
Par Guillaume Bigot.

Cette tribune, où tout est dit de la trahison du Chef de l’État, du régime dans son ensemble et/ou de sa lâcheté, est parue le 8 janvier dans le JDD. Avant et après signature, il faut et faudra continuer de s’opposer à ce traité largement rejeté par les Français, et d’autres que nous en Europe, avec lesquels il faudra conjuguer nos efforts pour l’empêcher et l’annuler. En ce sens, l’article de Guillaume Bigot est un bon article. ![]()
TRIBUNE. Avec l’adoption de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, l’agriculture française est sacrifiée, la souveraineté nationale contournée et le vote des représentants du peuple méprisé, dénonce le député RN Guillaume Bigot.

La trahison vient d’être actée, dans l’atmosphère feutrée d’une réunion d’ambassadeurs à Bruxelles. L’adoption de l’accord avec le Mercosur par le Comité des représentants permanents marque une nouvelle étape dans le démantèlement de notre souveraineté. Pour tenter d’étouffer la colère qui gronde dans nos campagnes, Ursula von der Leyen s’est livrée à un numéro d’illusionnisme budgétaire indigne. L’annonce d’une « rallonge » de 45 milliards d’euros pour la future Politique Agricole Commune (PAC) ne doit tromper personne : il s’agit d’une supercherie comptable. Cette somme n’est qu’une avance de trésorerie sur des fonds prévus pour 2031. On propose aux agriculteurs un chèque en bois pour masquer une condamnation à mort validée par les Européistes.
Cette manœuvre dissimule une brutalité inouïe. L’accord organise méthodiquement la submersion de nos filières d’excellence. L’Europe s’apprête à autoriser l’importation de 99 000 tonnes de bœuf sud-américain à des droits de douane ridicules. Le diable se niche dans les détails : ces contingents ciblent chirurgicalement les pièces « premium », ces morceaux à forte valeur ajoutée qui permettent encore à nos éleveurs de tenir. En inondant le marché sur ces segments rémunérateurs, c’est tout l’équilibre d’une filière qui s’effondre.
Macron, de la posture à l’abdication
Le même scénario du pire est validé pour la volaille, avec 180 000 tonnes en franchise de droits, ou encore pour le sucre et l’éthanol. La duplicité est totale : d’une main, l’Union européenne assomme nos producteurs de normes environnementales drastiques ; de l’autre, elle ouvre les vannes à des produits dopés aux hormones et aux antibiotiques de croissance. C’est un scandale écologique et sanitaire autant qu’économique : nous allons importer du carbone ou la déforestation amazonienne.
« Si le chef de l’État voulait réellement faire plier la Commission, il suspendrait la contribution française au budget de l’UE »
Le responsable de ce désastre n’est autre qu’Emmanuel Macron. Depuis des années, le président de la République se paie de mots, affirmant à la tribune, main sur le cœur, que l’accord est « inacceptable en l’état ». Mais qu’a-t-il fait pour empêcher son adoption ? Rien. Il a transformé ses fameuses lignes rouges en tapis rouge pour la Commission. Sa stratégie est celle de l’impuissance organisée : vibrant à Paris, mais aphone à Bruxelles.
Si le chef de l’État voulait réellement faire plier la Commission, il utiliserait un levier de pression imparable : la suspension de la contribution française au budget de l’Union européenne. C’est le seul langage que les technocrates de Bruxelles comprennent, celui du rapport de force. Tout le reste n’est que mauvaise communication.
La vérité crue, c’est que l’agriculture française a été utilisée comme monnaie d’échange, sacrifiée sur l’autel de l’industrie allemande. Pour que Berlin puisse exporter, Paris a consenti à la disparition des éleveurs. Le texte devra encore passer devant le Parlement européen, mais il serait illusoire d’y placer nos espoirs. Nous connaissons trop bien la duplicité des élus LR et macronistes à Strasbourg : enfermés dans des jeux d’alliance contre-nature, ils voteront demain avec zèle ce qu’ils feignent de combattre aujourd’hui devant les caméras.
Quand Bruxelles piétine le vote du peuple
Plus grave, cette adoption du Mercosur entérine un véritable coup d’État démocratique. L’Assemblée nationale s’est prononcée contre cet accord à une écrasante majorité – 244 voix contre 1 –, tout comme le Sénat. Les représentants du peuple ont parlé, mais la technocratie les ignore. Par une astuce de procédure consistant à découper l’accord pour en faire un traité commercial « intérimaire », la Commission, avec la bénédiction tacite des gouvernements, contourne les parlements nationaux. Imagine-t-on un seul instant le général de Gaulle accepter d’être mis en minorité à Bruxelles sur un sujet touchant à la substance même de la France ? Imagine-t-on le général tolérer qu’une administration apatride piétine le vote de la représentation nationale ? Ce qui se joue ici, c’est la relégation de la France au rang de spectatrice de son propre destin.
Face à cette nouvelle trahison des élites et à la duplicité macroniste, nous portons une vision de rupture. Nous refusons que la Commission européenne soit autre chose qu’un simple secrétariat technique, au service des États et non au-dessus d’eux. Il est impératif de briser net cette logique fédérale. C’est pourquoi nous exigeons le retour strict à la règle de l’unanimité pour toute décision engageant les intérêts vitaux de la nation. Nous réclamons également l’application réelle de clauses miroirs intransigeantes : aucun produit ne doit entrer sur le sol européen s’il ne respecte pas strictement les mêmes normes que celles imposées à nos propres producteurs.
De plus, nous devons sanctuariser l’agriculture comme un secteur stratégique de souveraineté. L’alimentation n’est pas une marchandise comme les autres ; elle est la clé de l’indépendance d’une nation. Si Emmanuel Macron ne se ressaisit pas en menaçant de couper les vivres à l’UE, il apposera son nom au bas de l’acte de décès de l’agriculture familiale française. Nous ne laisserons pas la ferme France mourir. Contre le mépris de Bruxelles et la lâcheté de Paris, nous appelons au sursaut pour reprendre le contrôle. Il est temps de rendre la France à son peuple. o ■ o GUILLAUME BIGOT













Monsieur Bigot,
Vous dites » Si vraiment le Chef de l’Etat voulait faire plier la Commission européenne il suspendrait la contribution française au budget de l’Union européenne. ».
Vous méconnaissez le TFEU – grave erreur pour un député: ; en vertu de l’art 258 TFEU est la base juridique principale pour la Commission européenne de poursuivre en Etat devant la Cour de Justice de l’UE pour défaut de ses obligations qui peuvent aboutir selon lart 266 TFEU à une astreinte forfaitaire. .
Bref, tant que la France reste fait partie de l’UE, elle ne pourra par s’opposer à des mesures pareilles. Vous méconnaissez décidément le TFEU. Donc le remède que vous proposez est nul. Il faut étudier le TFEU à fond.
George Cumming, Of the Inner Temple, Barrister
1 – Le Mercosur c’est AUCUNE barrière douanière pour
– 99.000 t de bœuf aux hormones
– 25.000 t de porc trafiqué
– 100.000 t de volailles boostées aux piqûres
– 60.000 t de riz
– 180.000 t de sucre arrosés de 150 pesticides interdits
2 – le patron de la FNSEA, Arnaud Rousseau, est aussi le patron de la société
brésilienne
Samas, spécialisée dans les produits animaux.
On comprend mieux pourquoi la FNSEA défend en sourdine le Mercosur.