« Olivier Rey, philosophe et Mathématicien d’envergure, est venu éclairer les députés sur un sujet qui fascine autant qu’il inquiète : l’intelligence artificielle »…
Quand on lit, par nécessité, beaucoup d’articles de presse et qu’on écoute un nombre équivalent de vidéos – ce qui vaut mieux, pour comprendre l’actualité, que de rabâcher quelques mots d’ordre et quelques formules sous-interprétées du petit catéchisme maurrassien –, il faut, croyons-nous, se fixer quelques règles simples pour orienter ses choix et ses réflexions.
Il en est une, très simple, très primaire, que nous nous sommes fixée il y a déjà quelques années, et c’est la suivante : tout ce qu’écrit, tout ce que dit Olivier Rey est important et sage. On peut s’y plonger sans risquer d’y perdre son temps et, au contraire, avec toutes les chances d’en sortir mieux averti des choses qui comptent.
C’est évidemment le cas ici, où, en quelques énoncés relativement courts, Olivier Rey nous donne son diagnostic à la fois sur la vraie nature de l’IA, sur le risque de nous retrouver diminués en raison du libre champ qu’elle ouvre à notre paresse, et sur le risque qu’elle-même finirait par subir, à terme, si les œuvres de l’intelligence humaine venaient peu à peu à s’affaiblir, à lui faire défaut, à lui enlever l’aliment sans lequel elle finirait elle-même par perdre tout intérêt.
Analyse toute de sagesse, ne relevant d’aucune hostilité, qui serait d’ailleurs stupide, envers une machine créée par nous, mais signalant avec simplicité et rigueur qu’elle pourrait bien nous conduire vers un homme diminué bien plutôt qu’augmenté.
Cela pourrait bien se ramener, au fond, à une question éternelle de connaissance et de maîtrise de soi-même, pour assurer notre destin.o ■o G.P.
Source de la vidéo
Merci à Marc Vergier pour sa transmission.












Un vrai scientifique, au moins, avec ces gens là, on comprend ce qu’ils disent !!!
Olivier Rey expose clairement et sainement les problèmes que l’IA soulève… Mais le plus terrible dans ses explications et dans les perspectives qu’il dégage, c’est que, à l’instant même, le parlementaire fait une déclaration plus terrifiante encore que ne l’est l’IA ; je le cite : «[…] il n’y a pas de problème. Puisque cette intelligence artificielle n’est pas intelligente ; qu’avons-nous à craindre?»
Cela signifie que la seule préoccupation de cet «élu d’la République» tient au degré de probabilité d’une IA pouvant être réellement intelligente (ce qui est une impossibilité logique, qu’il n’y a pas lieu d’expliciter dans le présent commentaire, mais que l’intervention d’Olivier Rey expose, par transparence, si j’ose dire), la préoccupation du parlementaire relève de “2001, l’odyssée de l’espace”, film qu’un pré-adolescent aurait pu voir et qui se serait alors inquiété de ce que la machine pût s’autonomiser… Le pré-adolescent, ici parlementaire, se trouve soudain rassuré parce qu’on lui annonce qu’une intelligence, dont il aurait pu craindre la concurrence, est finalement stupide par rapport à la sienne. Il envisage donc de continuer à utiliser la cervelle électronique, car son égocentrique neurologie ne craindrait finalement «rien». Seulement, il ne saisit pas que cette livraison d’intelligence à domicile, tel un plat préparé, revient tout bêtement (c’est le cas de le dire) à admettre que l’utilisation de ses propres fourneaux cérébrospinaux pour faire circuler sa tambouille cognitive devient superflue.
Ce n’est pas exactement l’IA qui est la plus grande catastrophe, mais, plutôt, les individualités humaines qui en font la promotion, tel Luc Ferry, qui ment à tours de bras quand il se gargarise du fait que, peut-être bien qu’un jour, l’IA deviendra capable d’autonomie (sur-le-champ, le montant de son chèque de corruption a décuplé)… Ce qui est bien logique de sa part, puisque, désormais, la notion d’«indépendance» se mesure au degré d’accord avec l’ambiance imposée, ainsi, entre autres, de la fumeuse (avec un u, bel et bien!) «indépendance de la justice», dont on peut observer chaque jour qu’elle se couche dans le lit où on l’a bordée la veille.