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Par La rédaction de Front Populaire.
BREF COMMENTAIRE – La politique migratoire de la France n’est pas du ressort du peuple français mais de lois transcendantes non écrites dans notre Constitution parce que voulues par le Dieu ou les dieux de substitution de la religion droitsdel’hommiste, universelle, des lois qui fondent un homme, un monde, un impératif nouveaux. Le peuple français, ni aucun autre, n’a le droit ni le pouvoir de s’y opposer. C’est, en somme, ce que croit et ce qu’impose la caste dirigeante, médiocrement cultivée, cosmopolite, hors sol et hors Histoire, qui s’est emparée du pouvoir de nous diriger et qui, pour faire face aux vents hostiles qui se sont levés et s’enflent encore, veut le conserver par tout moyen. Une épreuve de force ne peut manquer de se produire à terme de plus en plus court, semble-t-il, et il n’y a pas à s’étonner que ces gens-là se durcissent, se radicalisent, jusqu’au jour où les vents hostiles, et plus encore le choc des réalités, viendront les balayer. o Je Suis Français.
ARTICLE. Pour la présidente de l’Assemblée nationale, l’idée de préférence nationale assortie à un référendum sur l’immigration serait « en dehors du champs républicain »… car anti-républicaine et non prévue par la Constitution. Un peu de ménage dans cette confusion s’impose.

Yaël Braun-Pivet a-t-elle séché quelques cours de science politique lorsqu’elle était à la fac ? Invitée sur BFM TV ce lundi 23 mars pour commenter les résultats des élections municipales, la présidente de l’Assemblée nationale a été interrogée sur la question de savoir si le Rassemblement national faisait ou non partie du fameux « champ républicain ». Sa réponse était claire : c’est non. Son argumentaire en revanche, était un peu moins limpide : « Quand on regarde le programme du Rassemblement national, notamment ce fameux référendum sur l’immigration », pointe la députée des Yvelines, « il propose quelque chose qui est complètement en dehors du champ républicain, puisqu’il propose une politique de préférence nationale, qui est complètement contraire à nos valeurs, à notre histoire ».
La préférence nationale, c’est-à-dire l’idée qu’un certain nombre de droits politiques, économiques ou sociaux devraient être réservés, sinon exclusivement, au moins prioritairement, aux nationaux, serait donc contraire à l’histoire de la République française ? Vraiment ? Si Yaël Braun-Pivet avait lu le 18e numéro de Front Populaire, Dissolution du peuple – La démocratie confisquée, elle saurait que le concept – aujourd’hui rebaptisé « priorité nationale » par le RN – et essentiellement revendiqué à la droite de l’échiquier, est bien issu de la gauche républicaine. Ce sont des républicains et les socialistes comme Alexandre Millerand ou Édouard Daladier qui, sous la Troisième République, restreignent drastiquement le travail des étrangers. Des dispositions adoptées à l’époque dans un « quasi-consensus », relate l’historien Gérard Noiriel (pourtant bien peu suspect d’accointances avec l’extrême droite) dans son tract Préférence nationale (éd. Gallimard, coll. Tracts, 2024). Ce n’est qu’à partir de l’après Seconde Guerre mondiale que le « principe d’égalité » entre nationaux et étrangers s’impose, au nom de l’universalisme, avant d’être gravé dans le marbre constitutionnel à la fin des années 1980. Et le dernier gouvernement à s’être cassé les dents sur ledit principe n’est autre que celui d’Elisabeth Borne, dont la loi « asile et immigration » a été retoquée par le Conseil constitutionnel. Mais il ne viendrait pas à l’esprit de Yaël Braun Pivet que sa formation politique pourrait être « en dehors du champ républicain ».
Argument fallacieux
Quant à « ce fameux référendum sur l’immigration », dont l’idée portée par le Rassemblement national et relancée par une pétition de Philippe de Villiers en septembre 2025, l’occupante du perchoir de l’Assemblée affirme qu’il serait anticonstitutionnel. « Et ils le savent bien parce que sur la forme, ils veulent modifier la Constitution en passant par un chemin détourné », accuse Yaël Braun-Pivet. En pratique, l’élue macroniste a raison. L’article 11 de la Constitution restreint la portée du référendum législatif à un champ restreint : l’organisation des pouvoirs publics, des réformes économiques, sociales ou environnementales, ou la ratification d’un traité. Sauf à convaincre les juges du Conseil constitutionnel que l’immigration s’inscrit dans ce cadre, il n’y a pratiquement aucune chance qu’un référendum sur le sujet puisse être proposé aux Français, en l’état actuel des choses. La seule possibilité – réaliste ou non, c’est une autre question – est donc bien de modifier l’article 11 de la Constitution en passant par l’article 89, pour y intégrer explicitement l’immigration comme susceptible de faire l’objet d’un référendum.
Sauf à considérer qu’invoquer l’article 89 pour réviser la Constitution nous exclut de facto du champ républicain, cet argument de Yaël Braun-Pivet est fallacieux. Sinon, que penser des 25 révisions constitutionnelles effectuées sous la Ve République, dont la dernière (la constitutionnalisation du droit à l’avortement en mars 2024) est l’œuvre d’Emmanuel Macron ? Le président de la République lui-même avait d’ailleurs soumis – sincèrement ou non, chacun jugera – l’idée d’une modification de l’article 11 de la Constitution, afin d’élargir les sujets sur lesquels les Français pouvaient être consultés, avant de se raviser faute de consensus politique.
Le consensus populaire, quant à lui, est on ne peut plus clair. D’après un sondage IFOP publié le 17 octobre 2024, 79% (+4 points par rapport à 2023) des Français sont favorables à l’idée d’un référendum sur la politique migratoire en France. Les électeurs macronistes sont 76% à le réclamer (+12 points en un an) et les sympathisants de gauche, 65%. Il ne reste décidément plus beaucoup de monde dans le « champ républicain » de Yaël Braun-Pivet. o ■o F.P.
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