
Par Aristide Ankou.
Il y a les grandes tragédies nationales. Et puis il y a les petits désastres qui, par miracle, ne font aucune victime. Seulement des photos, des commentaires et quelques susceptibilités froissées.

Cela ne vous aura probablement pas échappé, éclair comique dans une actualité plombée comme un ciel sibérien en novembre, lundi, lors du point presse du gouvernement, la ministre de l’aménagement du territoire, Françoise Gatel, s’est présentée dans une tenue que l’on dira improbable, faute de trouver les mots adéquats pour décrire cet accoutrement, qui tenait une sorte de milieu acrobatique entre Bozo le clown et la 37ème saison de Sex and the City, tournée dans un EHPAD de Manhattan.
Plantée, tel un poireau haute couture et fripé, au milieu de mâles blancs habillés façon funérailles norvégiennes, la ministre semblait une « fake news » concoctée par une IA malicieuse.
Tout cela était raisonnablement divertissant et, comme il se doit, a fait le tour des réseaux sociaux.
Comme il se doit également, quelques féministes avec autant de sens de l’humour qu’un pot de géranium (pléonasme) s’en sont offusquées.
J’entendais par exemple l’une d’elles expliquer ce matin sur l’une des antennes de la ROFSB (la Radio Officielle de la France qui Sent Bon – faut suivre) que ces lazzis internétiques étaient l’expression d’une forme de sexisme puisque les femmes ne seraient pas jugées comme les hommes, bla-bla-bla, vous connaissez la suite : le patriarcat c’est caca et toutes ces sortes de choses.
Le privilège vestimentaire
Or, en fait, c’est très exactement l’inverse qui est vrai. Cet épisode, loin de prouver l’oppression de la gent féminine, rappelle au contraire que les femmes, sous nos latitudes, bénéficient d’une beaucoup plus grande liberté vestimentaire que les hommes. Tout particulièrement dans les fonctions officielles.
Pour les hommes, hors le costume cravate de couleur sombre, il faut énormément d’habileté vestimentaire pour ne pas avoir l’air d’un je-m’en-foutiste ou d’un traîne-savate. Pour les femmes, en revanche, les formes et les couleurs sont un vaste champ de possibilités qui leur permet de faire valoir leur supériorité naturelle dans les arts d’agrément (oups !).
La liberté et le ridicule
Seulement, voilà, la liberté va de pair avec le risque et donc – en toute logique – avec la responsabilité. Être libre, c’est aussi être libre d’étaler à la face du monde ébahi son imbécilité, son manque de tact, sa suffisance, son mauvais goût, et tous les autres défauts inhérents à l’espèce humaine et qui sont équitablement partagés entre les sexes. Et qui expose publiquement son manque de jugement ou ses défauts de caractère s’expose justement au ridicule.
Ce qui est arrivé à Françoise Gatel et qui, d’ailleurs, à en juger par ses tenues habituelles, aurait dû lui arriver bien plus tôt, si les femmes ne bénéficiaient pas, auprès de la classe jacassante, d’une marge d’indulgence bien supérieure à celle des hommes dans la plupart des domaines.
Mais le sexisme c’est très mal, à ce qu’il paraît. o ■o ARISTIDE ANKOU
* Précédemment paru sur la riche page Facebook de l’auteur, (le 21.10.2026).
Aristide Ankou












