
Journal de l’année 14 de Jacques Bainville : Les notes sont quasiment quotidiennes jusqu’au 31 décembre. Sauf du 14 au 27 août à cause des contraintes de la guerre. Nous conseillons vivement de les lire au jour le jour, comme elles furent écrites. Sachons que notre situation française et européenne d’aujourd’hui découle largement des grands événements relatés ici !
« Les jeunes gens de 20 ans sont partis. Ceux de 19 ans sont appelés. »
La prise d’Anvers, que l’on pressentait depuis trois jours, est annoncée. D’autre part, on se bat entre Lille et Dunkerque ; l’autre mois, c’était Montmirail ; aujourd’hui, c’est la bataille des Dunes* qui recommence. L’histoire est brève !
Une légère inquiétude se manifeste de nouveau à Paris.
Et puis l’hiver approche et la guerre s’allonge. Les jeunes gens de 20 ans sont partis. Ceux de 19 ans sont appelés. L’argent commence à se faire rare. La souscription aux Bons du Trésor n’a produit que 265 millions : une misère pour la France. Et puis tant de maisons ont été détruites, tant de ruines ont frappé des familles entières ! Mme F… nous montrait des photographies prises à Revigny (dans la Meuse). Il n’y reste plus une maison entière. Dix départements peut-être sont ravagés à l’égal de la Meuse.
On pense au célèbre Daumier, après 1870, au paysan disant devant sa chaumière en ruine : « C’était pourtant pas pour ça que j’avions voté oui ! ». ■ JACQUES BAINVILLE
* La « bataille des Dunes », en juin 1658, donna les Flandres et Dunkerque à la France sur l’Espagne.

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