

Même si, ici et là, la compétition met en jeu des « personnalités » (?) locales, c’est, en effet, sous l’empire des partis politiques nationaux et dans l’ombre de la présidentielle toute proche que se déroulent ces municipales. D’ailleurs largement éclipsées ces dernières semaines par la guerre proche-orientale et trumpienne, avec ses conséquences, petites ou grandes, dans la vie quotidienne — bien réelle, celle-là — et dans l’esprit, à juste titre inquiet, des Français.
On connaît les résultats du premier tour grâce à l’information à jet continu des grands médias ; ce n’est pas à nous de les donner ni de les commenter. Les prochains jours nous donneront à observer le jeu peu ragoutant des alliances, certes locales et dictées par les réalités électorales de terrain, mais aussi, et peut-être surtout, par les luttes des partis nationaux pour assurer leur puissance ou leur domination sur leur camp : de droite — où la « puissance » est limitée, une fois exclu le camp national — comme de gauche, où l’on tente désespérément de contenir la dynamique inentamée de LFI, alors que le PS est à l’état gazeux et les écolos en perte de vitesse.
En bref, la « démocratie » municipale, possible et saine en elle-même, se trouve pervertie, viciée, empêchée par le régime des partis au plan national, éminemment « républicain », régime des partis que la Ve République avait prétendu juguler et qu’elle a progressivement, pour ainsi dire, avalé, ou réinvesti.
Si l’on veut une analyse pertinente de la situation de ces municipales et des forces en compétition au lendemain du 1er tour, l’on pourra lire ci-dessous le bref billet de Guillaume Tabard, vieux routier et fin observateur de la politique politicienne, publié ce matin dans Le Figaro. L’état des lieux est juste, nous semble-t-il. La conclusion est « politicienne » : elle marque une préférence, une orientation, qui sera, sans doute, celle du Figaro, tendance anciennes générations ; elle célèbre la victoire (à venir) d’Édouard Philippe au Havre, préludant, bien sûr, à sa future candidature — et pourquoi pas à son succès — à la présidentielle de 2027. Ben voyons ! dirait Zemmour.
Il va de soi que nous ne partageons pas cette espérance. Qui est celle du sauvetage du Système que Macron a voulu incarner. Macron — et les puissants qui l’ont porté au pouvoir — deux fois, en 2017 et 2022. Cela suffit !. o ■ o JSF
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Face aux grandes orgues mélenchonistes
Par Guillaume Tabard.
Les grandes orgues du « front antifasciste » sont à nouveau de sortie. Jouées par les Insoumis, elles prétendent donner le ton de la campagne des municipales. Voilà longtemps que Jean-Luc Mélenchon prévient que « ça se jouera entre eux et nous » ; eux, le RN, et nous, LFI. D’ici à 2027, le chemin est encore très long. Et ce premier tour vient encore de confirmer que les électeurs aimaient chahuter les scénarios écrits d’avance.
Mais c’est un fait que La France insoumise et le Rassemblement national sont les deux vainqueurs de ce premier tour. Leurs scores sont parfois impressionnants. À Saint-Denis, à Roubaix, à Lille, à Toulouse, à Rennes pour les amis de Mélenchon. À Perpignan, à Marseille, à Toulon, et bien sûr à Nice, où Éric Ciotti est aux portes de la victoire, pour ceux de Jordan Bardella. La progression, en voix, est une satisfaction pour ces deux formations qui ont percé au niveau national mais qui peinaient toujours à exister localement.
Mais si, au premier tour, ce sont les voix qui pèsent, au second, seule la victoire compte. Et pour LFI comme pour le RN, les écharpes de maire décrochées seront peut-être significatives mais resteront symboliques. Il n’empêche, mélenchonistes et lepénistes seront au centre du débat. Et notamment durant ces trente-six heures d’ici au dépôt des listes de second tour, mardi.
Et c’est là que les grandes orgues Insoumises sont trompeuses. Et que la gauche et la droite ne peuvent pas être renvoyées dos à dos. On se souvient de la tactique LFI après la mort de Quentin Deranque : renverser l’accusation. La Jeune Garde, créée par l’un de ses députés et associée à leur parti, était impliquée dans ce lynchage ? Les Insoumis ont martelé que le péril était à l’extrême droite. À ces municipales, ni le RN ni LR n’envisagent la moindre alliance ou la moindre fusion, mais les chevaux légers de Mélenchon invoquent la menace d’une grande collusion de la droite et de l’extrême droite ; collusion fantasmée qui justifierait ce « front antifasciste ». Les contours de ce supposé « fascisme » sont larges, d’ailleurs, puisqu’ils englobent y compris Rachida Dati.
Il ne faut toutefois pas être dupe des trémolos républicains des Insoumis. Leur véritable souci n’est pas d’empêcher la droite ou le RN de gagner des villes, mais bel et bien de mettre le reste de la gauche dans l’embarras. Ils veulent contraindre les socialistes à se positionner par rapport à eux et à renoncer au « cordon sanitaire » que certain, comme Raphaël Glucksmann veut instaurer par rapport à eux. D’où la pression mise sur Emmanuel Grégoire à Paris ou sur Benoît Payan à Marseille. A priori, le PS maintient son refus de toute alliance avec LFI. Mais qu’en sera-t-il au cas par cas ? À Toulouse, par exemple, où seule une alliance peut faire basculer la ville ?
Dans ce premier tour, on aura finalement peu entendu le bloc central. Une de ses figures peut toutefois être soulagée : Édouard Philippe. Annoncé en difficulté, il est quasi assuré de conserver Le Havre. Et de pouvoir enfin lancer sa campagne présidentielle. Et tenter de démontrer qu’entre LFI et le RN, il n’y a pas rien. o ■ GT












Confirmant la présentation de JSF, je retrouve l’expression « les partis de gouvernement » dans l’éditorial de Bruno Jeudy, directeur de la Tribune Dimanche . Malgré leur débâcle et leurs échecs, les vieux partis et leurs thuriféraires prétendent regarder la France du haut de leur suffisance. Aveuglement plus ou moins conscient, méthode Coué, hypnotisme. Ils semblent conspirer à endormir la France profonde, la livrant ensommeillée à LFI et à l’UE. Comparaison n’est pas raison mais je pense fortement aux tribulation de Mme Pélicot, la Française la plus connue dans le monde en ce moment, en concurrence avec Mme Macron.
Plutôt que de philosopher sur les résultats, soyons concret. J’ai voté pour le maire de mon village, parce que c’est un ami, de plus il était seul candidat. Puis je n’ai pas écouté les jacasseries télévisées sur les résultats des villes dites urbaines. Suis je le seul?
La moitié des inscrits n’ont pas voté, pour ce qui leur est le plus abordable, c’est à dire le lieu de vie, la mairie, signe qu’ils sont détachés de la vie en commun.
Mon intuition: tout le monde s’en moque. C’est la vision de cette république des partis mafieux qui se meurt, doucement , entretenue, mais surement en voie de disparition, ce qui les rend méchants.
Un rêve, Et, si on rattachait la Provence à l’Italie? A l’OM on chante bien haut et fort » Paris on t’.. » en buvant un pastis. Demain nous allons payer le gas oil plus cher, alors qui est élu à Paris ou Lyon au Havre, est sans importance pour celui qui prend sa voiture pour aller au travail à Vitrolles ou à Pertuis.
Que fait on sur cette terre, doit on impérativement entretenir des prétentieux incapables qui nous contraignent et qui ont oubliés depuis longtemps les mots, liberté, égalité et fraternité. Mots qu’ils prétendent républicains et qui seraient le résultat des massacres de 1793.
Soyons au dessus et retrouvons la joie de vivre ensemble dans un royaume qui reconnait la morale et l’homme tel qu’il est.
On ne reconstruit pas la vie antérieure, mais on se sert de l’histoire pour créer l’avenir.