
1er novembre 1926.
LES AMANTS DE VENISE par Charles MAURRAS. (Édition revue chez Flammarion). — Parfaitement impartial, infiniment indulgent pour ces deux génies si pauvrement humains malgré tout, Charles Maurras nous révèle deux cœurs ardents intoxiqués par les poisons moraux et sentimentaux du romantisme.
Les « Amants de Venise » sont un des aboutissements de l’œuvre de Maurras : il n’a écrit ce livre que tous documents rassemblés, publiés, discutés, analysés avec cet esprit de recherche rationnel et psychologique à la fois, dont il est doué. Il a pénétré la cause, ou plutôt les deux causes de ce drame : l’égoïsme amoureux de Musset, l’individualisme orgueilleux de George Sand. Lorsqu’il écrivit et publia son livre de 1896 à 1902 — la documentation n’était pas encore complète ; son esprit critique et imaginatif s’était plu à interpréter les textes, à leur faire avouer ce qu’ils ne disaient pas. Depuis, les papiers de Buloz publiés par Madame Louise Pailleron ont confirmé ses suppositions les plus osées ; Musset n’avait pas été dupe, il avait tout compris ou deviné : la tasse de thé unique dans laquelle avaient bu George Sand et Pagello, les regards et les mots à double entente échangés devant lui, le projet de George Sand tentant de le faire enfermer à l’hôpital des fous. Comme ces nouveaux documents le prouvent, Maurras lui aussi avait deviné juste. Dans l’introduction à cette nouvelle édition nous sentons sa joie à constater, avec preuves à l’appui, que ni son instinct ni sa raison ne l’avaient trompé. Il était trop finement français pour ne pas pénétrer à fond la psychologie de ces deux âmes de poète et d’écrivain.
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Nombre de pages : 232.
Prix (frais de port inclus) : 26 €.
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