
Nous ne voulons pas nous dire systématiquement d’accord avec Julien Rochedy pour la seule raison que nous serions, comme on dit, « du même bord ». Nous appartenons à une grande école de pensée politique qui nous met à l’abri de cette sorte d’approbation molle.
Mais, à l’inverse, nous ne voulons pas, sous prétexte de nos différences, voire de nos supériorités doctrinales, aller systématiquement chercher dans la tête d’un jeune intellectuel tel Rochedy, les poux que nous pourrions y trouver. Nous n’avons aucune envie de pratiquer ce sectarisme tatillon et prétentieux qui, au fond du fond, n’est pas vraiment dans l’esprit de controverse de la grande Action française. C’est à elle que nous aimons nous référer. Pour les temps graves que, collectivement, nous allons vivre. — JSF












Les scénarios spéculatifs de Rochedy sont intéressants en tant qu’ils explorent les diverses composantes de la réalité sociopolitique. D’autre part, il nous explique l’impossible survivance de la démocratie dans un contexte de délitement de la prospérité et de tous les éléments structurants de la société. C’est assez évident, mais malgré tout, la question se pose dès à présent de savoir si la démocratie existe encore vraiment, et même si elle a jamais existé.
Rochedy spécule, et ce n’est pas sans intérêt. Mais j’ai appris à la fois de Maurras et d’Edgar Morin que les prévisions les mieux élaborées sont souvent démenties par l’arrivée de l’improbable. Ce n’est pas farfelu. L’histoire en donne beaucoup d’exemples.
Quand on est certain que c’est bien notre peuple qui vote on peut accepter le résultat. Le référendum sur l’indépendance du Québec a été rejeté par les voix des immigrés récents. Lorsque le peuple vote contre le traité de Maastricht par contre, on contourne son vote. Démocratie que de crimes on commet en ton nom. Il lui faut une tutelle supérieure, car elle ne peut être absolue. Le Roi au sommet, les républiques en dessous.
Rien de choquant dans cet essai de prospective. Mais que signifie donc « passer à la vitesse supérieure » ? Où est la pédale d’embrayage ? et le levier de changement de vitesse ? quels sont les pignons et engrenages à sélectionner ?
Avant d’essayer d’y répondre, je ne peux manquer de tiquer à l’emploi de certains mots par trop grossiers, en plus d’être faussement significatifs. On les trouvera facilement.
Je relève aussi chez l’orateur cette fascination si contestable pour la « croissance ». Avant sa croissance, il me semble qu’il faut se préoccuper du maintien de l’activité. Celle-ci, déjà flageolante, a, selon la plupart des spécialistes, beaucoup à craindre de l’intelligence artificielle. Il est alors presque comique d’entendre prédire que cette fichue IA pourrait « générer » (verbe dont l’emploi dans ce sens est réprouvé par l’Académie Française) une croissance susceptible d’offrir au grand nombre une vie acceptable tout en le privant d’activités productives (quoique partiellement « bullshit », expression infra-académique et encore moins française).
La vitesse supérieure maintenant : JSF ne cache pas sa préférence pour libérer la France du carcan UE. Le moyen légal est à notre disposition : c’est la pédale de débrayage représentée par l’article 50 du traité de ladite UE. Alors le levier de vitesse devient accessible. Pour relancer, par exemple, une monnaie nationale. N’est-ce pas en rétrogradant qu’on favorise les « reprises » les plus énergiques ? Beaucoup d’autres leviers et commandes qu’on voit lui échapper peu à peu s’offriraient instantanément à la France libérée. Quant aux pignons et engrenages ci-dessus, je leurs préfère la belle notion de « degrés de liberté » coutumière aux physiciens.
En un mot : pour passer à la vitesse supérieure, il faut d’abord reprendre la place du conducteur.
Anne a raison, on ne doit pas spéculer sur l’avenir, qui ne nous appartient pas, pour une simple raison, que c’est hypothéquer notre liberté future. En revanche de la capacité à restaurer notre liberté intérieure, qui fonde tout régime possible, oui. L’analyse de Julien Rochedy sur l’ effondrement des » couches protectrices de la société » après tout d ‘un certain capitalisme, rejoint l’analyse déjà ancienne de Schumpeter qui voit le capitalisme miné de l’intérieur, comme tout système d’ailleurs, ,nous l’avons vu vu avec le communisme, qui survit comme prétention à incarner l’histoire après sa chute chez nous , tellement est indéracinable l’image d’ « un âge d’or » totalement fantasmé, ignorant le mal niché en nous ( voire dans l’Adolescent » de Dostoeiveski le rêve de Versilof ) . Le sursaut spirituel nous concerne personnellment si nos considérpns chaque instant de notre vie comme ayant valeur d’éternité , qui engage notre liberté, ce que nous pouvons mettre en relation avec la figure du » Grand s Inquisiteur » du même,, qui qui plane sur nous.: le poids de notre liberté serait trop difficile à assumer et nous préférons nous en décharger, c’est » le politiquement correct » qui s’infiltre avec notre consentement. Il y a eu des héros qui se sont rebellés, comme Charette Sans lui Napoléon aurait -il rétabli le culte catholique ,permettant à nouveau la transmission de la foi et de voir en 2O26 une jeunesse la vivant debout ? Autre point que Julien Rochedy effleure: la trahison ou l’inconsistance des élites mondaines qui se réfracte dans cette jeunesse qu’ elle a élevé ,ces élites sourdement complices de ceux qui veulent tout détruire pour exister, renvoyant en miroir à leurs ainés leur incurable frivolité larmoyante; Tout cela – excusez-loi – admirablement dévoilé dans les « Possédés » de Dostoeiveski (œuvre qui a quand même occupé dix ans de vie d’Albert Camus. Je conclurai en disant simplement que « le combat avec L’ange de Jacob » , c’est notre histoire, et tout ceux qui l’ont pratiqué , comme Anne l’indique, méritent notre reconnaissance.