
Par Yves-Marie Sévillia.
Cet article bien tourné est paru le 6 de ce mois. Sous nos Républiques — cinq déjà ! — les présidents sont des « parvenus » à tous les sens du mot : chronologique comme existentiel. Mitterrand disait qu’il était, quant à lui, le seul, avec de Gaulle, à être advenu, non pas parvenu. Nuance de taille, se réclamant de quelque providence mystérieuse. Macron, outre ses vices personnels que l’on devine depuis un certain temps déjà et que l’on découvre ces jours-ci davantage encore, est manifestement de la première lignée. Il se regarde et il se montre comme tel. Reconnaissons que, par comparaison avec nos rois, désignés par l’Histoire et la banalité d’une naissance, c’est dans l’essence de nos républiques que leurs présidents soient des parvenus. Il leur faudrait un grand mérite personnel pour échapper à cette fatalité. Et, de claire évidence, Emmanuel Macron, comme la cigale de La Fontaine, en est fort dépourvu ! JSF
Le totalitarisme de l’audiovisuel public devient — à juste titre — une affaire d’État. Cet excellent article apporte une contribution appréciable à la mise au jour des pratiques de ce service, qui relèvent à l’évidence d’une propagande de gauche, voire d’ultragauche méthodiquement pensée et organisée en réseau, interne et externe. Ces dérives sont pourtant niées par leurs protagonistes avec une arrogance et un esprit de clan quasi insupportables. Charles Alloncle mène cette enquête parlementaire de main de maître, avec méthode, vigueur et une rigueur qu’il convient de saluer. L’article est paru hier dans Boulevard Voltaire. Je Suis Français.

Le président de la République a une nouvelle fois décidé de casser les codes pour tenter de donner une leçon de jeunisme en accordant au média progressiste de gauche Brut un entretien. Entre autosatisfaction et leçons de morale, Emmanuel Macron est apparu fidèle à lui-même : en décalage, sur une autre planète.
Disparus, les résultats économiques désastreux et la dette abyssale ; oubliées, l’insécurité galopante et la progression affolante de l’immigration massive ; inconnue, l’instabilité politique majeure qui obère toute réforme. Le président de la République vit dans le meilleur des mondes dans lequel il tient bien évidemment le premier rôle. Dans l’entretien accordé au média Brut mis en ligne ce 5 février, Emmanuel Macron distribue les satisfecit à sa propre personne. Répondant en mode « cool », à moitié avachi, aux questions de jeunes collégiens et du journaliste Rémy Buisine, le locataire de l’Élysée dresse un constat implacable : « Ça fait 9 ans que je suis là, c’est long, pour les gens. » Tout sourire, le chef de l’État développe : « On a épousé une époque ensemble, c’est chouette, c’est la vie. »
« La France de Macron »
Pour expliquer un phénomène répandu sur les réseaux sociaux où des montages vidéo montrent les difficultés de tous ordres qui touchent les Français au quotidien sous le qualificatif « la France de Macron », l’ancien ministre de l’Économie semble se réjouir d’un bon vieux temps. Comme lorsque deux anciens copains de classe se retrouvent et reviennent sur l’époque bénie de leur jeunesse. « Ce que veut dire cette expression c’est qu’on a quand même traversé de drôles de périodes, les gilets jaunes, la pandémie, la guerre en Ukraine, les troubles géopolitiques, le Groenland, l’inflation, et j’en passe, mais à la fin, on a quand même bien tenu, quoi, on l’a fait. » On ne sait pas trop à quoi pense Emmanuel Macron, ni ce qu’il estime « avoir fait ». Son inspiration provient peut-être des records d’impopularité qu’il bat, comme le sondage Ipsos publié par La Tribune du Dimanche, il y a 15 jours, qui lui accorde 79 % de jugements défavorables.
Un point a été remarqué dans cet entretien d’une heure où « le Mozart de la finance » a pu dérouler ses propos sans contradictoire ni contradictions : celui de l’accès aux réseaux sociaux. Dans sa guerre contre ces derniers, il annonce que bientôt, grâce à la Commission européenne, « quiconque va rentrer sur les réseaux sociaux, on vérifiera son âge, comme on l’a fait pour les sites pornographiques ». Un « identifiant » ou un contrôle par intelligence artificielle qui détectera les traits du visage ou les mouvements de la main deviendra nécessaire pour se connecter à un compte. Le but d’une telle mesure est la protection des mineurs, et l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, un projet de loi qui fait consensus à l’Assemblée, sera bientôt adopté.
Une « dérive autoritaire très inquiétante »
Ce phénomène d’identification pourrait-il mettre fin à l’anonymat sur les réseaux et revenir à contrôler, en substance, les contenus et leurs auteurs. Un enjeu de taille puisque, comme le rappelait le ministre de la Culture auditionné mercredi par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, « plus de 68 % des Français s’informent sur les réseaux sociaux ». Sur X, le député RN Guillaume Bigot s’est alarmé d’une « dérive autoritaire très inquiétante ». « Alors qu’il existe des solutions simples pour protéger les enfants des réseaux sociaux, comme un contrôle parental automatisé et dynamique, explique le député de Belfort, Emmanuel Macron veut fliquer tout le monde alors qu’aucun outil n’a été voté. » Dans le même entretien, le président de la République a aussi annoncé la création d’un groupe d’experts qui doit travailler sur la question de l’interdiction de jeux vidéo, notamment violents, pour les mineurs de moins de 15 ans.
Il s’est exprimé, par ailleurs, vis-à-vis du rythme scolaire privilégiant des journées plus courtes pour les élèves et, en contrepartie, des vacances moins nombreuses.
Emmanuel Macron quittera l’Élysée au printemps 2027. Faisons-lui confiance pour redoubler d’ingéniosité dans cette dernière ligne droite. Comme le dit si bien le chef de l’État lui-même, un an, « c’est long, pour les gens ».o ■oYVES-MARIE SÉVILLIA
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire














Il aura aussi contribué à dévaloriser et même ridiculiser la fonction de président de la république, et comme il disait lui même : « Il manque un Roi »
Il aura aussi contribué à offrir le pouvoir au RN. Il pourra toujours dire qu’il a fait le maximum pour empêcher Marine Le Pen de se présenter !