
À Metz, le discours du pape Léon XIV sur les racines de l’Europe propose une réflexion profonde sur le destin du continent.
Cet intéressant entretien est paru sur Atlantico le 29 septembre 2026. Jean-Baptiste Noé l’a signalé sur sa page Facebook, présenté par Laurent Sailly. Notre opposition radicale à l’U.E. n’en est évidemment pas modifiée. Justement, nous notons que l’Église distingue cette dernière de l’Europe de fondation chrétienne. Elle l’a fait doublement à Metz, d’abord lors de l’introduction du cardinal Aveline, ensuite par le pape lui-même. Et que l’Église entende aujourd’hui réveiller l’Europe catholique à travers ses nations – comme le Saint-Père l’a entrepris, nous semble politiquement d’un intérêt majeur. Quant à l’hommage rendu aux « pères fondateurs », nous ne nous y associons pas : leur erreur fut, selon nous, de prétendre fonder l’unité européenne sur l’économique d’abord. — Je Suis Français
Le mot de Laurent Sailly
Le discours du pape Léon XIV à Metz réaffirme les racines chrétiennes de l’Europe et propose un équilibre entre accueil des migrants et préservation de l’identité civilisationnelle.
Le père @Bernard Bourdin, dominicain et professeur de philosophie politique à l’Institut catholique de Paris, souligne la nuance du pape : devoir d’accueil, mais aussi responsabilité des pays d’origine et lutte contre les trafiquants . Il rappelle que le dialogue n’implique jamais la dissolution de soi, s’appuyant sur Paul Ricœur.
Jean-Baptiste Noé, docteur en histoire et directeur du master “Géopolitique, sécurité et défense”, insiste sur le rôle du dialogue pour révéler l’identité européenne et sur l’héritage chrétien transmis par Schuman, Adenauer et De Gasperi.
Tous deux montrent que Léon XIV distingue l’Europe civilisationnelle de l’Union européenne et défend une vision fondée sur la personne, la nation et la paix.
Entretien avec Jean-Baptiste Noé et Bernard Bourdin
Ce qu’il faut en retenir :
Inflexion sur l’accueil et le réalisme migratoire : Tout en rappelant le devoir d’accueil, Léon XIV distingue de son prédécesseur en insistant sur la responsabilité des pays d’origine, la lutte contre les réseaux de passeurs et le respect de l’identité civilisationnelle des nations d’accueil.
Héritage chrétien et primat de la personne : Le pape rappelle la dette de l’Europe envers le christianisme — de la primo-racine bénédictine à la démocratie chrétienne d’après-guerre — pour fonder la dignité humaine, la fraternité et le modèle des nations face au risque d’une dérive supranationale technocratique.
Le dialogue comme affirmation de soi : Dans la vision pontificale, s’ouvrir à l’autre ne signifie pas dissoudre son identité mais la révéler : la conscience claire de ses propres racines historiques et spirituelles est le préalable indispensable à tout échange authentique et à la quête de la vérité.
Distinguer l’Europe civilisationnelle de l’UE : En choisissant Metz plutôt que Strasbourg ou Bruxelles, le pape s’adresse à l’Europe de l’histoire et de la culture. Son propos se démarque de la posture politique séculière en ancrant les principes de laïcité et de coopération dans une anthropologie et un sens du bien commun.
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Atlantico : Dans son discours à Metz, le pape Léon XIV appelle au dialogue avec l’autre tout en réaffirmant l’identité européenne. Comment s’articule cet équilibre entre l’accueil des migrants et le refus de nier ce que nous sommes ?
Bernard Bourdin : Chez Léon XIV, il y a un souci constant d’équilibre. S’il s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur, son discours est beaucoup plus nuancé. L’orientation de ses visites apostoliques en témoigne déjà : alors que François évitait les nations européennes, Léon XIV choisit de s’y rendre. Il existe ainsi une tension féconde entre ses déplacements et son propos.
Sur la question migratoire, il réaffirme l’impératif évangélique de protection de la personne humaine, tout en introduisant des nuances d’envergure qui étaient absentes du discours du pape François. Lors de son déplacement en Espagne, il a explicitement souligné la responsabilité des pays d’origine pour éviter les vagues migratoires massives. Aujourd’hui, il met en avant la nécessité de combattre les trafiquants d’êtres humains.
Surtout, pour Léon XIV, le devoir d’accueil ne doit pas entraîner la négation de ce que nous sommes sur le plan civilisationnel. Il s’appuie sur la pensée de Paul Ricœur pour rappeler que le dialogue n’affaiblit pas l’identité, mais qu’il l’exprime au contraire dans sa simplicité et sa vérité lorsqu’on s’ouvre à la différence de l’autre.
Jean-Baptiste Noé : Comme le disait le cardinal français Jean-Louis Tauran, nous sommes condamnés au dialogue. Nous n’avons pas le choix : nous sommes bien obligés de dialoguer avec les autres, avec ceux qui ne pensent pas comme nous, avec ceux qui sont issus d’autres cultures ou d’autres religions. Le dialogue n’est donc pas une option, c’est une nécessité, et même une évidence. L’autre, d’ailleurs, n’est pas uniquement le migrant : ce sont aussi toutes les personnes qui ne sont pas chrétiennes ou catholiques. Pour un Européen, l’autre, c’est le monde asiatique, c’est le monde moyen-oriental.
Or c’est justement dans le dialogue avec l’autre que l’on découvre nos différences, que l’on mesure les divergences qui peuvent exister, et que l’on parvient ainsi à mieux savoir qui nous sommes. Le dialogue ne va pas affaiblir notre identité, il va au contraire l’affirmer : en dialoguant avec l’autre, nous voyons bien ce que nous sommes en tant qu’être, ce qu’est l’autre, et donc ce qui fait le propre de notre identité.
Quant à la question migratoire, on note effectivement une véritable inflexion. Léon XIV a régulièrement évoqué le rôle dramatique des mafias et des criminels qui exploitent les migrants, mais aussi la nécessité du travail dans les pays d’accueil. Il se situe dans une vision beaucoup plus réaliste de ce que sont les drames migratoires aujourd’hui.
Atlantico : En citant Alcide De Gasperi, Léon XIV évoque un « héritage commun » que tous les gouvernants et habitants du vieux continent devraient pouvoir assumer. Il parle aussi d’une « dette de la culture européenne envers le christianisme », de quoi s’agit-il précisément ?
Jean-Baptiste Noé : Il a prononcé ce discours à Metz, la ville de Robert Schuman, aux côtés de Konrad Adenauer et d’Alcide De Gasperi. Tous trois font partie de ce qu’on a surnommé l’Europe violette, cette démocratie chrétienne qui a joué un rôle essentiel dans la réconciliation du continent après les guerres mondiales et dans la construction européenne. De Gasperi, Adenauer et Schuman sont tous les trois imprégnés de christianisme. Ils ont une vision qu’on pourrait dire carolingienne de l’Europe, avec cet axe médian autour du Rhin, une Europe qui va de la mer du Nord jusqu’à Milan et Ravenne — une Europe carolingienne au sens propre.
Il y a effectivement une dette, parce que ce sont les chrétiens qui ont pensé l’Europe. La construction européenne est issue d’une volonté de fraternité et de l’idée qu’il ne peut pas y avoir de guerre entre chrétiens. La guerre entre chrétiens, c’est quelque chose de dramatique, quelque chose qui ne peut pas exister. D’où la nécessité de bâtir une Europe qui évite ce type de guerre.
Atlantico : Pour dialoguer sans se dissoudre, encore faut-il savoir d’où l’on vient. En invoquant saint Benoît comme fondateur de l’Europe, le pape cherche-t-il à rappeler le socle identitaire et civilisationnel indispensable à tout échange ?
Bernard Bourdin : Saint-Benoît est présenté comme la « primo-racine » de l’Europe. Sans Saint-Benoît et le monachisme — vecteur fondamental de diffusion de la culture et de la civilisation chrétiennes —, La vision chrétienne de l’Europe défendue par Robert Schuman est inséparable de cette primo-racine. Les monastères bénédictins incarnent le foyer spirituel et culturel à partir duquel s’est structurée la future Europe chrétienne, comme l’avait déjà rappelé Benoit XVI, en 2008, dans son discours au Collège des Bernardins.
Cependant, Léon XIV rappelle aussi que l’Europe reste une réalité complexe à définir. Elle est faite d’héritages — la Grèce, Rome, le christianisme —, mais aussi d’espaces géopolitiques distincts. En insistant sur l’Europe germanique et l’Europe slave », Léon XIV pense très probablement au conflit entre la Russie et l’Ukraine. Il envisage l’Europe comme une civilisation et une culture commune bien plus que comme un simple continent.
Comme le soulignait l’historien Jacques Le Goff, la notion même d’« Europe » est un concept moderne apparu au siècle, au moment où le continent commençait à se séculariser. Au Moyen Âge, on ne parlait pas d’Europe, mais de Chrétienté. Cette distinction historique explique en partie les ambiguïtés structurelles entre le discours de l’Église et celui des dirigeants politiques contemporains.
Jean-Baptiste Noé : Saint Benoît a en effet joué un rôle essentiel, notamment par le développement du monachisme. Le monachisme n’est pas né en Europe : il est né en Égypte, et il existe tout un courant de monachisme oriental et asiatique, donc en dehors de l’Europe. Mais il est vrai que saint Benoît en a été la souche-mère, pourrait-on dire, parce que les monastères ont contribué à recevoir la culture scientifique de l’Antiquité, puis à la diffuser.
Les monastères ont été des lieux culturels, mais aussi des lieux économiques importants, qui ont tenu le continent européen durant la transition douloureuse entre l’Antiquité et l’époque médiévale. Il y a là un héritage fondamental. Les monastères ont aussi été à l’origine du retour à l’éducation, qui a donné ensuite les grandes universités. On est ainsi passé d’un monde rural — les monastères sont généralement à la campagne — à un monde urbain. Cet héritage est essentiel, comme on le voit notamment à travers le vin, puisque l’Europe est bien la civilisation du vin : les grands vignobles que nous avons aujourd’hui en France sont tous issus du monde catholique, et notamment des monastères.
Atlantico : Peut-on défendre l’identité européenne sans sombrer dans le supranationalisme ? Comment le pape distingue-t-il l’Europe des nations, ancrée dans ses racines, des structures de l’Union européenne ?
Bernard Bourdin : L’ambiguïté n’est pas intentionnelle, elle découle du rapport des Européens à leur histoire. Pour les chefs d’État moderne d’aujourd’hui les héritages chrétiens sont souvent un peu la « chouette de Minerve » : un héritage patrimonial auquel on rend hommage, mais qui n’innerve plus la décision politique au quotidien.
Le titre de la conférence prononcée par le pape à Metz, « Aux racines de l’Europe », était à ce titre vertigineux. Il faut bien distinguer trois réalités : la Chrétienté historique, l’Europe civilisationnelle et l’actuelle Union européenne.
Dans l’esprit d’un chef d’État comme Emmanuel Macron, parler de l’Europe se confond avec sa prolongation dans l’Union européenne. Je note aussi que chez Léon XIV, le terme « Union européenne » est d’une extrême rareté — à peine deux occurrences dans tout son discours — et n’apparaît qu’en référence à Robert Schuman ou Alcide De Gasperi. Le cardinal Aveline a de son côté cité le général de Gaulle et Konrad Adenauer. Or, De Gaulle pensait l’Europe en termes de confédération (l’UEO) et non de fédéralisme.
Par prudence politique et hauteur spirituelle, Léon XIV s’est bien gardé de « mettre la main dans la prise » : il n’a porté aucun jugement sur les modalités institutionnelles de la construction européenne et n’a donné aucune caution aux thèses fédéralistes des « États-Unis d’Europe ». Il s’est borné à saluer la quête de paix après les tragédies du nazisme et du communisme. Il a d’ailleurs rappelé une formule essentielle : ce sont les souverainetés nationales qui rendent possible le droit international.
Jean-Baptiste Noé : La distinction est très claire, et le choix du lieu est à cet égard très important. Pour parler d’Europe, Léon XIV aurait pu se rendre à Strasbourg, siège même des institutions, ou à Bruxelles. Là, il aurait parlé d’Europe, mais d’une Europe un peu grise, technocratique et froide. Il a choisi un autre lieu : Metz, et sa cathédrale. Il a donc choisi une Europe inscrite dans une ville historique et humaine, avec des populations qui ont souffert, et avec le rôle d’hommes comme Robert Schuman. Par le lieu même de son discours, il a bien montré que, pour lui, l’Europe n’était pas celle de Strasbourg, mais celle de Metz : l’Europe de l’histoire et de la culture.
Sur la question du supranationalisme, elle est inscrite dans la doctrine sociale de l’Église, une doctrine sociale que l’on réduit trop souvent, malheureusement, aux seules questions économiques, alors qu’elle est bien plus riche. Dans la vision chrétienne, la cellule de base, c’est la personne humaine. Cette personne s’associe pour fonder une famille, et l’association des familles forme une nation. Les nations dialoguent ensuite entre elles pour fonder un ordre international. Il n’y a donc pas d’ordre international s’il n’y a pas de nation, pas de famille, pas de personne. Par conséquent, il ne peut pas y avoir d’ordre supranational, car ce serait nier la nation, et donc la personne humaine elle-même. Jean-Paul II l’a très bien démontré tout au long de son pontificat. Il peut exister des organisations internationales, mais ce sont bien des organisations internationales, et non supranationales. Le Saint-Siège est d’ailleurs, en tant qu’État, membre observateur d’une grande partie d’entre elles.
Atlantico : Le pape rappelle avec Schuman que l’égalité entre les hommes découle de la foi chrétienne. Est-ce la preuve qu’affirmer notre identité chrétienne ne s’oppose pas aux valeurs d’ouverture et d’universalité ?
Bernard Bourdin : C’est le cœur de son message : ces aspirations contemporaines ont une origine théologique bien plus ancienne que les révolutions des XVII^e et XVIII^e siècles. Pour Léon XIV, l’Europe ne pourra pas inspirer le monde si elle avance à contre-courant de sa matrice chrétienne, ce qui ne met pas en question la pluralité des traditions spirituelles. Traditions qui venaient de signer « l’appel de Metz ».
Ce qui essentiel est de rappeler que l’Europe a besoin d’une conscience historique et civilisationnelle pour ne pas se vider de sa substance. C’est ce qui motive également son insistance sur la protection de la personne humaine, le travail, la famille et le respect de la vie.
Jean-Baptiste Noé : Il ne peut pas y avoir d’ouverture à l’autre sans une conscience claire de ce que nous sommes. Le dialogue suppose l’être : il faut d’abord être conscient de notre être, de ce que nous sommes, avant de pouvoir parler aux autres et nous ouvrir à eux. Et l’amour de notre culture ne s’oppose pas à l’universalité, c’est-à-dire à l’intérêt pour d’autres mondes et d’autres cultures. On le voit de tout temps dans l’histoire de l’Europe : la passion pour l’Asie, par exemple, ou le rôle très important de la géographie, cette passion du monde qui pousse à le cartographier et à le connaître. Toutes les grandes expéditions menées étaient des expéditions scientifiques : on en ramenait des animaux, des plantes, on recensait les différents peuples, on cherchait à les comprendre.
Prenez le cas des Missions étrangères de Paris : les prêtres des MEP ont joué un rôle essentiel dans la connaissance des langues asiatiques, et parfois même dans leur conservation et leur préservation. Ils étaient profondément européens et catholiques, et c’est de ce socle-là qu’ils tiraient leur ouverture au monde et leur vision universelle.
Atlantico : Certains affirment que le discours du pape et celui d’un dirigeant comme Emmanuel Macron sont interchangeables sur l’Europe et le dialogue. N’y a-t-il pas là une confusion sur ce que signifie vraiment dialoguer ?
Bernard Bourdin : C’est une erreur d’analyse complète. Emmanuel Macron s’exprime en chef d’État laïque, sans faire référence à Saint-Benoît, ce qui n’est d’ailleurs pas son rôle. Le pape parle en chef spirituel avec un vocabulaire théologique et philosophique propre.
Ce n’est pas parce qu’il existe des points de convergence — comme entre la démocratie libérale et l’enseignement social de l’Église, notamment depuis Vatican II — que les discours sont interchangeables. L’Église emploie les concepts de droits de l’homme ou de démocratie en leur donnant une réalité philosophique et anthropologique différente de celle des régimes politiques séculiers.
Jean-Baptiste Noé : Dans une vision chrétienne, le but du dialogue est le frottement du logos : c’est cela, le dialogue, c’est le logos. Et l’on ne dialogue pas en vain. Le but du dialogue, c’est de cheminer vers la vérité. Or, pour un chrétien, la vérité, c’est le Christ. Dialoguer, c’est donc dialoguer avec quelqu’un pour l’amener vers le Christ. C’est en cela que le dialogue est d’abord éminemment pacifique, et qu’il est ouvert à quelque chose de plus grand. Nous ne sommes pas dans un dialogue vain qui tournerait en rond : il y a évidemment quelque chose de bien plus grand qui est visé.
Atlantico : En appelant les « gardiens des traditions respectives » à désarmer les cœurs, comment Léon XIV envisage-t-il ce dialogue pluriel ?
Bernard Bourdin : Il prend acte de la réalité européenne actuelle : la Chrétienté médiévale appartient à l’histoire et l’Europe est devenue pluraliste. Il s’adresse ici aux représentants des diverses traditions spirituelles qui coexistent sur le continent : la tradition chrétienne, le judaïsme, l’islam, le bouddhisme, et aussi l’humanisme séculier et l’héritage des Lumières.
En évoquant la notion de transcendance, Léon XIV invite l’ensemble de ces traditions à converger vers le bien commun et la paix. Enfin, lorsqu’il aborde la laïcité à l’échelle européenne, il met en garde contre la privatisation de la foi chrétienne dans la sphère publique.
Jean-Baptiste Noé : Cette question du désarmement des cœurs est effectivement essentielle. On le voit au fait que différentes traditions culturelles et religieuses cohabitent aujourd’hui en Europe : c’est un état de fait. De la même manière que nous sommes condamnés au dialogue, nous sommes condamnés à vivre avec les autres, qu’on le veuille ou non — car l’alternative, c’est la guerre. D’où la nécessité de désarmer les cœurs, c’est-à-dire de désarmer la haine.
C’est d’ailleurs le cœur du message chrétien : aimer son ennemi. Dire « aimer son ennemi », c’est bien reconnaître que l’autre est un ennemi, c’est maintenir la distinction entre l’ami et l’ennemi ; mais aimer son ennemi, c’est vouloir le convertir et le désarmer, et en tout cas vouloir absolument éviter la haine qu’on pourrait éprouver à son égard.
Jean-Baptiste Noé et Bernard Bourdin












