
il s’agit de proposer des modèles, d’inciter à l’action.
Par Richard de Seze.
Les frères Guillebon regrettent que la génération de La Manif Pour Tous ait échoué, « draguée et récupérée par les médias de la droite profonde » qui a dénaturé la charité universelle en intérêt national.

ls vont alors chercher les prophètes sans armes qui ont su, au XXe siècle, s’opposer au capital et à la guerre.
On peut ne pas suivre les auteurs dans leur analyse initiale, mais on sera intrigué et parfois passionné par la collection de pacifistes radicaux qu’ils ont réunis dans leur livre, insistant d’ailleurs sur le caractère chrétien de tous, même Gandhi, élevé dans l’empire britannique et demeuré hindou par pur nationalisme.
Grâce à eux, on redécouvre Martin Luther King et Desmond Tutu, accolés aux résistants allemands de la Rose blanche et à Simone Weil.
Les biographies sont courtes, une vingtaine de pages à chaque fois, partiales, mais c’est assumé, et militantes : il s’agit de proposer des modèles, d’inciter à l’action.
On aimera le bon conseil de Daniel Berrigan, jésuite américain qui tint en échec des années durant le FBI : « commencez par l’impossible, continuez calmement vers l’improbable. Ne vous troublez pas, il y a toujours au moins cinq sorties possibles. » Il fut quand même, attrapé, jugé, emprisonné puis libéré, ce qui lui permit, après avoir lutté contre la guerre du Vietnam en détruisant les formulaires d’enrôlement, de se lancer contre l’arme atomique et pour la paix en Irlande, entre autres causes. Sa vie est un roman, celle de son frère aussi, et bondissant de Tolstoï en Tutu et de Gandhi à Sophie Scholl, on se prend à penser qu’après tout, c’est vrai, il suffit de commencer par l’impossible.o ■o RICHARD DE SEZE
Article précédemment paru dans Politique magazine.














Je ne suis pas sûr que le mouvement de la « Rose Blanche » avec Sophie Scholl, son frère et leurs amis puisse être rangé dans le pacifisme intégral. C’était avant tout des combattants. Ils luttaient contre un régime insane qui défigurait leur pays dont ils voulaient sauver l’âme.. Dans leurs tracts, ils dénonçaient aussi , un régime « assassin de masse, » , appelant un chat un chat, mais ils réclamaient aussi le sabotage intégral de l’effort de guerre par tous les moyens qu’on puisse trouver, et Sophie Scholl , Antigone moderne par ailleurs , ne se gênait pas pour dire à ses amis que si elle disposait d’un revolver elle ne se gênerait pas pour en user contre qui de droit; Ils avaient même pris sur la fin contact avec l’orchestre rouge. Par leur dignité inébranlable lors de leur procès, qui était un farce, ils ont probablement inspiré Claus von Stauffenberg, qui a dû en prendre connaissance par ses relations. et aurait dit » quoi cette frêle jeune fille ( Sophie) a défié ce régime et moi qu’est ce que j’ai fait. » ( Son complot a échoué un an après ) ..En réveillant en prenant tous les risques, et jusqu’au martyre , la conscience de leurs compatriotes , les membres de « la Rose Blanche » réveillent la nôtre aujourd’hui, pour notre liberté( celle d’agir) et notre vocation. Eux aussi sont très actuels