
Par Annie Laurent.
Cette étude, concernant l’avenir et l’identité d’une Europe confrontée à la présence croissante de populations musulmanes sur son territoire, est consacrée aux obstacles structurels à l’européanisation de l’islam.

Selon la tradition, Mahomet aurait dit : « Celui qui quitte la religion, tuez-le ». Cette phrase est le fondement du crime de la ridda : apostasie de la croyance et trahison de l’Oumma.
L’islam refuse totalement le droit à la liberté de conscience, donc celui d’opter pour une autre croyance.
Voici ce qu’enseigne la Déclaration des droits de l’homme dans l’islam, approuvée en 1990 par l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), composée de 57 Etats, arabes et non arabes, dont le siège est à Djeddah (Arabie-Séoudite) : « L’islam est la religion naturelle de l’être humain. Rien ne saurait justifier un changement de religion » (art. 10).

La liberté de culte est autorisée par le Coran aux seuls « gens du Livre » (juifs et chrétiens) mais avec des limites (pas ou peu de visibilité) et en contrepartie d’un statut inégalitaire et humiliant : « Combattez : ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier ; ceux qui ne déclarent pas illicite ce que Dieu et son Prophète ont déclaré illicite ; ceux qui, parmi les gens du Livre, ne pratiquent pas la vraie religion » (9, 29).
Ce statut est désigné par le mot dhimma = protection, d’où l’on a tiré le néologisme dhimmitude. Il implique de telles injustices qu’il constitue un facteur efficace pour amener les juifs et les chrétiens à se faire musulmans. L’histoire en témoigne amplement, y compris en Europe orientale.
Les rapports entre l’homme et la femme.
Le principe de l’inégalité entre l’homme et la femme s’applique surtout dans le cadre du mariage, qui est d’ailleurs une obligation liée à la religion, raison qui justifie le passage à la mosquée, sans être pour autant un acte sacramentel. Il s’agit d’un acte juridique : un contrat de droit privé qui rend licite l’acte sexuel. L’islam ignore la notion de conjugalité qui, pour les chrétiens, est le reflet de l’alliance entre Dieu et l’humanité.

Voici les principales prescriptions relatives au mariage figurant dans le Coran.
La fidélité n’est requise que de la seule épouse, d’où la permission polygamique (4, 3) et la répudiation (4, 130).
L’empêchement matrimonial : « Ne mariez pas vos filles à des polythéistes-associateurs avant qu’ils croient » (2, 221). Cette prescription explique le nombre important de conversions à l’islam d’Européens non musulmans désirant épouser une musulmane.
Enfin, le mari est explicitement autorisé à battre et à enfermer ses femmes (4, 34).
Le Coran demande à la femme de cacher ses atours (33, 59), sans pour autant décrire la forme précise du vêtement qu’elle doit porter. Les cheveux ne sont pas mentionnés. À partir de cette prescription, des formes vestimentaires diverses ont été conçues selon les traditions et les écoles juridiques. La tenue la plus répandue est le hidjab (mot arabe signifiant « tenture » ou « séparation »).
Voici quelques réflexions suscitées par le port de la tenue féminine islamique :
Le voile est l’expression de la méfiance envers la femme. Hors de chez elle, elle doit se couvrir pour ne pas tenter l’homme. Quel regard sur l’homme en résulte-t-il ?
Le voile intégral (niqab, burqa), dissimulant le visage, est la négation de la personne ; c’est aussi un obstacle à la convivialité sociale.

La propagation de la tenue islamique chez les musulmanes en Europe est l’expression du rejet de notre modèle social.
Elle pose un vrai problème pour la mixité entre adultes.
Attention au piège du religieux : le voile islamique a une signification politique, c’est un marqueur identitaire qui sert à étendre le domaine de l’islam.
L’organisation sociale.
La laïcité est un concept inconnu en islam. Celui-ci ignore la distinction des pouvoirs politiques et religieux. À Médine, Mahomet a exercé à la fois le principat et le pontificat, selon la formule de l’écrivain franco-tunisien Abdel Wahhab Meddeb. La tradition musulmane attribue à Mahomet cette sentence : « L’islam domine et ne saurait être dominé ».
Cela n’implique pas forcément un régime théocratique, mais l’État ne peut être que confessionnel. Dans un pays où l’islam est majoritaire, le pouvoir doit en principe revenir à un musulman pour garantir l’identité religieuse et l’application de la charia.

Les musulmans sont tenus de se soumettre à la charia car celle-ci est d’origine divine. Allah est donc le seul Législateur ; il peut se faire seconder par Mahomet (le « beau modèle »). L’islam ignorant le concept de loi naturelle, il s’agit d’une loi arbitraire, qui ne cherche pas l’épanouissement de l’homme. Ces principes posent évidemment un problème en matière de formation de la conscience. Cette Loi règle la vie politique, sociale et personnelle dans tous les détails, d’où l’importance du licite et de l’illicite. Toute autre forme d’organisation ne peut être que provisoire, liée à des rapports de forces.
En outre, pour beaucoup de musulmans, la laïcité est synonyme d’athéisme, de rejet de Dieu de la cité. Il faut noter qu’ils ont su résister à la sécularisation des sociétés, à la désacralisation de la vie et à la privatisation des convictions religieuses.
La citoyenneté n’est pas comprise de la même façon par les musulmans et les non-musulmans. Dans ce domaine, l’islam comporte des dispositions incompatibles avec les valeurs qui ont façonné la civilisation et les traditions européennes et inspiré son droit, largement fondé sur la culture d’Athènes et de Rome ainsi que sur l’Évangile et la doctrine sociale de l’Église. o ■ o (Fin)
Annie Laurent – La Petite Feuille Verte
Déléguée générale de CLARIFIER
115 rue de l’abbé Groult 75015 Paris
clarifierassociation@gmail.com
LA PETITE FEUILLE VERTE N°110, AVRIL 2026
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