
Emmanuel Macron et Donald Trump (ici, lors du G7 à Évian en juin dernier) se sont entretenus à New York

L’OEIL DE BRUXELLES – L’Union européenne et les Philippines ont annoncé, mardi 22 septembre, être parvenus à un accord substantiel dans les négociations sur un accord de libre-échange. Cette annonce s’inscrit dans la stratégie de diversification commerciale menée par Bruxelles depuis plusieurs mois en Asie-Pacifique comme en Amérique latine.
Lundi 21 septembre, Emmanuel Macron et son homologue américain, Donald Trump, se sont rencontrés à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, une discussion d’environ une demi-heure qualifiée de « très constructive » par le président français [France info] qui « a proposé plusieurs initiatives à Donald Trump pour lutter contre l’envolée des prix du pétrole ».

Emmanuel Macron avait promis de « débattre en toute franchise« , soulignent Les Échos, alors que plus tôt dans la journée, le locataire de la Maison-Blanche avait exprimé « de la rancœur à l’égard du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, jugé en partie responsable de la flambée des prix du pétrole » [Le Monde].
Mais « Emmanuel Macron a indiqué que Trump s’était montré ‘très réceptif et [qu’ils avaient] pu aborder en détail les deux conflits’ d’Ukraine et du Moyen-Orient, ‘qui sont évidemment importants pour la paix dans le monde et pour notre sécurité, et qui ont un impact direct sur le pouvoir d’achat des Français’« , rapporte Le Figaro.
« Rouvrir Ormuz »
À la suite de son entretien avec le président américain, Emmanuel Macron a exprimé sa « volonté de rouvrir Ormuz« , par lequel transite 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures, et de « libérer des volumes« , rapporte La Libre. « Je veux des résultats« , a insisté le chef de l’État [Le Monde].
En effet, « le trafic à travers le détroit d’Ormuz reste nettement en dessous des niveaux d’avant-guerre, tandis que les avancées et les attaques des Houthis autour du détroit de Bab el-Mandeb ont ajouté une autre menace pour les routes pétrolières et maritimes commerciales« , détaille le Kyiv Post.

Pour contrer la hausse des prix du pétrole, le président français « aurait proposé plusieurs initiatives […], dont une résolution du conseil de sécurité de l’Onu visant à débloquer le détroit d’Ormuz, et une mission de protection des sites pétroliers saoudiens contre les attaques des rebelles Houthis » [Le Figaro]. La sécurisation du détroit pourrait ainsi être assurée par d’autres États, « afin de permettre à Washington et Téhéran de poursuivre leurs discussions sur les autres sujets de contentieux« , analyse La Libre.
Du côté de la mer Rouge, face au nouveau front ouvert par les rebelles Houthis, alliés de l’Iran, la France entend intervenir selon une « approche strictement défensive« , précise une source diplomatique citée par Le Monde. « Paris envisage ainsi de contribuer à la sécurisation d’infrastructures énergétiques saoudiennes […] tout en excluant toute participation au conflit armé avec les Houthis« , précise le quotidien français.
Dans un message publié sur X, Emmanuel Macron indique que Paris et Washington ont « décidé d’agir ensemble pour résorber les tensions sur les marchés de l’énergie, en protégeant les infrastructures critiques au Moyen-Orient et la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz » [Les Échos].
Un moratoire sur les frappes contre le secteur énergétique

Cet entretien a été l’occasion pour Emmanuel Macron de s’assurer du soutien de Donald Trump concernant la guerre en Ukraine, en insistant sur « la nécessité d’aider encore plus vite et plus fort nos amis ukrainiens en termes de [missiles] intercepteurs » [France info].
« La France et d’autres membres de la Coalition des volontaires ont fait pression pour des défenses aériennes plus fortes pour l’Ukraine, y compris des missiles intercepteurs supplémentaires » [Kyiv Post].
Le président français a également précisé qu’il avait, avec Donald Trump, « largement exploré les propositions d’un moratoire réciproque sur les frappes liées à l’énergie entre l’Ukraine et la Russie » [Kyiv Post]. « La sauvegarde de l’infrastructure ukrainienne d’électricité et de chauffage reste une priorité essentielle pour la sécurité européenne, à l’approche d’un hiver qui s’annonce difficile« , précise le média ukrainien.
« On voit bien qu’aujourd’hui il faut aider le système énergétique ukrainien et la situation dans toute la région », précise Emmanuel Macron, alors que son homologue américain avait estimé, plus tôt dans la journée, que la Russie avait « perdu le contrôle de son industrie du gazole en raison de sa guerre avec l’Ukraine« [France info].
Quelques heures après son entretien avec Donald Trump, le président Macron a également rencontré Volodymyr Zelensky. À cette occasion, le dirigeant ukrainien « a clairement indiqué que toute désescalade devait être réciproque » [Kyiv Post]. Une rencontre bilatérale avec le président américain est également programmée mardi 22 septembre. « Nous avons accepté de nous rencontrer à New York, et cette rencontre pourrait changer beaucoup. Il y a un élan diplomatique« , a indiqué Volodymyr Zelensky, rapporte le média ukrainien. ■ o J.-P. S.











