
Régis de Castelnau parle ici, comme il le fait souvent, en professionnel des affaires de justice. Celles-ci sont souvent liées, on le sait bien, aux luttes pour le pouvoir, à prendre ou à conserver à tout prix, au cœur de ce qu’on appelle encore la démocratie française. Il ne reste plus guère de temps ni d’intérêt pour s’occuper des meurtres potentiels ou déjà accomplis dans la société civile. Bien sûr, Castelnau — avec qui nous sommes loin d’être toujours d’accord — a évidemment raison. Enfin, quelle plume ! – JSF
Par Regis de Castelnau.

Rubrique : rabacher.
Coucou les amis magistrats, on dirait que pour vous le temps se couvre (un tout petit peu) avec l’horrible tragédie Lyhanna.
Nouvelle catastrophe judiciaire indiscutable. Je ne rajoute pas « probable catastrophe judiciaire », parce que depuis le temps, je connais la musique et je sais à quoi m’en tenir. Effectivement les carences effarantes du service public de la justice, qui aujourd’hui permettent d’utiliser la qualification « d’effondrement », ne font pas souvent la première page des journaux. Les citoyens confrontés à l’insécurité, qui peut tourner comme cette fois à l’horreur, ont tendance à incriminer spontanément les forces de police et de gendarmerie. Parce qu’ils ne savent pas que ceux qui tiennent tout dans ce domaine, ce sont les magistrats. Le parquet d’abord qui reçoit les plaintes puisque les forces de l’ordre doivent les lui transmettre immédiatement. Et c’est lui qui conduit les enquêtes.
Tous les blocages, tous les délais interminables, toutes les carences, toutes les catastrophes qui en sont la conséquence naissent d’abord au parquet. Comment ne pas être effaré par ce témoignage du représentant de la coordination rurale du Gers témoignant avoir été convoqué quatre fois par la gendarmerie sur ordre du parquet, pour des publications sur Facebook ! Pendant que dans le département rodait un criminel (probablement déjà identifié) prêt à passer à l’acte. Il y a ensuite les juges du siège, qui statuent après des délais interminables par des décisions sans portée et qui n’ont souvent plus aucun sens. Tout ceci est bien évidemment le fruit de l’absence de moyens et du sabotage délibéré des services publics par Emmanuel Macron mis en place par l’oligarchie pour le faire. Mais parmi les absences de moyens, il y a aussi et surtout la défaillance d’un corps des magistrats guère acharné au travail et qui s’arrange très bien de la situation. Vous ne les verrez récupérer leur célérité que s’il s’agit de matraquer judiciairement les gilets jaunes, ou de punir ceux qui ont osé critiquer l’État d’Israël.
Aussi, entendre Emmanuel Macron premier responsable de cette situation parler de « défaillances sur lesquels la lumière sera faite » donne simplement à ceux qui assistent aux premières loges à la catastrophe, une sérieuse envie de vomir. Et que dire de Darmanin annonçant une inspection qui débouchera comme d’habitude sur un sonore « circulez, il n’y a rien à voir. Tout va bien ». La nausée est la même.
Bon, en rabâchant encore et encore (en radotant si vous préférez, je m’en fous), on reviendra sur tout cela. En attendant, on va rassurer les magistrats.
Ne vous inquiétez pas les amis, peut-être juste un mauvais moment à passer, et encore. Ce système à la tête duquel vous avez porté Macron, que vous protégez depuis, en ménageant soigneusement sa corruption et en poursuivant ses opposants, ce système donc ne vous fera aucun mal.
Et comme au concours d’entrée de l’École Nationale de la Magistrature, il n’y a aucune épreuve de vérification de l’amour-propre ou du sens de l’honneur, vous n’êtes pas équipés.o ■o RÉGIS DE CASTELNAU
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Régis de Castelnau…
est un avocat français à la retraite, devenu une figure identifiée du débat public via son blog et sa chaîne YouTube.
Il s’inscrit dans une tradition de critique politique et médiatique assumée, revendiquant une lecture souverainiste et républicaine des affaires publiques.
Son propos se distingue par une solide culture juridique et historique, qu’il mobilise pour analyser institutions, conflits internationaux et fonctionnement des médias.
Il adopte un ton volontairement polémique, cherchant moins le consensus que la confrontation argumentée.
Cette posture lui vaut une audience fidèle, sensible à son discours de rupture avec les narratifs dominants.
Ses analyses, même contestées, participent à la pluralité des points de vue dans l’espace public. Il apparaît ainsi comme un observateur engagé, plus commentateur critique que prescripteur politique.
Note établie par recours aux archives sur la toile.












