
Par Marc Baudriller.
NOTRE COMMENTAIRE – Peu ou pas de réactions dans la grande presse à cette nouvelle usurpation d’autorité par l’U.E sauf un court écho du Figaro plus ou moins repris des dépêches de l’AFP, et sauf cet article paru hier, 27 février dans Boulevard Voltaire. Nous ne le commenterons pas, étant sur la même ligne. Plus importante que l’incitative d’Ursule von der Leyen – tout à fait dans sa manière, fort mauvaise – nous paraît être la chaude approbation du Chancelier de la République Fédérale d’Allemagne, en flagrant contraste – en réalité en contradiction – avec les « larmes de crocodile – feintes ou non – d’Emmanuel Macron, sur ce dossier comme sur bien d’autres. Le projet européen s’est congénitalement fondée sur une supposée convergence d’intérêts et sur une volonté politique commune de la France et de l’Allemagne – pour l’essentiel. Cette communauté, voulue par De Gaulle et Adenauer, mais dès l’origine obérée par la question du nécessaire atlantisme allemand, s’est peu à peu délitée u fil des dernières décennies, pour devenir aujourd’hui franche divergence d’intérêts et d’ambitions. L’U.E. n’a jamais été qu’un cache de ces réalités. La sienne ne devrait pas résister longtemps à leur évolution sans-doute irréversible, notamment en temps de crise violente. Qui touche en fait, à des degrès et selon des ordres différents, nos deux vielles et grandes nations. – Je Suis Français.

Sur ce dossier, Macron « a toujours été une girouette », dit Véronique Le Floc’h (CR) qui fulmine : « C’est un traître !
Un acteur. Emmanuel Macron n’a pas écrasé de larme, mais c’était tout comme, ce vendredi après-midi, après que Ursula von der Leyen a annoncé l’application provisoire immédiate de l’accord sur le Mercosur. Le Salon de l’agriculture n’a même pas encore fermé ses portes… L’air marri, le président de la République a lancé : « En substance, pour la France, c’est une surprise, et une mauvaise surprise. Et pour le Parlement européen, c’est une mauvaise manière. » Évidemment, tout est faux. Et cette fois, le théâtre de la nation offensée va loin, beaucoup trop Loin. Macron a joué double jeu dans cette affaire, du début jusqu’à la fin. Il restera dans l’Histoire comme le Président qui aura trahi de la manière la plus grossière le monde agricole si cher au cœur des Français. Dans la simagrée tragique, Macron est doublé par le macroniste vert Pascal Canfin, véritable idéologue et bourreau de l’agriculture française : « L’application provisoire de l’accord Mercosur sans attendre le vote du Parlement, et alors que nous avons saisi la Cour de justice de l’UE, constitue un grave manque de respect vis-à-vis de notre institution. » Au bal des faux-culs, on tient deux danseurs étoiles.
Les manières d’un transformiste de cirque
Von der Leyen aurait donc malmené Macron ? Qui y croit ? Macron a obtenu la nomination de l’ancien ministre allemand à la Commission, il en est proche à tous égards, surtout dans les convictions européistes et mondialistes. Par ailleurs, c’est évidemment pour lui tout sauf une surprise. Personne n’imagine qu’il n’ait pas été mis au courant de cette décision majeure qui entraîne l’application d’un traité devenu un épouvantail pour les agriculteurs français et européens. Enfin, Macron aura joué, à temps et à contretemps, tous les rôles et toutes les partitions, dans ce dossier, à la manière d’un transformiste de cirque. On se souvient du Président en bras de chemise au Salon de l’agriculture, voilà quelques années, jurant que les agriculteurs avaient tort de s’inquiéter… Lesdits agriculteurs ne s’y trompent pas. « Ce n’est pas une surprise, confirme Véronique Le Floc’h, l’ancienne patronne de la Coordination rurale, jointe par BV. Elle considère que Macron, sur ce dossier, « a toujours été une girouette ». Pour elle, c’est simple : « Macron ne pèse pas » en Europe. Pire : « C’est un traître », dit-elle. « L’Uruguay et l’Argentine l’ont déjà validé [le Mercosur, NDLR] : von der Leyen a cédé à leur chantage. C’est un arrangement entre eux, ficelé à l’avance. » Pour Véronique Le Floc’h, Ursula von der Leyen défend les pays du Mercosur : « Les plus de 400 millions d’Européens, elle s’en fout : elle va contre les siens pour le bénéfice de très peu de monde. »
L’application provisoire immédiate de l’accord sur le Mercosur, venue d’une femme non élue dont la légitimité est contestée, ne passe pas non plus, à droite de l’échiquier politique. Via un message X, le président du Rassemblement national, qui était, jeudi, au Salon de l’agriculture, dénonce un coup de force. « Un coup de force contre le Parlement européen qui a voté la saisine de la Cour de justice de l’UE. Un coup de force contre la France. Un coup de force contre nos agriculteurs et une immense majorité de Français attachés à leur souveraineté alimentaire et à nos producteurs. » Bardella vise clairement le chef de l’État lorsqu’il ajoute : « Un coup de force antidémocratique dont est responsable Emmanuel Macron, qui a cyniquement laissé faire, durant des années, la fuite en avant de la Commission européenne sur ce sujet et qui s’est toujours refusé à utiliser les leviers à sa disposition, notamment le gel de la contribution française au budget de l’UE, pour faire respecter les intérêts de la France. »
À quoi sert l’UE, son Parlement, sa Cour de justice ?
Dans cette affaire, le Parlement français opposé à l’application de ce traité destructeur pour notre agriculture est piétiné. Questions. À quoi sert que les Français votent et entretiennent un Parlement – Assemblée nationale et Sénat – s’il a vocation à être foulé au pied par la présidente de la Commission européenne ? À quoi sert que la France finance l’Union européenne à grands frais, y compris son Parlement, si ses votes opposés au Mercosur sont balayés par la Commission ? À quoi sert que la France et l’UE entretiennent une Cour européenne de justice si des traités aussi contestés sont appliqués avant même que les juges n’aient donné leur avis ?
La décision de la présidente de la Commission a au moins l’intérêt de révéler clairement la vacuité de la mécanique européenne, bien plus efficace pour écraser l’intérêt des nations que pour le défendre. Marine Le Pen peut appeler Macron au sursaut… Qui y croit ? « J’appelle solennellement le président de la République à mettre fin aux provocations multiples de la Commission européenne, à protéger les intérêts français, nos agriculteurs et à refuser l’entrée en vigueur du Mercosur, qui est nulle et non avenue. » Nicolas Dupont-Aignan a beau jeu de lancer : « Les européistes naïfs vont-ils enfin comprendre qu’il n’y a plus rien à attendre de l’Union européenne qui est en pleine dérive autocratique ? »
Le plus optimiste est peut-être Bellamy, qui insiste sur la mesure « provisoire » : « C’est donc un accord en sursis juridique et politique qui est appliqué : le provisoire ne sera pas définitif. Une fois que ce débat sera derrière nous, il faudra que la France s’interroge enfin sur les raisons qui font qu’elle est aujourd’hui si minoritaire et discréditée en Europe. » Il faudra, un jour, que la France s’interroge sur… l’UE : atout pour la France ou camisole de force ?o ■ o MARC BAUDRILLER













bonjour
article un peu long ,,mais realiste
vous avez raison
pauvre france
cordialement