
Par Nicolas Cuoco.
« Dans son allocution, le président identifie la Russie comme la menace centrale. »

L’unique et simple remarque que nous ayons à faire est en titre. Cet article est surtout informatif. Il est paru le 15 juillet au JDD.
Avec les tensions internationales et le retour du risque de guerre en Europe, le président annonce un renforcement inédit du budget militaire et une mobilisation élargie de la nation.

Devant les généraux et militaires réunis à l’hôtel de Brienne, la parole d’Emmanuel Macron prend un ton grave. En annonçant, ce 13 juillet, une hausse de 7 milliards d’euros pour les armées d’ici à 2027, dont 3,5 milliards dès l’année prochaine, le chef de l’État acte un tournant stratégique majeur. L’effort est inédit, à l’heure où les États-Unis deviennent des alliés moins prévisibles et où les règles internationales perdent en efficacité. Le budget des armées atteindra 64 milliards d’euros par an en fin de quinquennat, soit le double de celui de 2017. Une forme de continuité, puisque la France réinvestit dans son outil militaire depuis la première élection du président Macron, et encore plus depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, après des années de sous-financement. « Nous devons changer de posture. Nous préparer à ce qui peut advenir », a justifié le président de la République, sans détour.
Pour autant, l’effort fourni jusqu’à présent reste mesuré. À titre de comparaison, le budget militaire de la Russie dépasse désormais les 100 milliards d’euros. Pour Paris, il s’agit de combler le retard de manière rapide et structurée pendant que les aviateurs manquent de Rafale, que les marins souhaitent de nouvelles frégates et que les terriens attendent la rénovation des chars Leclerc. Selon le locataire de l’Élysée, il ne s’agit plus seulement de financer, mais d’adapter le pays à un monde où la guerre n’est plus un spectre lointain. « Jamais depuis 1945, la liberté des Français n’a été autant menacée », a-t-il affirmé, évoquant la possibilité d’un conflit de haute intensité sur le sol européen. Dans son allocution, le président identifie la Russie comme la menace centrale, pointant la nature hybride du conflit mené par Moscou, mêlant pressions militaires, guerre informationnelle et actes de sabotage.
L’effort reste insuffisant
Face à cette conflictualité diffuse, le chef de l’État juge indispensable de transformer les capacités françaises pour faire face à des menaces désormais multiples et peu prévisibles. Car au-delà des équipements conventionnels, ce sont de nouveaux champs de confrontation qui se militarisent : cyberespace, technologies spatiales, intelligence artificielle, brouillage électromagnétique, fonds marins. La guerre ne se limite plus aux tranchées ni aux chars, elle s’immisce dans les réseaux, les chaînes logistiques et les systèmes de communication. C’est ce que le président nomme « technologies de rupture », qui obligent à revoir les doctrines comme les outils. Pour y répondre, la France mise sur l’innovation : accélération des programmes d’intelligence artificielle militaire, guerre électronique, sécurisation des câbles sous-marins et des serveurs, renforcement de la présence dans l’espace.
Mobilisation de la nation
Mais l’enjeu est aussi industriel. Depuis 2022, la production de certains types de munitions a triplé ; les chaînes de l’industriel Nexter tournent à plein régime pour livrer les canons Caesar ; la filière drone connaît une expansion rapide. L’effort, pourtant, reste jugé insuffisant. « Chaque minute compte », a martelé Emmanuel Macron, appelant à une mobilisation industrielle totale. En réponse, un industriel tricolore contacté par le JDNews tempère, soulignant que « très peu de commandes avaient été réalisées au début de l’année 2025 ». Et d’ajouter : « Il faut maintenant que cela se concrétise en actes. Nous avons besoin de visibilité, mais nous sommes prêts : nous avons la capacité de monter en puissance. »

Dans les jardins de Brienne, le président appelle également à une « mobilisation de la nation tout entière ». Une mobilisation des esprits d’abord, dans un contexte où, selon lui, « la paix n’est plus acquise ». « Face aux défis, la défense n’est plus l’affaire des seuls militaires. Chaque Français, chaque entreprise, chaque collectivité a un rôle à jouer », insiste-t-il. Ce recentrage stratégique s’accompagne aussi d’une ambition humaine : Emmanuel Macron a confirmé son intention de tirer les « conséquences » dès l’automne quant à la mise en place d’un service militaire volontaire (SMV) « rénové ». Cette nouvelle mouture pourrait offrir aux jeunes Français une formation militaire susceptible de déboucher sur un engagement au sein des armées, a confié une source proche du dossier à l’AFP. ■ NICOLAS CUOCO
J’aimerais qu’on m’explique l’intérêt de commander des chars d’assaut.
C’est en 1940 qu’il fallait en avoir…
Aujourd’hui il est préférable d’avoir des unités supplémentaires de gendarmerie mobile pour aller combattre le seul ennemi que nous avons : la racaille.
Comme si nous n’avions que des ennemis intérieurs, comme si la Chine, la Russie, peut-être l’Inde, n’existaient pas… nous ne sommes pas en guerre ouverte avec ces pays, c’est entendu. Pourvu que ça dure. Mais il n’est pas dit que cela dure et gouverner, c’est prévoir.
Certes, «gouverner c’est prévoir», mais, si possible, ne pas prévoir en dépit du bon sens !
Or, c’est bien ainsi que «prévoient» nos mauvais compositeurs de la finance. S’il y a «guerre» avec la Chine, la Russie ou tout autre patelin dont on appréciera d’ajouter le grain de sel au collier de perles que l’on enfile, il s’agit d’une «guerre» é-co-no-mi-que, pour laquelle, évidemment, que les chars Leclerc «comptent pour du beurre», et encore, avec le beurre, on peut boursicoter alors que les spéculations autour des chars et des divisions d’infanteries n’amusent que les gogos de d’la politique et les défiler de 14 juillet, c’est-à-dire «la République et ses électeurs alcooliques», comme disait Jehan Rictus.
Cela dit, un bon char Leclerc dans le neuf-trois, le Val Fourré, celui de l’Aurence ou dans le bureau de l’Hidalgotte, ma foi, ça pourrait peut-être payer un peu de mine (anti-personnel, comme de juste).
Les événements récents ont fait justice d’une guerre purement économique. La guerre d’Ukraine n’est pas « économique », pas plus que les différents entre Israel et l’Iran ou entre le Pakistan et l’Inde. L’air sent la poudre et la France doit être capable de se défendre. Peut-être que les chars ne serviront à rien, je l’accorde, mais alors il y a autre chose à faire : avions, munitions, navires, etc.
Les «guerres» actuelles se font par belligérants interposés, pour la bonne et simple raison que les authentiques adversaires disposent de l’arme nucléaire qui les «dissuade» de s’en prendre directement les uns aux autres, sauf à ce qu’ils consentent à ne pas utiliser la dissuasion et à se comporter comme s’ils n’en disposaient pas (ce qui ne serait pas forcément à exclure). Dans ce dernier cas, en effet, quelques chars, cuirassés et autres n’avions ne seraient plus tout à fait superflus… Si la Russie s’en prend à la peau de la France, on se demande bien pourquoi elle le ferait, à moins que ce ne soit pour se défendre de la France qui agirait contre elle, par des sanctions économiques, par exemple… Bref, si la France continue à faire le singe, il se pourrait que ceux qu’elle accable de sa bien-pensance envisagent de lui donner une correction, si bien que, dans ce cas, c’est la France qui répand des odeurs de poudre, elle n’a donc qu’à se défendre contre elle-même, pour peu qu’elle sache un tant soit peu qui elle est, ce qui se révèle bien difficile… En effet, quand ceux-là dont se devrait être le rôle de définir les choses refusent de le faire autrement qu’en termes de «vivre ensemble», on ne peut guère savoir sur quel pied danser ni quoi faire de ses dix doigts.
En effet, il n’y a pas de «purement économique» car, en réalité, il n’est question que de pouvoir, le pouvoir exercé sur autrui, moyennant quelque puissance dont on dispose ou que l’on a l’illusion d’avoir à disposition. Les chefs d’État devraient avoir conscience des réalités stratégies-économiques mais ils ne cherchent qu’à tordre ces réalités au bénéfice de certaines idéologies, dont on est en droit de se demander par qui ou par quoi elles sont inspirées… Par exemple, qui ou quoi a bien pu inspirer au capitaine Moscovici l’idée saugrenue d’intégrer une beurette émigrationiste à la cour des Comptes, il y a une explication à cette nomination et cette explication particulière constitue une explication plus générale que celle un peu vulgaire fournie par la notion de «règne des petits copains».
C’est un beau, intelligent, substantiel commentaire, et dans ce cas, compréhensible, que David Gattegno vient d’écrire. Bravo. J’adhère.
La France, disait on, à toujours une guerre de retard.
La Russie n’est pas l’ennemie de la France et je suis pas prêt de mourir pour Kiev, mais alors pas du tout prêt. Son ennemi véritable est déjà là, c’est la racaille islamiste bien que je n’aime guère ce terme car j’attends toujours qu’on m’explique la différence entre islam et islamisme vu qu’il n’y en a pas !
Et que fait Macron pour protéger la France et les Français ? Rien, absolument rien … si ce n’est baisser sa culotte devant Tebboune !
Moi non plus, je ne souhaite pas mourir pour Kiev. Mais ça ne m’empêche pas de regarder la réalité en face : la Russie ne nous veut pas du bien. Il suffit de regarder l’Afrique où elle agit contre nous et l’Outre-mer où elle soutient les mouvements indépendantistes (par l’entremise de l’Azerbaidjan). La Russie est factuellement une puissance hostile. De même que la Chine et même les Etats-Unis (quoique de manière bien hypocrite dans ce dernier cas). La France doit donc s’armer.
Deux remarques :
1. Toute puissance étrangère est un jour ou l’autre hostile par définition. Si nous étions restés une puissance ou serions dans ce cas.
2. Quant aux nuisances que la France et la Russie ont pu réciproquement se causer ou se causent aujourd’hui, si l’on observe les choses avec un minimum de réalisme, je crois bien que nous ne sommes pas en reste, et même que nous avons pris beaucoup d’avance depuis 30 ans par suivisme de l’impérialisme américain et par idéologie. Soyons objectifs, la Russie ne fait que nous rendre la monnaie de notre pièce.
Si la France avait voulu défendre ses intérêts avec efficacité, et équilibrer, sa position à l’égard de l’Amérique, une politique de rapprochement avec la Russie s’imposait. Nous avons préféré la politique des sanctions et d’armement de l’Ukraine. Si, en plus nous réclamons le droit de nous plaindre, il n’y a plus qu’à tirer l’échelle.
Il y a du vrai dans ce que vous dites : si la Russie nous est hostile, c’est en partie par notre faute. Le fait est qu’elle nous est hostile et que nous devons donc nous défendre (ou nous préparer à nous défendre).
Il se peut que l’assassin qui court vers vous avec son grand couteau ait d’excellentes raisons de vous tuer : peut-être avez-vous sali sa réputation ou volé quelque bien en sa possession ; peut-être que seriez-vous fondé à lui présenter des excuses, voire à renouer avec lui une amitié qui n’aurait jamais du être défaite. En attendant, il représente un danger et vous seriez bien inspiré de vous défendre.
Il importe de montrer à la Russie (et à la Chine, et aux USA et à tout le monde) que nous sommes prêts à les affronter si nécessaire. Alors ils nous respecterons et nous pourrons leur parler d’égal à égal. Nous en sommes loin.
À l’heure actuelle, l’hostilité, l’agressivité, sont loin d’être unilatérales. On ne peut pas raisonner sur cette base. La Russie, en effet nous cause divers préjudices. Ici et là. Mais nous sommes l’âme d’une coalition européenne qui lui inflige de lourdes sanctions, qui livre quantité d’armes à son adversaire, en Ukraine, qui agite contre elle, toutes sortes de menaces diverses.
J’avoue mon scepticisme, quant à notre capacité actuelle à, de surcroît, défendre nos intérêts partout où la Russie leur nuit.
Seraient nettement plus efficace, je crois, une action diplomatique visant à rétablir nos bonnes relations avec Moscou, et donc des négociations dans ce sens interdisant les atteintes aux intérêts des deux parties, partout où il s’en produit aujourd’hui.
Évidemment, cela constitue une politique d’indépendance discordante aussi bien à l’égard des États-Unis, que de l’union européenne.
Si cette politique n’est pas possible les actes d’hostilité réciproque, de toute évidence, ne pourront que se poursuivre.
Je n’ai jamais pensé qu’il n’y avait pas d’ennemi extérieur : je me suis posé la question de l’utilité de certaines armes.
Je vois mal la Chine ou l’Inde déferler de façon telle que nous devrions arrêter les assaillants avec des chars Leclerc dans la plaine d’Alsace…
Mais quel intérêt la Russie aurait elle d’aller au delà de la récupération des portions de territoires russes (dont la Crimée), pour le principal .
Territoire immense, et non surpeuplé (euphémisme), richesse agricole, richesse en matières premières, scientifiques de haut niveau, biens culturels phénoménaux, capacités industrielles correctes, population non infectée par le pacifisme, l’écologisme, le wokisme, la promotion des groupes marginaux.
En face , l’ UE prendrait-elle le risque d’affronter la brutalité Russe , son immensité, ses hivers ?
Et puis les soldats allemands : armée avec des syndicats ! La dame Leyen ayant été ministre des armées de la RFA (belle référence), armée surnommée « German Hair Force » par les E.U du temps de la « guerre froide » qu’en attendre : rien .
Pour la France, pauvres moyens financiers, et, voudrait elle réquisitionner des soldats qu’il faudrait aller les chercher avec des pistolets .
Nb , pour l’Ukraine, exemple de jeunes gens (vivant en France) et allant en Bulgarie pour rendre visite à leur mère ukrainienne, laquelle fait le déplacement, le fils étant en âge de pouvoir être réquisitionné…
Alors pour les citoyens d’Europe de l’Ouest qu’image t’on ?
Merci à JSF d’avoir bien voulu corriger les fautes malvenues .