
Selon les résultats encore provisoires, le parti Russie unie est crédité de 57,82 % des voix. Ici, Vladimir Poutine votant électroniquement le 18 septembre dernier

L’OEIL DE BRUXELLES – Russie unie, le parti du chef du Kremlin, a remporté les élections législatives, dimanche 20 septembre, selon les résultats partiels. Un scrutin auquel aucun parti antiguerre n’a pu participer et qui donne mandat au chef d’État russe pour poursuivre les opérations militaires en Ukraine.
« Il y a beaucoup de choses difficiles à prévoir en Russie. Le résultat de cette élection n’en faisait pas partie« , entame la BBC. Le parti de Vladimir Poutine, Russie unie, a « sans surprise remporté les élections législatives russes, dimanche 20 septembre » [France info].

« Ces législatives, les premières depuis le début de l’offensive à grande échelle contre l’Ukraine en 2022, [visaient] à renouveler les 450 sièges de la Douma, la chambre basse du Parlement russe« , contextualise BFM TV, qui précise qu' »elles se sont aussi déroulées dans les territoires d’Ukraine occupés et annexés par la Russie« .
« Selon les derniers résultats provisoires de la Commission électorale centrale russe, portant sur 83,52 % des procès-verbaux, Russie unie recueille 57,82 % des voix sur les listes nationales. Le Parti communiste arrive loin derrière avec 13,84 %, suivi du Parti libéral-démocrate (LDPR) avec 8,77 % et enfin du parti Nouvelles Personnes avec 7,07 %« , égrène Euronews. « Les résultats définitifs [seront] annoncés au plus tôt le 25 septembre« , précise the Kyiv Post.
Participation et score officiels en hausse

« La formation au pouvoir semble en passe de nettement améliorer son score de 2021 (49,8 %) et elle est, selon les projections de l’agence Tass [agence de presse nationale de Russie], d’ores et déjà assurée de conserver sa majorité des deux tiers des députés siégeant à la Douma, permettant de modifier la constitution » [Courrier international].
Côté participation, selon Euronews, celle-ci « s’établit ce lundi à près de 57 %, un niveau supérieur à celui de 2021, lorsque 51,72 % des électeurs avaient voté« . « Les territoires annexés de l’est de l’Ukraine, qui participaient pour la première fois aux législatives, ont connu une forte participation et massivement voté pour le parti de Vladimir Poutine« , rapporte Le Figaro.
Répression et exclusion de l’opposition

« Grâce à un appareil d’État fondé sur la répression électorale et la répression de la liberté d’expression, ‘Russie unie’ était en position de l’emporter » [The Kyiv Independent]. Face au parti du Kremlin, « seules des formations soutenant à des degrés divers Vladimir Poutine et la poursuite du conflit en Ukraine ont été autorisées à concourir. Le seul parti frontalement opposé à la guerre, Iabloko, avait été écarté« , fait valoir Courrier international.
« [Laissée hors du scrutin], l’opposition en exil avait appelé tous les ‘Russes opposés à la guerre’ à voter contre le parti de Vladimir Poutine le même jour à la même heure, dimanche à midi, pour montrer leur nombre« , relate France info. « Des électeurs anti-Kremlin ont répondu à l’appel » [Le Monde] « pour créer des files d’attente devant les bureaux de vote […] le plus tard possible. Leur logique [était] la suivante : [avec un vote plus] tardif, et avec un véritable bulletin papier plutôt qu’électronique, [il devait être plus] difficile de le falsifier dans la dernière ligne droite » [France info].
« D’autres avaient prévu de se rendre aux urnes avec une pomme à la main. Rien n’interdit de venir avec un fruit. Mais la pomme est le symbole de… Iabloko. Sur les réseaux sociaux a circulé l’avertissement affiché à l’entrée d’un bureau de vote : pas de pomme« , raconte Le Monde. De son côté, l’Union européenne a dénoncé des élections se déroulant dans un climat de« répression systématique et institutionnalisée » [France info].
Comme le rappelle le média ukrainien The Kyiv Independent, « selon l’organisation de défense des droits de l’homme OVD-Info, plus de 2 000 Russes sont actuellement emprisonnés pour des raisons politiques« . « Grâce à un soutien artificiellement créé parmi les citoyens russes, ces élections législatives donnent à Poutine et à son régime davantage de marge de manœuvre pour poursuivre leur guerre contre l’Ukraine« .
Attaques de drones ukrainiens

« Le dernier jour des élections a été précédé au petit matin d’attaques massives de drones ukrainiens, les autorités russes [ayant] affirmé en avoir abattu plus de 1 600 dans le pays dont 450 visaient Moscou » [Le Figaro]. Ces attaques ont « tué deux personnes dans la périphérie de la capitale, d’après les autorités russes » et « une importante raffinerie a été endommagée » à Moscou également, observe Courrier international. « Un drone ukrainien a également frappé un bus dans la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine contrôlé par la Russie, tuant deux personnes dont une employée de la Commission électorale« , poursuit l’hebdomadaire français.
Parallèlement, « la Commission électorale a annoncé avoir observé ‘plus d’un millier’ de vagues d’attaques destinées à saturer de requêtes le système de vote électronique, ainsi que des attaques contre ‘l’infrastructure de télécommunications de la Russie dans son ensemble’ » [20 Minutes]. « Moscou a accusé Kiev d’avoir voulu perturber les élections. Le ministère russe de la Défense a promis d »intensifier’ ses frappes contre des cibles militaires à Kiev en représailles » [Euronews].
Le chef d’État ukrainien « s’est entretenu au téléphone avec Donald Trump, qui a sommé Kiev ces derniers jours de cesser ses frappes contre les raffineries russes. Il a indiqué avoir convenu d’une rencontre à New York dans les prochains jours avec le président américain, avec qui il a évoqué ‘des idées pour des mesures de désescalade’ » [Courrier international].
Mais pour la BBC, le Kremlin devrait se servir du résultat des élections pour justifier « les décisions […] concernant le déroulement de la guerre« . Et « quelles seront ces décisions ?« , s’interroge la radio anglaise. « Le président Poutine a récemment exclu une nouvelle vague de mobilisation« . Mais « malgré les démentis officiels, la société russe reste profondément inquiète quant à la possibilité d’une nouvelle vague de mobilisation« , conclut le média d’outre-Manche. ■ o J.-P. S.











