
Par @BPartisans.
Une analyse intéressante, largement pertinente, ce qui ne veut pas dire qu’on doive l’approuver en tous points.
L’Union européenne ne s’effondrera pas sous les coups de ses ennemis, mais sous le poids de son propre mépris pour les peuples qu’elle prétend représenter. Bruxelles ne gouverne plus : elle décrète, moralise, sanctionne, puis s’étonne que la légitimité lui échappe.
Chaque crise suit le même scénario : indignation officielle, sommets d’urgence, tweets grandiloquents… et, au bout de la chaîne, une nouvelle réglementation inutile, un mécanisme technocratique illisible ou un plan budgétaire hors-sol. L’UE ne corrige rien : elle enrobe l’échec.
Même la Commission européenne est contrainte de l’admettre. Elle reconnaît désormais que l’Union est devenue un champion mondial de la surréglementation, au point d’annoncer officiellement une réduction des charges administratives. Traduction : Bruxelles produit aujourd’hui des textes pour expliquer qu’elle va produire moins de textes. Quand une bureaucratie doit théoriser sa propre mise au régime, le diagnostic est déjà fatal.
Sur le plan économique, le constat est sans appel. Le rapport Draghi, commandé par la Commission elle-même, décrit un décrochage structurel de l’Europe face aux États-Unis et à la Chine : sous-investissement, fragmentation, lenteur décisionnelle. Pendant que l’UE empilait des normes, les autres construisaient des chaînes de valeur, des usines et des industries stratégiques.
Mais le véritable effondrement est politique et démocratique. L’Union européenne n’est plus soutenue par ses citoyens,et ce n’est pas une opinion : ce sont les chiffres. Dans un sondage Eurotrack YouGov de décembre 2025, seulement 16 % des Français avaient une opinion favorable d’Emmanuel Macron, tandis que 79 % l’avaient défavorable, un marqueur d’impopularité durable au sommet de l’État. En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz ne fait guère mieux : seulement 25 % de favorables contre 69 % de défavorables chez ses concitoyens, selon des relevés récents d’opinion.
Ce divorce n’est pas accidentel. L’UE est institutionnellement verrouillée contre les peuples. En politique étrangère, l’unanimité paralyse toute décision réelle. Un seul État peut bloquer 26 autres. C’est inscrit dans les traités. Et toute réforme de ce système exige… l’unanimité. L’Union a donc bâti un édifice irréformable, conçu pour durer contre les électeurs.
Les divisions internes achèvent le tableau. Le veto est devenu un outil de chantage assumé, y compris dénoncé par le Parlement européen lui-même. “Union de valeurs” le jour, marchandage permanent la nuit. L’UE n’est unie que dans les communiqués de presse.
Face à cette impuissance politique, Bruxelles n’a plus qu’un réflexe : l’argent. Des milliards débloqués, des facilités financières, des mécanismes budgétaires complexes. L’Europe ne propose plus de projet collectif : elle distribue des chèques et impose des règles, sans consentement populaire.
Résultat : l’Union européenne n’est plus respectée. Ni par ses propres citoyens, ni sur la scène internationale. Elle n’inspire plus, elle contraint. Elle ne protège plus, elle fragilise. Elle ne rassemble plus, elle entraîne ses États membres vers le bas.
Quand ceux qui dirigent l’Europe sont eux-mêmes désavoués par leurs peuples, on ne parle plus de crise de confiance : on parle de perte de légitimité. L’Union européenne ne s’effondrera pas dans le fracas. Elle disparaîtra dans une indifférence populaire glaciale, ensevelie sous ses propres normes, pendant qu’un dernier communiqué annoncera “une feuille de route pour restaurer la confiance”
Rideau bureaucratique.. o ■
@BPARTISANS 23/1/2026
Repris dde la page FB de












L’Union européenne n’est ni moribonde ni irréprochable. Elle est un objet politique hybride, conflictuel, imparfait — mais précisément parce qu’elle est le produit de compromis entre peuples souverains, et non leur négation.
Ce que je viens d’écrire sur le papier bien léché de M. Fenech vaut aussi pour cet article. Un Rideau bureaucratique semble à son ou ses auteurs un bunker imprenable en béton armé. Il attend peut-être qu’il se déchire tout seul, comme le rideau du Temple
Je ne sais pas où paul.pontenuovo est allé trouver bon de retenir la mirobolante formule «produit de compromis entre peuples souverains», ce qui lui permet de tergiverser entre «irréprochable» et «moribonde», comme si le sujet tenait à ce dilemme. Les choses sont exactement comme elles sont tandis que les spectateurs de celles-ci acceptent avec plus ou moins de mauvaise volonté de les regarder telles qu’elles se présentent. Or, l’Europe est exactement comme tout le monde peut observer qu’elle est, observation qui ne demande aucune espèce d’effort, pas plus oculaire que cérébral. Mais il est plus compliqué d’admettre ce que l’on voit que de le commenter. Il suffit de procéder à la description des choses vues pour ne se faire aucune illusion sur ce qu’elles sont – bonnes, mauvaises ou tout ce que l’on pourra imaginer d’autres comme qualificatifs.
Par ailleurs, de deux choses l’une : ou bien, ce qui est observé est en bon état de marche, ou bien, la mécanique peine à tourner, et ce, quel que soit le but poursuivi. Or, les rouages de l’UE semblent avoir la grippe, un point c’est tout. Existe-t-il un vaccin pour l’affection qui la tient ? Un soupçon d’hydroxychloroquine pourrait-il planer là autour ?
Les divers commentateurs de la démocratosphère se perdent en conjonctures et, au fond de leur cœur, se lamentent de voir l’objet de leur attention tellement atteint ; sans doute parce que l’UE compte 27, et qu’il faudrait 9, pour certains, tandis que d’autres soupirent après un élargissement à 36 – cela ferait le bon compte des chandelles à voir, sans doute…
Mais en pareille débine «communautaire», chacun sait parfaitement que nul n’y pourra rien : le climat d’irresponsabilité générale conduit immanquablement à ce que, personne n’ayant réellement fait quoi que ce soit qu’il y aurait lieu de déplorer, nul ne fera davantage pour chercher à comprendre comment tout cela se prend à arriver malgré tout… En effet, l’UE est une baudruche, comparable à ces caricatures d’hommes d’affaires bedonnants ou à ces autres, étriqués à un point tel qu’ils peuvent tenir dans une valise entre le Japon et le Liban, n’étant finalement capables que de se ridiculiser eux-mêmes…
L’UE consiste en deux éléments, assez distincts l’un de l’autre : d’une part, une astronomique bureaucratie circulairement vicieuse ; d’autre part, une représentation, figurée par l’appelée Ursula von der Leyen, dont la seule physionomie suffit à trahir de quel plastique elle est faite – pour quoi elle est ainsi faite – et à présager qu’elle se désarticulera ou fondra au soleil… Cette dernière réflexion me remet en mémoire les mines de Richard Nixon ou de Nicolae Ceaușescu, mines qui m’avaient beaucoup impressionné, car elles étaient des mines d’homme, alors que, avant leur chute, ceux-là n’avaient pas figure humaine, mais robotique… Cependant, le degré de robotisation de ceux-là était bien inférieur à celui des Ursula, Macron et autres pantins, d’ailleurs maniaco-panthéonisateurs. Quand j’écris «pantins» – ce n’est pas façon d’parler –, je réponds au spectacle de réalité. En effet, si l’on a pu suspecter souvent que certains politiques pouvaient obéir à plus autoritaires qu’eux-mêmes, il n’a jamais été aussi caricaturalement manifeste qu’il en existait de strictement télécommandés. Seulement, comme cela a récemment été indiqué dans je ne sais trop quel feuille de choux, la robotique actuelle ne pèche que sur un seul point : ces machines ne sont pas capables d’«interagir» (comme ils disent) avec l’environnement (!!!). N’est-ce pas ce qui apparaît principalement dans les «personnalités» du type Macron-von-der-Leyen ? Eh bien, si ! Et, désormais, n’importe qui l’observe : ces «politiques»-là sont incapables d’envisager la réalité qui les entoure et, par là, la démonstration est scientifiquement faite de leur condition machinique, apportant enfin l’irréfutable preuve de la grande «découverte» de René Descartes : «l’animal-machine», traçant le chemin pour que, un siècle après lui, un La Mettrie puisse entendre conclure «hardiment que l’homme est une machine» (“L’Homme machine”, 1747).
Or, nul ne saurait combattre une machine, seul le niveau d’autonomie de ses batteries peut donner une estimation du temps qu’il lui faudra pour qu’elle en arrive à se déboulonner. Aux premiers signes de grippe, cependant, il ne sera pas tout à fait superflu d’y donner un coup de main, un tour de vis, ou de lui couper le gaz et l’électricité…