
À l’issue de leurs échanges, la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni et le président français Emmanuel Macron ont tenu une conférence de presse

L’OEIL DE BRUXELLES – Les 7 et 8 juillet, les dirigeants des pays membres de l’Otan se réunissent à Ankara pour le sommet annuel de l’Alliance. Au programme : soutien à l’Ukraine, réarmement massif des Européens mais aussi gestion de l’imprévisibilité du président américain Donald Trump.
« L’Italie et la France sont des partenaires indispensables », titre Quotidiano Nazionale. « Le premier entretien bilatéral officiel entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni était attendu depuis quatre ans, tout comme le premier sommet intergouvernemental entre l’Italie et la France depuis le traité conclu en 2021, qui renforçait la coopération bilatérale traditionnelle », rappelle Euronews.
De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui sera également présent, entend « rappeler à ses alliés à quel point il a besoin de défenses aériennes [et que la Russie constitue une réelle menace] » [RFI]. Une demande d’autant plus pressante que Moscou a lancé, le week-end dernier, une attaque massive contre l’Ukraine.
Le sommet s’annonce aussi marqué par l’incertitude américaine, et par la volonté des alliés d’afficher leur unité. Il constitue, selon le ministre turc de la Défense, « un tournant important qui démontrera la détermination de l’Otan à s’adapter à l’évolution de l’environnement sécuritaire et façonnera son orientation stratégique future » [TRT].
La guerre en Ukraine, au cœur des discussions
Ce mardi, Volodymyr Zelensky est arrivé à Ankara avec l’espoir que ce sommet « ne sera pas vain« , relèvent Les Echos.
Sa visite intervient alors que l’Ukraine affirme sa volonté de répondre avec fermeté aux frappes russes. « Au lendemain de bombardements russes particulièrement intenses […] l’Ukraine a lancé une nouvelle vaste attaque aérienne dans la nuit de lundi à mardi » , rappellent Les Echos.
Le sommet doit permettre d’annoncer de nouvelles aides à Kiev. « L’Otan doit s’assurer que l’Ukraine reçoit ce dont elle a besoin, a estimé le secrétaire général de l’Alliance atlantique à la veille de son sommet à Ankara » [BFM TV]. À l’issue de ce rendez-vous, le président ukrainien devrait « repartir avec un nouvel engagement financier de 70 milliards d’euros pour cette année, et 70 milliards d’euros supplémentaires pour 2027, comme le prévoit la déclaration d’une page du sommet« , indique Euractiv.
Par ailleurs, si cette même déclaration « ne fera une nouvelle fois aucune référence au ‘parcours irréversible’ de l’Ukraine vers l’adhésion – une formulation qui ne figurait que dans la déclaration de Washington signée sous l’administration Biden -, Kiev pourrait obtenir une autre reconnaissance significative dans le texte officiel« , poursuit le média. L’Ukraine « serait [alors] reconnue non seulement comme bénéficiaire de la sécurité de l’Otan, mais aussi comme ‘contributeur’« .
Réarmement massif et retrait progressif des États-Unis
Outre le dossier ukrainien, « ce millésime 2026 devrait s’articuler autour de deux thèmes phares : l’achat d’armement et le désengagement américain dans la défense européenne« , résume Libération.
« Les dirigeants européens de l’Alliance atlantique veulent démontrer qu’ils peuvent augmenter leurs capacités de défense pour parer à toute attaque« . Car, « si des efforts sont désormais engagés, les Européens peinent toujours à les mener de concert » [Le Monde] et « craignent de ne plus pouvoir compter sur le parapluie américain en cas d’attaque de la Russie » [Le Dauphiné Libéré].
« L’an dernier, Donald Trump, qui réclame comme ses prédécesseurs un réel ‘partage du fardeau’, avait fait planer la menace d’un départ immédiat des quelque 100 000 soldats américains présents sur le Vieux Continent, ce qui aurait laissé les 450 millions d’Européens sous-équipés et désorganisés face à une Russie de plus en plus belliqueuse« , rappelle Libération. « Il y a tout juste un an, à La Haye, les membres de l’Alliance atlantique décidaient de la plus importante augmentation de leurs dépenses militaires depuis des décennies« , rappelle Contexte. Sous pression, « les membres de l’Alliance se sont engagés [en un an] à dépenser près de 120 milliards de dollars« , noteL’Express.
La veille du sommet, lors d’une conférence de presse dans la capitale turque, Mark Rutte a promis « de nouveaux contrats de plusieurs dizaines de milliards de dollars qui permettront de [se] doter des équipements essentiels à la dissuasion et à la défense » [BFM TV].
Encore des lacunes, le président turc au « centre du jeu »
« Tous les dirigeants, dont Donald Trump, devraient réaffirmer leur ‘engagement inébranlable’ en faveur de la défense collective au titre de l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord« , indiquent Les Echos, qui ont consulté le projet de déclaration finale approuvé vendredi par les 32 ambassadeurs auprès de l’Otan. « Les Européens, sous pression américaine, vont détailler leurs investissements massifs dans la défense« , précise le quotidien économique.
Les armées européennes restent confrontées à plusieurs lacunes : munitions, défense aérienne, frappes de longue portée et logistique. Dans cette perspective, l’Ukraine apparaît comme un partenaire industriel prometteur pour accélérer le réarmement européen, en particulier dans les drones et les missiles.
Ankara entend aussi tirer parti de ce sommet. « Trop content d’être au centre du jeu, le président Erdogan va mettre les petits plats dans les grands avec un somptueux dîner prévu le 7 juillet au soir, à l’issue d’une journée consacrée à l’industrie de défense, au cours de laquelle un grand nombre de contrats, joint-ventures ou investissements devraient être dévoilés et plaire au président Trump » [Les Echos].
« La déclaration commune devrait être publiée dès mercredi matin, marquant la fin d’un sommet espéré aussi court que possible pour éviter un nouveau coup de canif de Donald Trump dans le dos de la plus grande alliance défensive de l’histoire« , conclut Libération. ■ o J.-P. S.











