
Vidéo très courte où en deux minutes Dominique Reynié prête aux Français un net dégoût de la démocratie classique et une forte aspiration à un pouvoir fort.
Dominique Reynié dresse le constat suivant, dit préoccupant : l’élection présidentielle, longtemps considérée comme le moyen de résoudre les crises politiques françaises, tend désormais à devenir elle-même une partie du problème. La défiance envers les partis et les institutions nourrit de plus en plus les votes protestataires et antisystème.
Plus profondément encore, une part importante des Français se détourne du fonctionnement démocratique classique et se montre attirée par l’idée d’un pouvoir fort, jugé plus capable de décider et d’agir efficacement. La crise ne concerne donc plus seulement les gouvernants : elle touche la confiance dans la démocratie représentative elle-même.
Dans ce contexte, l’élection présidentielle, avec sa forte personnalisation du pouvoir et l’attente d’un homme ou d’une femme providentiels, tend à accentuer cette évolution plutôt que d’y remédier. La question posée par Reynié est finalement institutionnelle : la présidentielle au suffrage universel direct est-elle encore une solution à la crise politique française, ou contribue-t-elle désormais à l’aggraver ? Se résoudra-t-elle hors du Système ? o ■
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Dominique Reynié est politologue, professeur des universités à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), qu’il dirige depuis 2008.
Diplômé de Sciences Po, docteur et agrégé de science politique, il consacre notamment ses travaux à l’opinion publique, aux transformations de la démocratie, aux comportements électoraux et aux populismes.
Auteur de nombreux ouvrages, il a notamment publié Le Triomphe de l’opinion publique et Les Nouveaux Populismes, et dirigé plusieurs grandes enquêtes internationales sur l’état des démocraties contemporaines.












Un pouvoir fort ? Qu’est-ce à dire ?
Plus fort que les compromis et les dérives attribuables aux appétits partisans.
Plus fort que les manipulations médiatiques.
Se concentrant sur les fonctions régaliennes
Il me semble que la vraie force réside dans la fermeté conceptuelle et morale de ceux qui l’exercent. La video du « Général » proposée par Castelnau sur la question constitutionnelle illustre bien cette idée.
Il en résulte un peuple gardant des idées claires, à l’opposé du peuple déboussolé que nous sommes devenu, ne parlant même plus correctement sa propre langue.
L’élection, alors, reste légitime si elle échappe, elle aussi, aux extrêmes des calculs partisans, au verbiage et aux slogans. Par précaution, on doit la réserver à une élite, seule capable de jauger la fermeté conceptuelle et morale ci-dessus. J’ai déjà imaginé une élection par les seuls membres de l’Institut de France, c’est à dire,de toutes les Académies réunies. À la réflexion, je ne lui trouve que peu de défauts et, dans l’ordre du pratiquement envisageable et réalisable, pas mieux.
Et le peuple lui-même pourrait bien y adhérer ! Je pense encore à l’élection de Léon XIV, expédiée en quelques heures, dans un assentiment général qui ne s’est pas démenti depuis.