
« L’étau de la mécanique totalitaire se resserre de jour en jour dans notre pays.«
Par Jacques Guillemain.

Un bon papier en date du 8 juin, clair, concis et bien écrit. Saluons-le sans oublier de relever le « mystère » RL / CNEWS : un alignement quasi-total sur Netanyahou et leurs non-dits et omissions y afférents. — M.V.
La meute médiatique s’acharne, c’est la curée contre Xenia Fedorova, journaliste russe accusée d’être la voix du Kremlin. Va-t-on exiger d’une patriote russe de trahir son pays en guerre parce qu’elle vit chez nous et parce que la France a choisi le camp ukrainien ? Cela pourrait se concevoir si la France était en conflit armé avec la Russie, mais ce n’est pas le cas.
L’enfer que vit cette chroniqueuse sur CNews s’apparente à ce que subissent les populations russes du Donbass depuis 2014 : une persécution médiatique féroce digne d’un régime totalitaire, parce qu’elle contredit non sans raison le discours russophobe de l’Europe et analyse les causes de la guerre en Ukraine en rappelant quelques vérités qui dérangent. La haine n’est pas loin…
Dans la France de Macron, élites dirigeantes et médias imposent au peuple une guerre qui n’est pas la sienne et on cloue au pilori tout contradicteur qui relate la vérité historique.
Celui qui n’est pas pro-ukrainien n’a qu’un seul droit, celui de se taire et de raser les murs. Nous voilà revenus aux pires heures du terrorisme intellectuel, avec mensonges, insultes, menaces, procès d’intention et chasse aux sorcières au menu. Le débat contradictoire est tout simplement interdit.
Le crime de Xenia Fedorova ? Être une journaliste russe de la sphère Bolloré, la bête noire de la gauche, mais surtout être la seule figure médiatique à oser contredire le discours otanien anti-russe, relayé depuis 1563 jours par les médias aux ordres. Discours otanien truffé de non-dits, lesquels démoliraient instantanément les arguments des va-t-en-guerre pro-ukrainiens.
Alors qu’au paradis des clandestins les OQTF sont inexpulsables, les chiens de garde de la pensée unique veulent extrader Xenia Fedorova, légalement installée en France depuis des années. Frappés de russophobie aiguë, ils sont tous devenus fous.
Au pays des Lumières, liberté, raison et vérité ne sont plus les bienvenues.
Ce qui dérange, c’est que l’ex-directrice de RT France parle vrai
Par conséquent, au plus haut niveau de l’État, on cherche à la faire taire. Car faute d’arguments fondés, les otaniens intégristes n’ont plus qu’à museler les voix dissidentes. On notera en passant que pour nos élites, c’est Poutine le dictateur et Macron le démocrate… Or, il n’y a plus de liberté d’expression ni en France ni en Europe. Ce n’est pas encore la Corée du Nord, mais peu à peu on en prend le chemin.
Quand elle dénonce le racisme anti-russe, Xénia Fedorova dit vrai
La France ne combat pas seulement le régime poutinien, elle bannit tout ce qui est russe, les sportifs, les artistes, les intellectuels, les grands noms de la science et de la culture russes. Des élèves et étudiants franco-russes sont montrés du doigt. Cette barbarie culturelle de la part du peuple français réputé pour son humanité nous salit à jamais. Quelle décadence !
Quand elle déclare que l’Europe s’invente un ennemi imaginaire, elle dit vrai
Jamais la Russie, depuis la dissolution du pacte de Varsovie, n’a manifesté la moindre intention belliqueuse. Si Poutine avait de telles visées, il n’attendrait pas que l’Europe renforce ses armées. Il attaquerait maintenant. Mais en pleine crise économique, notamment énergétique, l’Europe surfe sur la peur de l’Ours russe pour ressouder les nations et faire diversion. Oubliées les promesses de paix et de prospérité faites aux peuples européens pour leur vendre l’Union.
Quand elle dit que l’Europe finance la guerre, pas la paix, elle dit vrai
Bruxelles emprunte pour financer la nouvelle aide de 90 milliards accordée à Kiev. Un « prêt » remboursable sur les futures réparations russes. Ce qui suppose une victoire ukrainienne et un accord de la Russie vaincue. Un pur délire et un énorme mensonge envers les contribuables européens saignés pour une cause qui n’est pas la leur. L’Ukraine est un puits sans fond qui a déjà englouti 500 milliards d’aides occidentales. L’UE creuse sa tombe car il n’est plus question de paix mais de guerre UE/Russie en 2030.
Quand elle déplore le grand ratage stratégique de la France, elle dit vrai
La France a oublié le rêve gaullien d’une vaste Europe, allant bien au-delà de l’Oural, mais de Lisbonne à Vladivostok. Elle a oublié l’amitié sincère qui unissait nos deux peuples. Soumise à l’Europe et à Washington, elle se prive d’un partenariat inestimable avec la Russie, sur les plans politique, énergétique, économique, agricole, militaire, sécuritaire et civilisationnel. L’alignement aveugle sur les États-Unis et l’UE, colonie américaine, a été le grand ratage stratégique de la France, qui aurait dû œuvrer à l’intégration de la Russie à l’Union dès 1991.
Quand elle dénonce une liberté d’expression à deux vitesses, elle dit vrai
Depuis plus de quatre ans, seul le narratif ukrainien a droit de cité dans les médias. Tout ce que dit Zelensky est parole d’Évangile alors que le point de vue russe est interdit. Il a suffi que Sergueï Lavrov soit invité au 20 h de France 2 pour que les russophobes se déchaînent contre cet étalage de la propagande du Kremlin. Dans une guerre, il y a forcément deux versions qui opposent les belligérants. Mais les Français n’en connaissent qu’une.
Quand elle dit que depuis 2022 l’énergie a été entièrement politisée, elle dit vrai
L’Europe est la grande perdante de la nouvelle équation énergétique qui s’impose dans le monde. Les États-Unis ont leur propre production, l’Asie est largement tributaire du Golfe mais peut compter sur la Russie. En revanche, en se privant du pétrole russe, l’Europe s’est auto-flagellée. Les stocks stratégiques s’amenuisent. Seule la Russie est en mesure de régler une crise d’approvisionnement. Mais qui osera lever les sanctions ? Et qui peut dire si Moscou acceptera de redevenir le fournisseur de l’Europe après avoir été écarté ? L’Europe va découvrir que sans ressources énergétiques elle n’est qu’un nain politique.
Quand elle dit que l’ancien ordre mondial s’est effondré, elle dit vrai
Après la chute de l’URSS, les États-Unis ont assis leur emprise sur le monde, élargissant l’Otan et s’impliquant dans la construction de l’Union européenne devenue une véritable colonie américaine. Ce fut l’âge d’or de la mondialisation. Mais en 35 ans, le vent a tourné. Les BRICS ont pris leur essor, imposant un monde multipolaire. L’ONU et les institutions occidentales ont perdu de leur aura. L’Europe soi-disant plus forte et unie est en fait une Europe allemande, qui se ruine avec les sanctions anti-russes. Elle n’a toujours pas de stratégie pour s’adapter au nouvel ordre mondial qui se bâtit sans elle. Pour l’instant elle met toute son énergie et ses capitaux dans sa guerre contre la Russie. Un pur suicide.
Quand elle dénonce la remilitarisation de l’Allemagne, elle dit vrai
Il n’aura pas fallu longtemps pour que l’Allemagne réunifiée renoue avec ses penchants dominateurs. Après sa mainmise économique sur l’Europe, elle affiche son ambition de devenir la première puissance militaire d’Europe. Elle en a les moyens alors que la France est ruinée. Berlin veut un accord de défense avec Tokyo, ça ne vous rappelle rien ? Méfions-nous de l’esprit revanchard qui anime le chancelier Merz, d’abord contre Moscou, mais ensuite ? Depuis la réunification allemande, il n’y a plus d’amitié franco-allemande. Les Allemands veulent détruire notre nucléaire et notre industrie de l’armement. Ce qu’ils ne supportent pas, c’est que la France cigale dispose d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Pour la France, l’Allemagne est davantage une menace que la Russie.
Quand elle évoque « les enfants ukrainiens enlevés par la Russie », elle dit vrai
Un dossier humanitaire transformé en arme politique par Kiev et l’Occident. Il n’y a jamais eu 20 000 enfants ukrainiens enlevés par la Russie, mais 339 enfants (chiffres ukrainiens) séparés de leur famille par la guerre. Si certains enfants ont été déplacés hors des zones de combat, il n’y a pas eu de kidnapping. La Russie criminelle par nature est une image forgée par un Occident qui a perdu tout sens moral et qui a utilisé des enfants à des fins de propagande. C’est Melania Trump qui a redonné à ce dossier sa dimension humanitaire. Chaque cas fait désormais l’objet d’une enquête minutieuse.
Quand elle lève le grand tabou de la corruption en Ukraine, elle dit vrai
Comme chacun sait, aider l’Ukraine est devenu une mission sacrée, un impératif incontournable qu’il n’est pas question de discuter. Combien cela coûte ? Peu importe. Où va l’argent ? Peu importe. Les dépenses pharaoniques de Zelensky et de sa clique d’oligarques ne sont que des fake news. Où sont passés les 500 milliards d’aide militaire et financière accordés par l’Occident ? Mystère, même si la CIA a reconnu au début de la guerre que 400 millions de dollars s’étaient volatilisés. Mais aucun audit, aucun contrôle, aucune enquête. Le contribuable, non consulté, paie et se tait. Achats d’armes surfacturés, marchés opaques, détournements, rétrocommissions, tout cela reste tabou.
Depuis le 24 février 2022, tout n’a été que mensonges et tromperies
Zelensky, l’icône héroïque accueillie par des standings ovations à chacune de ses apparitions, n’est qu’un escroc, entouré de mafieux corrompus jusqu’à la moëlle. Mais il paraît que l’Ukraine se bat pour notre sécurité et pour la démocratie. Il suffit d’aller à Monaco pour voir à quoi servent nos milliards de soutien. On y voit les plus fabuleuses voitures de luxe, à plusieurs centaines de milliers d’euros, Bugatti, Lamborghini, Ferrari, Rolls etc. Toutes immatriculées en Ukraine.
Et pendant que les nantis achètent des villas à 20 ou 30 millions de dollars dans les stations à la mode, le régime de saint Zelensky effectue des rafles d’hommes valides dans les rues pour les envoyer au carnage. Mais ne comptez pas sur la presse française pour vous annoncer les pertes ukrainiennes. Seuls les soldats russes meurent au rythme de 35 000 tués par mois, comme chacun sait, soit davantage qu’au plus fort de la guerre de 14-18. C’est grotesque, mais nos médias cautionnent.
Il n’y a que Xenia Fedorova pour poser les bonnes questions qui dérangent. Et c’est bien pour cela qu’il faut la faire taire. o ■ oJACQUES GUILLEMAIN
Merci à Marc Vergier de sa transmission.












