu pour négligeable, voire dénigré et contesté.
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Certaines circonstances du temps de Saint Louis ne sont pas pour autant si éloignées du nôtre. Au jeu des comparaisons, il serait facile d’y trouver des similitudes étonnantes pour ceux qui douteraient de la constance de la nature humaine et du renouvellement des situations qu’elle explique: révolte de puissants mal contents; violences estudiantines ; ébranlement des maîtres, université en péril; poussées anarchiques au mysticisme déclamatoire; prétentions abusives et virulentes de groupes sociaux jaloux de leurs privilèges… Mais ce n’est pas à ces péripéties qu’il faut s’arrêter pour nous sentir plus proches du roi à la conscience héroïque; mieux vaut rechercher dans l’exemple qu’il nous a laissé, dans les enseignements qu’il nous a légués ce qui doit être utile au pays dans le présent, ce qui peut contribuer à assurer son avenir. Cela est bien, je crois, la meilleure manière d’honorer sa mémoire.
D’abord, il faut constater que tous les principes par lesquels s’est constituée notre vie nationale se manifestent déjà ou sont en germination dans le règne de Saint Louis, « printemps de la France ». Avec Louis IX apparaît vraiment la notion de légitimité fondée sur le respect du peuple et du pouvoir qui le représente, le guide et le sert. C’est de lui que la monarchie capétienne tient son caractère spirituel qui donne à son œuvre de justice, d’unité et d’émancipation sa valeur profonde, et je pense que la France elle-même n’en fut jamais complètement dépouillée car les révolutions héritent et continuent plus encore qu’elles ne détruisent et innovent.
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Dans la démocratie formelle, l’accession à la charge suprême est le fait de la compétition dans le style individualiste du siècle dernier; toutefois, il est permis d’espérer qu’un jour, pour en finir avec l’escalade permanente du pouvoir, le moyen sera trouvé d’instituer dans la République une autorité qui ne soit pas seulement légale mais légitime: ce peut être l’exigence naturelle de la société véritablement organique qui doit naître des réalités de ce temps. Pour y parvenir, il n’est d’autre formule que l’enracinement des institutions dans la masse populaire et la participation active des citoyens aux affaires publiques. C’est ainsi qu’un gouvernement trouve ses assises légitimes et par là son indépendance et son autorité. Tiens le peuple « en faveur et amour », c’est le dernier conseil de Saint Louis à son fils, pour que « tes ennemis et adversaires, spécialement tes pareils et tes barons, redoutent de t’assaillir et de méfaire envers toi ».
Saint Louis « ne s’occupait que de justice », c’était là toute sa politique et la raison de la révolution pacifique qu’il accomplit. Les « groupes de pression» de son époque, rebelles à l’unité et à l’intérêt commun, avaient leur propre justice et le roi justicier s’attacha à combattre fermement ce privilège. Les féodaux de notre temps ont retrouvé l’habitude de défier l »Etat, de se faire justice eux-mêmes, de prélever à leur bénéfice la meilleure part des richesses produites par le travail de tous. C’est la tâche des gouvernements modernes d’assurer, avec la « sévère équité » de Saint Louis, une juste répartition des ressources nationales et ensuite de faire respecter par tous l’ordre et les lois. Les mesures sociales, si nombreuses, hardies et ingénieuses soient-elles. ne sont que des palliatifs. La politique à faire est une politique de justice, celle que les papes qualifient de socialiste, celle qui doit mettre le monde du travail à l’abri des caprices de « la fortune anonyme et vagabonde ». Les manœuvres occultes de l’argent-roi, telles qu’elles s’exercent de nos jours, ne sont plus acceptables. Il faut en finir avec les féodalités nouvelles dont le règne est fondé sur la peur qu’elles inoculent au peuple pour le faire douter de son droit et de son destin, pour lui faire accroire que ses intérêts sont liés à leur puissance et qu’il lui faut devenir conservateur pour garantir les meilleures conditions de vie acquises par les luttes d’autrefois.
En finissant de souder les provinces du Midi à celles du Nord, Saint Louis a créé l’unité territoriale de la France: en posant les premiers jalons de l’œuvre capétienne qui devait, avec les siècles, amener la ruine des féodaux, il a été l’initiateur de l’unité politique de la nation. Après bientôt deux siècles de divisions institutionnalisées, dont nous savons les résultats, voici qu’on attend merveille du dualisme politique: mais cette nouvelle imitation des autres restera longtemps, semble-t-il, du domaine des songes: il n’est pas venu le temps où l’alternance à l’américaine deviendra, chez nous, une réalité de gouvernement. Jusqu’à présent, le « fait majoritaire », dont on fait grand cas, a eu surtout pour effet la transmutation du gaullisme en un parti conservateur, ce qui est loin de correspondre à ce qu’on a appelé ironiquement les « rêves unanimistes du général de Gaulle». Pour ma part, je reste convaincu que la recherche de l’unité est bien la conception la plus réaliste, la plus généreuse et la plus nécessaire de notre temps. Saint Louis ne divisait pas pour régner, il régnait pour unir.
Aussi bien, renoncer à nos divisions serait en vérité renoncer à peu de chose, car à quoi d’essentiel tiennent-elles ? L’intelligentsia politique française fleurit sans cesse de plans, de programmes, d’idées nouvelles qui ne portent, hélas ! jamais fruit. Jadis, il m’est arrivé de tomber dans ce travers : aujourd’hui, je suis convaincu que le but de la politique et le seul moyen de gouverner, c’est d’accorder les hommes en les prenant tels qu’ils sont. C’est là la tâche qu’affectionnait Saint Louis, qui bénissait les « apaiseurs »: ce fut aussi celle de Henri IV, qui n’était guère mystique
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Au moment où il faut réaliser la plus grande et la plus rapide mutation de notre histoire qui bouleversera, qu’on le veuille ou non, nos structures sociales et modifiera radicalement les conditions de vie de chacun, tous les Français doivent être conviés à réaliser en commun cette immense entreprise, comme naguère le Général de Gaulle sut le faire lorsqu’il s’agit de sauver le pays. Je crois que l’effort gigantesque qu’il va falloir accomplir dans la paix requiert la même unité dans l’action que l’effort de libération exigea dans la guerre. Si les mots ont un sens, la politique d’ouverture et de contrats de progrès ne saurait avoir de meilleure application; il est même évident qu’elle ne pourrait avoir que celle-là: elle ne peut consister, en tout cas, à exclure de l’effort national près d’un quart des Français sous le couvert de l’anticommunisme: il n’est pas possible que l’anticommunisme soit l’alpha et l’oméga de la politique intérieure de la France.
Sans doute sommes-nous fort éloignés de cette unité si nécessaire: trop d’intérêts abusifs, d’idées reçues, concourent à rendre cette politique irréalisable avant longtemps. Pourtant, si nous avions le courage de l’accomplir, par le renouvellement moral, intellectuel, sociologique et politique qu’elle entraînerait, le rayonnement de la France dans le monde serait immense: nous ouvririons ainsi une voie nouvelle qui serait pour beaucoup d’hommes et de peuples celle de l’espoir et du salut.

Souvenons-nous que c’est la main d’ivoire du roi à « âme sans détour » qui fit de lui l’arbitre de son temps, le pacificateur de la chrétienté qu’il voulut unir en même temps qu’il fixait les règles de l’indépendance nationale. « C’est quelque chose de touchant et de sublime, écrit un historien de gauche, que le contraste de cette âme si pure, si sereine, si exclusivement dévouée à la religion du devoir, avec les passions égoïstes et forcenées qui se débattaient autour d’elle sans pouvoir la souiller ni la troubler.» Voilà comment et pourquoi le meilleur des Français est celui qui a le plus contribué à la grandeur et au prestige de la France. S’il en est un qui domine notre histoire, c’est lui.
Bien sûr, « de son temps même il ne manquait pas de gens pour le trouver un peu exalté ». Les hommes de bon sens ne savent pas toujours percer les secrets de la sagesse. Cependant, la France «croissait de jour en jour en puissance » sous la conduite de ce prince «qui était le moins ambitieux des hommes», et Joinville nous dit que « finalement, par laps de temps, le royaume de France se multiplia et amenda tellement, pour la bonne justice et droiture qui y régnait, que le domaine, censifs, rentes et revenus du royaume croissaient d’an en an de moitié». Comme quoi, loin d’être incompatible avec l’enrichissement d’un pays et l’accroissement du bien-être d’un peuple, la poursuite d’un idéal en est au contraire la condition et le ferment. Je crois qu’il y a là une idée qui mérite réflexion. Déjà, en 1966, je m’inquiétais des excès d’un pragmatisme desséchant. « Il était bon, disais-je, de chasser les fumées de l’idéologie, mais un pouvoir qui voudrait être sans signification morale et politique ne mènerait ni très haut ni très loin: l’homme ne vit pas seulement de pain. »
Nous sommes tous les fils de Saint Louis: quelles que soient les apparences présentes, les Français resteront les pèlerins de l’idéal, la seule recherche de biens matériels ne suffira pas à les satisfaire et n’apaisera pas leur soif de justice. ■

Le 25 août 1970.
Illustration dans le texte : un feuillet reprenant l’article du Comte de Paris, édité alors par l’Union Royaliste Provençale pour une large diffusion par la suite.













La fin de cette triste et mauvaise 5ème République approche. Il s’agira de réformer en profondeur la France, à commencer par y assoir un Roi, sur le trône sur la nation. Le chef de la résistance de Gaulle avait promis aux royalistes de rétablir la monarchie dans le pays libéré. Engagement jamais tenu. N’est pas Franco qui veut.
Le Comte de paris a cru pouvoir entendre, lors des rencontres qu’il a eues avec le Général, que celui-ci pouvait laisser entrevoir une porte… De là à penser que la porte était ouverte !
C’était au début des années 60, où la figure, l’image du Comte de Paris avaient conservé un certain poids dans l’opinion modérée ; où le Bulletin était lu par une notable partie de l’opinion ; où la personnalité même du Prétendant correspondait à quelque chose.
Aujourd’hui, après le malencontreux passage du rastaquouère Henri VII, qu’est-ce qui reste à Jean 2 (ou Jean 3, je ne sais plus) sinon une brave gentille famille dont l’aîné a été prénommé Gaston ? (Pourquoi pas Symphorien ou Timoléon ?);
Faut pas rêver : si la monarchie revient, ce sera par le canal de la dictature, puis de la dévolution héréditaire du pouvoir. Comme en Corée du Nord.
Non Pierre
Gaston est le prénom hérité des Orléans !
Qui rejoint la tradition !
Ce n’est pas du tout une lubie du Prince !
Cela me rappelle que lorsque je faisais visiter la basilique de Saint Denis à mes élèves de banlieue parisienne avec le Prince Jean comme guide prestigieux.et qu’il disait à Gaston « laisse moi tranquille,papa travaille ! »
Amitiés fidèles
Mais ouvre les yeux, Bernard ! Cesse de croire que la France est celle de nos années 60 !
Non seulement Gaston est un prénom certes historique, mais ridicule (celui de Gastounet Doumergue, que Daudet appelait Merguedoux) mais toute cette engeance a totalement perdu le contact avec la France réelle. Il y a des tas de gens qui ne détesteraient pas une monarchie, mais qui ne voient pas le rapport avec une famille qui a laissé passer toutes ses chances depuis 1884 et la mort du Comte de Chambord ; surtout depuis la déconfiture d’Henri VI .
Il faut que quelqu’un s’empare du pouvoir ; ensuite nous verrons bien.
Mais si vous croyez que le doux Prince Jean, qui a autant de charisme qu’une pétoncle, sera celui qui nous mènera à la victoire, ouvrez les yeux !
Il fait de beaux enfants, c’est déjà ça ; mais ça intéresse autant (et bien davantage !) « Points de vue – Images du Monde » que l’Action française…
Je ne suis pas d’accord avec les propos qui précèdent.
« Il faut bien que quelqu’un prenne le pouvoir ; ensuite, on verra bien. »
Eh bien, qu’il le prenne donc ! Mais ouvrons les yeux : personne ne le fait, et nul ne paraît en avoir la capacité. Par conséquent, nous ne voyons rien venir.
Ce que l’on constate, en revanche, c’est une faillite généralisée : de l’État, du système, de la société, de la culture… partout. Evident pour tout le monde.
Alors oui, cessons de nous accrocher à l’illusion que la France serait encore celle des années 60. Elle a décliné sur tous les fronts : l’État en premier, la politique à sa suite, et la société entraînée avec. S’il y a eu un ratage général, ils est là.
Quant à la querelle autour des prénoms, elle est insignifiante. D’abord parce qu’elle relève de l’accessoire ; ensuite parce que les sociologues, linguistes et statisticiens savent depuis longtemps que les prénoms suivent des cycles. À l’heure actuelle, on retrouve Léo, Noah, David, Mila, Emma, Anna… comme prénoms à la mode et d’autres viendront.
Il m’importe en priorité de remercier « Je suis français » et son « pilote » de la publication de ce beau texte …
Je ne me étend pas quand au prénom du « Dauphin ». Si ce n’est qu’une question : Combien de Gaston ont régné dans la Maison de France/? Quelle fut Valois, Bourbon ou Bourbon – Orléans ?
Dans l’état de « feu » notre cher royaume de France hors un Monk en « préliminaires » je n’ entrevois pas d’issue…
Je lis avec retard de quelques jours – ou de cinquante-six ans – ce magnifique texte de 1970. C’est le commentaire de Marc vandeSande qui m’en a donné l’envie. Quant aux autres commentaires (un simple échantillon, je le sais) ils ne me semblent pas à la hauteur de ce qui a inspiré et motivé Henri, l’auteur.
À sa droite, pour ainsi mais mal dire: légitimité, justice, unité, paix, morale, idéalisme
À sa gauche : pragmatisme (alias économisme), féodalités renaissantes, le peuple trompé, culpabilisé, spolié…
Relisons plutôt ce passage ;
« La politique à faire est une politique de justice, celle que les papes qualifient de socialiste, celle qui doit mettre le monde du travail à l’abri des caprices de « la fortune anonyme et vagabonde ». Les manœuvres occultes de l’argent-roi, telles qu’elles s’exercent de nos jours, ne sont plus acceptables. Il faut en finir avec les féodalités nouvelles dont le règne est fondé sur la peur qu’elles inoculent au peuple pour le faire douter de son droit et de son destin, pour lui faire accroire que ses intérêts sont liés à leur puissance et qu’il lui faut devenir conservateur pour garantir les meilleures conditions de vie acquises par les luttes d’autrefois. »
Il me semble que la légitimité qu’il évoque ne peut être que le résultat de la poursuite héroïque des valeurs qu’il désigne et de la lutte acharnée contre leurs ennemis. Ce serait plutôt un malentendu de mettre la charrue héréditaire avant les bœufs du bon gouvernement.
Pour le dire très vite : la priorité me semblerait une réforme institutionnelle adaptée à notre temps, plutôt qu’une révolution de palais.
Vraie surprise de découvrir ici mon nom. Ai-je changé d’avis ? Non . Les mots d’Henri VI sont justes, audacieux et d’une pertinence que l’année écoulée a enrichie.
Quels sont, pour le présent, l’enjeu, l’agenda, le devoir?
Dénoncer et combattre l’injustice, à l’exemple de Louis IX, les féodalités et les groupes de pression, notamment, leurs avatars les mieux camouflés, partis, media, sondagiers (ils n’ont vraiment rien d' »instituts »);
Jouer le jeu de nos institutions « hic et nunc » en revivifiant le débat et le vote au lieu de rêver d’une restauration venue du ciel ou d’un coup d’état. Ni Bonaparte, ni Jeanne d’Arc ne jailliront d’un peuple partagé entre les pé-émistes (accros au PMU médiatique) et les abstentionnistes (snobs, paresseux, dégoûtés ou déboussolés).
Il y a d’autres voix, d’autres chantiers !
Voilà longtemps qu’il faudrait rectifier la notion de «féodalité», particulièrement dans la locution – littéralement abjecte pour ce qu’elle entend désigner – «les nouvelles féodalités»…
La royauté réelle et authentique repose sur la double notion «politique» de suzeraineté et de vassalité (i.e., «vaillance»), étant bien entendu que le Souverain est le roi… Or, la royauté n’est pas aussi exactement ce que, par commodité, on s’est pris à le croire en tant que «monarchie» (pouvoir d’un seul). Par compensation, il a été inventé une idée fallacieuse, selon laquelle, s’est on pris à dire : «Le roi règne mais ne gouverne pas». Tandis que l’on a symétriquement fabriqué les concepts de «partage des pouvoirs», de «contre-pouvoirs» et autres foutaises démocratiques. S’il y a «partage des pouvoirs», cela impose que la répartition de ceux-ci soit hiérarchiquement ordonnée, sinon, à terme c’est une espèce d’anarchie «concertée», car, par un processus vulgairement «psychologique», chacun des pouvoirs s’entend lui-même comme peu ou prou essentiel, au regard des voisins. C’est, d’ailleurs, le point auquel nous sommes rendus, point qui a donné la primeur effective «judiciaire», lequel, soit dit en passant, est une prérogative absolument «féodale» ou «régalienne», inscrite dans aucune «constitution» mais indispensable à l’ordre social, en ce que celui-ci reflète un Ordre supérieur. C’est le roi qui siège «sous le chêne», en tant que «lieu-tenant du Christ» ; et ce sont les Grands Féodaux qui occupent la lieu-tenance royale dans les Provinces du Royaume.
La première antiphrase intrinsèque à la locution «nouvelles féodalités», tient à ce que ce que l’on désigne ainsi n’est en rien «décentralisé» (pour employer un mauvais terme, dicté par la seule impéritie des circonstances), mais, tout au contraire, centralisateur à outrance, c’est-à-dire, strictement, déféodalisateur.
Cependant, il n’y a pas à «commencer par la justice» dans l’entreprise de rectification, pour cette simple raison que le pouvoir judiciaire n’est pas même entre les mains de «juges» plus ou moins «expérimentés», mais entre celles de petits étudiants stéréotypés dans les cucurbites expérimentales de la décadence : quantité négligeable quoique assassine.
Il n’y a, bel et bien, aucune autre solution que celle de prendre le pouvoir, et ce, «par tous les moyens, même légaux» ! Or, force est de constater qu’aucun autre moyen ne peut désormais se présenter à nous que celui légal des élections. Moyen bien misérable et sensiblement dénué d’honneur ; moyen détaché de toute espèce de panache ; moyen que, pour ma part je «juge» même assez dégoûtant ; nous y sommes malheureusement réduits.
Mais QUI donc aller coller au pouvoir ? N’importe QUI d’autre, pourvu que ce soit AUTRE. Cela exclut tout ce que compte l’échiquier compris entre l’abrutissement socialo-communiste macroneux et l’agitation du bocal socialo-communiste mélancheux. Hors de cela, donc, il nous faut accepter de choisir ce qui est susceptible de se présenter en tête contre l’espèce d’agitation abrutie de ces parasitées. Que cela plaise plus, moins, guère ou quasiment pas, il faut nous re-muer nous-mêmes et aller glisser l’bulletin dans l’urne, fût-ce du bout des doigts…
« […] et on s’en fout d’la République
et des Électeurs alcooliques !
Qui sont nos dabs et nos darons.
Nous, on est les pauv’ ’tis fan-fans
les p’tits flaupés, les p’tits fourbus,
les p’tits fou-fous, les p’tits fantômes,
qui z’ont soupé du méquier d’môme»
(Jehan Rictus, «Farandole des Pauv’s ’tits Fanfans morts».)
L’abstention( sans pour autant, la recommander
a quand même pour mérite de dire le refus des candidats pré-selectionnes par les partis , regne des partis , hydre sans cesse renaissante :
Certains pays, dont la Belgique, beau spectacle,
rendent le vote obligatoire. Serait-ce cela que l’on voudrait ?
Enfin, le système électoral ne va guère à l’avantage d’une restauration monarchique :
(maigre résultat du candidat royaliste à l’élection présidentielle de 1974)
Un général ou un maréchal qui restaurerait ? « Même pas en rêve » comme il se dit parfois de nos jours : Mac Mahon n’a pas aidé, au moment où il aurait pu rendre service .
Dans le même ordre d’idées, la seule restauration récente réalisée, par un général loyal est celle de la couronne espagnole donnant l’image d’un Roi otage du système démocratique et cela sans même le prestige de la Monarchie (peut être lié aux caractéristiques du peuple britannique outre le long règne d’Élisabeth II , Gracieuse Magesté dans tous les sens de l’expression .)
Que reste t’il pour ce qui est de la France ?
Le discredit du système actuel lequel suit un cours inexorable.
Tout finira par s’écrouler : le plus malin prendra le pouvoir et fera le ménage à fond .
L’exemple espagnol , pour revenir au rétablissement de la Royauté montre ce qu ’il faut éviter ; par contre il existe une sorte de génie français pour l’inventivité et c’est ce qu’il faut attendre .
à RC : L’écroulement est là, sauf que c’est le plus misérable des écroulements : un écroulement démocratique, aussi, cela se traduit par une espèce de «discrétion» dans l’écroulement.
«Le plus malin» est qui se présentera aux suffrages et l’emportera.
D’une certaine façon, «politiquement», il n’y a pas grand-chose d’autre à dire.
Quant aux observations sur les diverses «monarchies», ce sont justement de très banales «monarchies», dans lesquels «le pouvoir d’une seul» est démocratisé en absence de pouvoir, mais en une personne décorative. La question portant sur la plus ou moins grande subtilité de la décoration.
Le «Monk» à (éventuellement) venir ne pourra s’imposer que par la violence démocratique…
Le prestige de la Monarchie britannique.
Seule notre fidélité -ici à notre Roi- peut être fondatrice, c’est dire donner sens aux efforts de ceux qui nous ont précédés, et qui nous ont transmis ainsi la vie ; à charge pour nous de continuer ce combat incessant. Henri VI salue ces efforts, et n’en exclut personne, ni aucune sensibilité à priori pour y contribuer. Prenons en acte..
Par ailleurs, peu importe un prénom, les réussites on non de chacun; seule compte cette fidélité inébranlable à ce qui nous précède, donne sens à notre vie, à nos efforts , et qui en même temps éveille chez tous notre vocation à ce que toute vie dans sa diversité offre de promesses, à notre liberté.
De Gaulle, -par paresse ?- s’est montré incapable de trancher le nœud gordien, entre des fidélités contradictoires, celle profonde qu’on doit à La France, à « sa communauté de destin « et à ses valeurs qu’ elle a fait naître en nous, et celle plus idéologique, qu’on croit devoir à un régime purement légal, né chez nous dans la pure violence et ‘une idéologie , qui fonde sa durée justement dans la destruction de ces valeurs, tout en utilisant ces dévouements secrets qui permettent à la vie de se maintenir, mais qui aujourd’hui met en œuvre des lois sociétales, qui, elles, lui sont , de plus en radicalement hostiles.
En un mot cette fameuse « monarchie républicaine » qu’il nous a léguée , révèle de plus en plus sa vraie nature : un nœud gordien qui nous étouffe, un parfait oxymore qui nous dévore : loin de conjuguer les vertus supposées des deux régimes, le sens de la durée au service du bien commun avec les vertus de la consultation démocratique des personnes, ce régime montre son vrai visage : autoritarisme effréné imbu de lui-même , au service de pures et folles ambitions narcissiques personnelles et un total refus de prendre en compte nos souhaits légitimes, et qui finalement nous laisse un champ de ruines, une destruction voulue et programmée de tout ce qui fait encore vivre un pays En un mot elle a mis le Bien, la durée, au service du Mal, de notre nihilisme avancé et clairement revendiqué par exemple avec l’actuel locataire de l’ Élysée, le tout au nom d’un légalisme absurde, comme cela se passe dans les pays…..tota……
Faut-il encore résister, et dans un premier temps un coup d’État de salut public pour arrêter la sinistre comédie, dont la seule perspective est de nous conduire soit à encore plus à la guerre civile soit à la guerre tout court, apparemment souhaitée ? Quelle que soit notre sensibilité .
Je laisse à chacun soin d’en juger, en son âme et conscience, ce qu’il doit affronter aujourd’hui. . .
Ensuite le retour à la monarchie ne pourra se faire qu’en douceur, comme en 1814 et en 1815 par le ralliement du pays tout entier qui veut soigner ses plaies comme avec Henri IV. «Non une révolution contraire, mais « le contraire de la Révolution « comme a précisé Joseph de Maistre. . .
La situation est très bien résumée par Henri.
Cette » Monarchie republicaine » * peut être une invention des journalistes, tant on a fait dire à De Gaulle des propos non tenus * ne peut pas marcher : c’était du » sur mesure » pour le grand personnage .
Mais cette idée de Monarchie republcaine, n’etait elle pas une récupération de la « République des Ducs » aussi appelée République conservatrice . Avec à sa tête, comme premier Président, un Duc ,justement : Mac Mahon. et une assemblée idéale pour rétablir la Royauté dans un pays encore foncièrement catholique et monarchiste .
Il y avait tout pour réussir et tout fut gâché .
( le Destin , la bêtise de la droite française ? )
Pour l’anecdote, passé un jour devant la devanture d’un magasin d’ antiquites qui proposait à la vente une Marianne de cette époque ; simplement, le bonnet phrygien etait remplacé par une couronne d’épis de blé entrelacés de liserons et, bien entendu, la devise »Concorde » en lieu et place de « Liberté Égalité Fraternité » !
(En France, on a des idées)
Que dire de plus : la France republicaine habite les palais de l’ancienne Monarchie, renforce encore par du pompierisme ( Lu dans un livre : l’Elysee fantôme que Mac Mahon avait fait rajouter des dorures au palais trop simple à son goût.)
Tant qu’a faire, on complète par de la pompe impériale (roulements de tambours et gardes républicains) .
C’est » la totale » !
Combat prioritaire : élargir, vivifier le débat, appeler les chats par leurs noms ; non pas sur ce site où le débat prospère, mais dans l’espace public.
Considérez, par exemple, le Figaro et ses « sondages » : fait-il la moindre place à l’idée monarchique ? à la vraie indépendance nationale ( « frexit », pour les intimes) ? à la « sortie de la broyeuse » de Ph. de Villiers ? à la critique du bellicisme macronien ? aux avertissements d’un Pierre Lellouche ou d’un Émmanuel Todd… ?
Non ! Le principal organe conservateur impose autoritairement, par sa réitération de « sondages », le PMU des seuls naufrageurs, des seuls chevaux de bois du lancinant manège forain, des abonnés aux chaises musicales, même s’ils ne sont qu’hypothétiquement candidats. Qui, sous ce bombardement abrutissant, va – sérieusement – s’intéresser, par exemple, aux « 50 décisions [leurs décisions !] qui ont coulé la France » rappelées ailleurs dans ses colonnes ?
Ainsi la France s’enfonce insidieusement dans une assuétude, une addiction aux rengaines les plus désarmantes, les plus démotivantes, engageant irréversiblement son « pronostic vital » (euphémisme aussi vague que pompeux et lénifiant prisé par la grande Presse)
Qui peut croire que Le Figaro en tant que tel enfourcherait un jour prochain les thèmes des grandes causes que Marc Vergier évoque ? Il n’est pas fait pour ça !
Même s’il laisse passer assez souvent des tribunes qui s’y risquent. Marc Vergier cite les avertissements de Pierre Lellouche parmi les publications exclues. C’est faux. Le Figaro l’a publié tout récemment à propos de l’irresponsable bellicisme de Macron.
Le peu qui passe – sous la pression d’une large partie de l’opinion – est bon à prendre. Et il n’est pas le seul dont Le Figaro, bon gré mal gré, « laisse passer » les idées du même tonneau.
À d’autres, donc, à nous tous, de faire le gros du boulot.
Chère Anne, vous oubliez le problème des sondages. Ceux-ci ont pourtant une influence majeure sur le débat public et les choix électoraux. Donnant l’illusion d’objectivité, de scientificité même, de leurs choix et de leurs chiffres. Ils sont commodes à citer et à orientent les commentaires et les analyses. Tels des slogans, des mots d’ordre, ils marquent fortement les esprits pressés . Pour toutes ces raisons, ils relèvent de textes réglementaires ad hoc et d’une Commission des sondages. La loi n° 77-808 du 19 juillet 1977 leur impose une obligation d’être « représentatif de la population concernée ».
Le Figaro, dans les « sondages » qu’il publie me semble s’en affranchir délibérément, lettre et esprit. Ce faisant, il choisit la grossière désinformation consistant à réserver l’existence politique aux représentants du statu quo, sorte d’oligarchie héréditaire et fermée. Une caste qui a globalement failli, voire trahi !
Concernant le Figaro, n’ayant sans doute jamais lu le quotidien, je ne peux avoir d’avis, mais par contre , pour le Figaro magazine lu dans les années 80 , impeccable avec Louis Pauwels, quel changement depuis !
Sans revenir sur le directeur qui passé du Nouvel Observateur au Figaro n’a fait que changer de trottoir , et pour ce qui concerne le temps présent, je regarde parfois ce canard sur papier glacé chez mon père qui fait les mots croisés , mais qu’y a t’il à lire ? Presque rien : c’est un catalogue de photos de voyages (on voit le genre de « lecteur » ciblé !)
De la même eau, les pages de réclame : marques de prestige avec mannequins de la diversité ; là a , on voit un genre semi wok .
Mais, bon , le Figaro est un très ancien journal et garde encore suffisament de lecteurs pour bénéficier de subventions (mettons qu’il est d’utilité publique , concurrent ou complément pour les subventions et le prêt à penser, du « Monde », de Luma , et compagnie .)
A prendre avec des pincettes car il peut bien entendu s’y trouver du bon grain au milieu de l’ivraie