

L’OEIL DE BRUXELLES – Plusieurs médias ont révélé que le ministre hongrois des Affaires étrangères aurait divulgué des informations clés sur les discussions au sein de Union européenne à la Russie. Jeudi 9 avril, la Commission européenne a demandé des explications à Budapest. C’était avant la défaite de Viktor Orbán aux législatives de dimanche dernier. Quid de la suite ? Attendre et voir…
« Une ‘taupe’ au sein de l’UE« , alerte 20 Minutes. « La Commission européenne a réclamé jeudi [9 avril] dans les ‘plus brefs délais’ des explications à la Hongrie, après des informations faisant état de conversations téléphoniques avec la Russie au sujet de documents internes de l’Union européenne« , détaille Le Devoir.
« Depuis quelques jours, des médias révèlent des conversations téléphoniques qui attestent du soutien apporté par le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, à son homologue russe, Sergueï Lavrov, quand il siège à Bruxelles« , écrit Le Parisien. « Ils ont publié une conversation téléphonique entre les deux hommes datant de juillet 2024 et dans laquelle le Hongrois assure au Russe qu’il va ‘immédiatement’ lui transmettre un document concernant les négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE« , rapporte 20 Minutes.
Plusieurs accusations de fuites d’informations à la Russie

Le consortium de médias « composé de The Insider, Vsquare et Delfi » ainsi que le « Washington Post avant lui » [Le Parisien] avaient déjà fait des révélations sur ce sujet. « [Les médias ont] affirmé le mois dernier que le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, avait fourni à Moscou un accès ‘direct’ à des ‘informations stratégiques sur des questions cruciales’« , relate la chaîne de télévision et de radio nationale irlandaise RTÉ. Selon les médias, le chef de la diplomatie hongroise a notamment « agi à la demande de Sergueï Lavrov pour obtenir la radiation de la sœur du milliardaire russe Alicher Ousmanov des listes de sanctions de l’Union européenne » [Le Parisien].
Ces révélations ont provoqué de vives réactions au sein de l’Union européenne. « Ursula von der Leyen prévoit de soulever la question des allégations de fuites d’informations de la Hongrie vers la Russie au plus haut niveau de la direction européenne« , a annoncé Paula Pinho, porte-parole de la Commission européenne [Euronews]. « Ces informations sont ‘extrêmement préoccupantes’ avec la ‘possibilité alarmante qu’un gouvernement d’un État membre ait coordonné ses actions avec la Russie […] contre la sécurité et les intérêts de l’Union européenne‘ », a-t-elle ajouté, selon France info. « L’implication directe de la présidente de la Commission européenne met en lumière l’indignation et le malaise généralisés suscités par les liens exceptionnellement étroits de Budapest avec Moscou, de plus en plus perçus comme une menace pour la sécurité intérieure« , estime Euronews.
De potentielles ingérences dans les élections

À la suite des premières révélations le mois dernier, la Hongrie avait tout de suite réagi. « Péter Szijjártó avait nié ces affirmations, évoquant des ‘fake news’, ainsi qu’un ‘très grand scandale’. Il avait aussi fustigé ‘l’interception de ses appels par des services secrets étrangers, qui les ont rendus publics’, estimant que c’était ‘dans l’intérêt de l’Ukraine’« , rappelle Le Parisien. En plus de « Bruxelles », le gouvernement de Viktor Orbán a fait de « Kiev » l’une de ses cibles préférées ces dernières semaines, maintenant son veto sur un prêt exceptionnel de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine et s’opposant à l’ouverture de toute nouvelle étape dans le processus d’adhésion du pays à l’UE.
Face aux nouvelles révélations, Péter Szijjártó a choisi une autre stratégie. Le ministre hongrois « n’a pas nié le contenu des révélations. Il a en revanche présenté le flot de témoignages comme une tentative clandestine d’ingérence dans les élections du 12 avril« , raconte Euronews. Dimanche, les Hongrois sont appelés aux urnes pour des élections législatives sous tensions. Le Premier ministre actuel, Viktor Orbán pourrait briguer un cinquième mandat, mais son opposant conservateur Péter Magyar est en tête dans les sondages.
Par ailleurs d’autres scandales sous-jacents entourent cette élection. « Durant l’été 2025, révèle le média d’investigation Direkt36, les services secrets hongrois ont tenté de ‘paralyser les systèmes informatiques du parti Tisza’ de l’opposant Peter Magyar et des policiers ont ‘effectué une descente sur de fausses accusations’ de pédopornographie ‘chez deux informaticiens proches du parti qui avaient programmé de divulguer cette affaire’« , expliquait Courrier international fin mars.

« Des eurodéputés s’inquiètent d’une possible ingérence russe dans les élections hongroises« , note The Guardian. Un groupe de parlementaires transpartisan « souhaite une évaluation urgente ‘avant et immédiatement après’ le jour du scrutin, afin de déterminer si les conditions d’une concurrence libre et loyale sont compromises par la désinformation, la manipulation étrangère, le détournement des ressources de l’État« , ajoute le quotidien britannique.o ■ o J.-P. S.












Bxl et ses vassaux se réjouissent de ce qui n’est au final qu’un changement mineur dans la gouvernance de L’Etat hongrois.
Attendons de voir la suite …