
À compter du 1er juillet 2026, les petits colis extra-européens seront taxés à hauteur de 3 euros

L’OEIL DE BRUXELLES – Alors que des droits de douane européens de 3 euros seront imposés aux petits colis extra-européens à compter du 1er juillet, la France annonce suspendre la taxation qu’elle avait mis en place depuis le 1er mars.
« La France rentre dans le rang » [Les Echos], « changeant ainsi son fusil d’épaule » [Libération]. Mardi 30 juin, le gouvernement français a annoncé suspendre à partir du 1er juillet la taxe française de 2 euros imposée aux petits colis extra-européens.

Cette taxe, qui vise particulièrement les géants asiatiques tels que Shein, Temu ou AliExpress, devait être additionnée au droit de douane européen de 3 euros, dont l’entrée en vigueur est prévue le même jour. Elle sera finalement remplacée par cette dernière, harmonisant les règles pour l’ensemble du marché unique.
L’uniformité de la taxe à l’échelle de l’UE évitera notamment aux plateformes extra-européennes de contourner les droits de douane en passant par des pays tiers, comme c’est majoritairement le cas depuis l’instauration de la taxe française, le 1er mars dernier.
Cette taxe « sera due pour chaque type d’articles, quel que soit leur nombre : si un colis comprend par exemple un t-shirt et une paire de chaussures, il faudra la payer deux fois« , rapporte France 24. « Si le paquet comprend 5, 10 ou même 15 t-shirts, et aucun autre type d’articles, elle ne sera prélevée qu’une fois. Cette bizarrerie administrative est liée à la façon dont les droits de douane sont calculés au sein de l’UE. »
S’aligner sur le marché européen
« Au 1er mars, la France a mis en place une taxe de 2 euros par catégorie d’articles achetés sur les plateformes d’e-commerce extra-européennes pour freiner l’afflux de ‘colis’, de moins de 150 euros, en provenance de Chine« , rappelle Le Monde.

Initialement, cette mesure devait se cumuler, dès le 1er juillet, avec le droit de douane européen de 3 euros par type d’article commandé, portant le total de taxation à 5 euros pour la France, contre 3 euros pour le reste des pays de l’Union européenne.
Le 30 juin, le gouvernement français a finalement annoncé revenir sur cette mesure : « comme nous sommes dans un marché unique, que nous travaillons avec nos partenaires européens, il ne se justifie plus de garder uniquement notre taxe [sur les] colis en plus du nouveau droit de douane de 3 euros », a expliqué à l’AFP le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin [Le Monde].
L’Italie, qui avait également imposé une taxation de 2 euros sur les petits colis depuis le 1er janvier 2026, a, le 22 juin, décidé de reporter le cumul des taxes au 1er octobre en raison de l’entrée en vigueur de la taxation européenne. Là aussi, cette mesure « servira à éviter le chevauchement des deux taxes qui auraient été déclenchées« , rapporte le média italien Il Post.
Harmoniser : la clé face au contournement
Les décisions française et italienne se justifient également par le faible impact de cette taxe depuis que les plateformes de e-commerce ont trouvé le moyen de la contourner en expédiant par avion les marchandises dans d’autres pays européens, puis en les acheminant par la route jusque dans le pays concerné.

Dans l’Hexagone, cette stratégie provoque « un ‘déport de volume’ de ‘l’ordre de 90 % depuis le 1er mars’, avait estimé à la mi-mai le directeur général des douanes, Florian Colas, évaluant le rendement de la taxe à 2,3 millions par mois, loin des 400 millions d’euros prévus sur l’année par le budget 2026 » [France Info].
Face aux intérêts français ébranlés, Shein avait rappelé que « dans le respect du droit de l’Union européenne, une fois les marchandises légalement importées et mises en libre circulation, elles peuvent circuler au sein de l’Union européenne » [BFM Business]. D’où la nécessité d’une harmonisation douanière au sein des Vingt-Sept.
Une suspension « tactique » par une France « pionnière ».
Selon le ministre du Commerce, Serge Papin, la suspension « éphémère » de la taxe française est d’ordre « tactique » pour « laisser s’installer la taxe européenne » et ne pas léser la France face à ses autres voisins européens à partir de juillet (la taxation d’un colis bénéficie au pays dans lequel arrive ce dernier) [TF1 Info].

« La taxe est temporaire […] et mise en place jusqu’à une refonte en profondeur du système douanier européen, prévue dans deux ans. Par ailleurs, elle sera complétée à partir de novembre par des ‘frais de traitement’, qui aideront à financer les services douaniers. Le montant n’a pas encore été fixé mais pourrait s’élever à deux euros par colis. » [France 24]
Alors que la taxation des petits colis anticipée par la France entre mars et juillet n’a pas produit le résultat prévu par le budget 2026, le cabinet du ministre du Commerce parle toutefois d’une France « pionnière » en termes de taxation des petits colis. Serge Papin estime lui que « nous avons obtenu gain de cause » car « notre objectif était […] de pousser l’Europe à prendre des mesures« [France Info]. ■ o J.-P. S.











