
Par Renaud Camus.
Renaud Camus est l’un des rares qui sache encore écrire. Comme en plus il sait aussi penser, il n’est pas étonnant qu’il soit considéré comme un grand risque pour le Système. Il a ses lubies mais quel styliste et quel lutteur ! JSF

Est-ce que les nazis étaient pareils ? Étaient-ils habités de la même sincère (enfin, je suppose…) indignation morale que nos remplacistes aujourd’hui et que leur Bloc Génocidaire à l’idée qu’on puisse être, crime épouvantable, opposé au génocide qu’ils perpétraient, et qu’on puisse, audace inouïe, lever le petit doigt pour s’y opposer, ou pour essayer de le retarder un peu ?

J’y pensais ce matin en entendant Guillaume Erner, aux “Matins de France Culture”, essayer d’extorquer de Kamel Daoud, qui s’en défendait vaillamment, une ferme condamnation de Boualem Sansal qui s’était, rendez-vous compte !, laissé photographier avec Philippe de Villiers (Philippe de Villiers !) pour Le Journal du dimanche. Mais enfin, Philippe de Villiers, Le Journal du dimanche, est-ce que tout ça ce ,’est pas l’extrême droite ? (On se souvient que extrême droite est le nom dont se sert le Bloc Génocidaire pour le moindre soupçon d’opposition au génocide par Grand Remplacement des Européens). Pas étonnant au fond que la France soit si faible et servile vis-à-vis de l’Algérie — elles sont dans le même camp, à défaut d’être du même côté du même camp : celui du remplacisme global génocidaire. Les écrivains octogénaires et cancéreux que la dictature algérienne emprisonne, la France remplaciste de France Culture est tout à fait prête à réclamer leur mort civile et la condamnation unanime de leurs confrères (qu’elle obtiendra, tel qu’on connaît la belle solidarité du Bloc Génocidaire). Daoud s’est dérobé à ce procès : grâces lui en soient rendues. ■ o RENAUD CAMUS
24 avril 2026











