
« C’est le moment de se demander si l’idée royaliste n’a pas retrouvé une nouvelle actualité. »
Par Richard de Seze.
Marine Le Pen, Mélenchon, Édouard Philippe… ou le prince Jean d’Orléans ?

La prochaine élection présidentielle déchaîne les ambitions mais révèle surtout à quel point la France est fracturée entre ceux qui croient encore à la démocratie et ceux qui n’y croient plus, les inclus et les exclus, la droite et la gauche, le camp national et le camp mondialiste, sans parler de ceux qui aimeraient croire au régime mais se méfient de la caste politique. Mille nuances de doute, mille aigreurs, et déjà l’annonce d’une administration prête à contrarier celui ou celle qu’elle n’aurait pas choisi.
Ces élections, où le bloc central n’a pas encore trouvé son champion indiscutable, où le crypto-communiste Mélenchon, plus outrancier encore qu’ordinaire, réussit une campagne admirable (certes porté par la complicité médiatique, affolée par la perspective d’une victoire lepéniste), sont celles où Marine Le Pen paraît enfin sur le point de toucher à son but : l’extrême droite va-t-elle enfin, après un siècle et demi d’échecs, dans les urnes et dans la rue, arriver à gouverner le pays ? C’est le moment de revenir sur son histoire compliquée et contrariée.
C’est le moment aussi de se demander si l’idée royaliste n’a pas retrouvé une nouvelle actualité : partis inutiles, politiques détestables et détestés, Constitution verrouillée, démocratie en panne, et si le roi était moins une vieille idée qu’une idée neuve ? Les princes d’Orléans en sont convaincus : ils le disent, ils l’écrivent, ils sont là, prêts à répondre aux attentes d’un peuple désemparé qui se sent moins souverain qu’esclave et pourrait retrouver sa liberté en se redonnant un souverain, arbitre et père. o ■o RICHARD DE SEZE
Article précédemment paru dans Politique magazine.













