
« Le dégoût est le mot qui revient. Un sondage du Monde (9 février) montre que 78 % des sondés n’ont plus confiance en la politique. La même proportion se dit dégoûtée par l’affaire Epstein (Le Figaro, 13 février). Rien ne tient plus debout dans cette république ».
Par Ivan Rioufol.

Cet article est paru hier, 8 mars, dans Causeur, site ami auquel nous faisons souvent écho pour divers articles signés de bons auteurs. Ces réflexions d’Ivan Rioufol expriment surtout un dégoût, maints exemples récents à l’appui : la chute de Jack Lang, l’affaire Epstein en cours de dévoilement, l’assassinat de Quentin Deranque, les somptuaires magouilles de l’audiovisuel public, magistralement mises en lumière par la commission d’enquête parlementaire dont Charles Alloncle est l’homme fort, etc. Ivan Rioufol en conclut que « l’écroulement du régime peut intervenir à tout moment ». Ce qui est sûr, c’est que le vieil engouement républicain d’autrefois a fait long feu et que, si le régime venait en effet à s’écrouler, il ne trouverait que bien peu de défenseurs prêts à mourir pour lui. Les temps ont changé : le vent a tourné, il ne souffle plus dans le sens du républicanisme à la vie, à la mort, d’autrefois. o JE SUIS FRANÇAIS

L’écroulement du régime peut intervenir à tout moment. Après les médias d’État, d’autres citadelles de la gauche seront sommées de rendre des comptes. Jack Lang, tout un symbole, est déjà tombé.
Comme à ses plus belles heures, le vieux monde progressiste rameute ses pétitionnaires. Mais, cette fois, le camp du Bien se sait en danger de mort. Il a du sang sur les mains, avec le meurtre à Lyon, le 14 février, de Quentin Deranque, lynché par la milice « antifa » de LFI. Comment prendre encore au sérieux ces clercs aux idées tordues ? Jadis, il s’agissait pour les soixante-huitards de réclamer, dans Le Monde ou Libération, la dépénalisation des rapports sexuels entre adultes et enfants. Puis la gauche caviar sonna la diane contre le peuple oublié, assimilé à l’extrême droite qu’il fallait éradiquer. Cette fois, la pensée mondaine se retrouve, entre anciens combattants radoteurs, pour faire le procès du député (UDR) Charles Alloncle : le 10 février, 350 représentants du people (de Laure Adler à Laurent Joffrin en passant par Eva Joly) ont accusé, dans Le Monde, le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public de manquer de respect à France Télévisions, chasse gardée d’une intelligentsia réduite au rôle de garde-chiourme d’un système qui coule.
L’époque est un château de cartes. L’écroulement du régime peut intervenir à tout moment1. Outre les médias d’État sommés de rendre des comptes sur leurs pratiques devant des parlementaires, les citadelles de la gauche peuvent s’attendre aux mêmes assauts démocratiques, à commencer par l’Éducation antinationale et la Justice militante. Non seulement la « mondialisation heureuse » confirme sa fumisterie, mais son élite déracinée est bien cette caste claquemurée et arrogante dont les « complotistes » dénonçaient les abus de pouvoir et le mépris des gens. L’omerta mafieuse, qui a couvert les turpitudes du financier et pédocriminel américain Jeffrey Epstein, disqualifie cette oligarchie qui exhibe ses attirails vertueux au nez des infréquentables « populistes ». Ses larmes de crocodile sur la mort de Quentin ne font pas oublier sa détestation du patriote qu’il était. Le 20 février, l’appel de 180 personnalités à « réaffirmer notre antifascisme » a attisé la confrontation.
La chute de Jack Lang, qui a dû démissionner le 7 février de la présidence de l’Institut du monde arabe, symbolise la débâcle morale des donneurs de leçons. Le beau monde socialiste avait aussi choisi de taire les désinvoltures du pique-assiette de luxe et ses ardoises impayées. Lang et sa fille Caroline sont soupçonnés par le Parquet national financier de « blanchiment de fraude fiscale aggravée » à travers la création, avec Epstein, d’une société offshore dans un paradis fiscal des îles Vierges, pour commercer l’art contemporain. Mais la ligne de défense de la gauche à la ramasse désigne déjà la Russie ou les antisémites comme causes de ses déboires. Ces gens-là sont incapables de se remettre en question.
Le dégoût est le mot qui revient. Un sondage du Monde (9 février) montre que 78 % des sondés n’ont plus confiance en la politique. La même proportion se dit dégoûtée par l’affaire Epstein (Le Figaro, 13 février). Rien ne tient plus debout dans cette république coupée de ses citoyens les plus vulnérables. Le 7 juillet, Marine Le Pen saura si les juges d’appel lui laissent le champ libre pour 2027. Mais même ce couperet n’est plus supportable dans son principe. Ce vieux monde sent le sapin. Il est à fuir. o ■o IVAN RIOUFOL













Rioufol parle juste. Dans son texte, le mot important semble être « moral ». C’est l’immoralité d’une caste claquemurée et aveugle qui a précipité la chute de l’Ancien Régime. Un régime ne régit plus quand il s’abaisse ainsi. Nos « Grands » Rois furent, pour l’essentiel, des Rois humains et moraux. La République ne survivra qu’avec des dirigeants de ce calibre. Les Théocraties, Démocraties ou autres Empires, eux non plus, n’ échapperont pas à cette fatalité
Ce texte relève principalement de la rhétorique de décadence et de la dramatisation d’événements réels.
Il exprime un sentiment social réel de défiance mais en tire une conclusion exagérée sur l’écroulement imminent du régime.
Ce type de discours apparaît à chaque moment de transition historique.
La question n’est donc probablement pas , “la civilisation s’effondre-t-elle ?”, mais plutôt “quelle forme prendra la civilisation suivante ?”