
À seulement trois semaines des élections de mi-mandat, Donald Trump tente le tout pour tout pour faire baisser le prix de l’essence aux États-Unis et gagner des électeurs

L’OEIL DE BRUXELLES – Deux jours après avoir annoncé un accord sur le diesel russe, Donald Trump a déclaré dimanche 11 octobre qu’un cessez-le-feu énergétique avait été négocié entre l’Ukraine et la Russie. Si le premier est illégal selon des élus américains, le second a été négocié sans consulter le président ukrainien.
« Va t-on vers un vrai répit ? », se questionnent Les Échos. Dimanche 11 octobre, « Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu énergétique entre l’Ukraine et la Russie » [The Guardian]. Cette trêve « est instauré[e] immédiatement dans le conflit russo- ukrainien. Les deux parties ont donné leur accord. Ne le rompez pas !‘ », a écrit le président américain sur Truth Social, complète le média britannique.

Mais cet accord aurait été négocié « sans que Kiev n’en ait été informé« , assure Le Monde, provoquant la « surprise » du président ukrainien Volodymyr Zelensky [Les Échos]. Et ce dernier d’ajouter : « si les Russes acceptent un cessez-le-feu concernant les infrastructures énergétiques, l’Ukraine l’acceptera. Si le président Trump l’a négocié avec Poutine, qu’on nous dise simplement quand le cessez-le-feu entre en vigueur. Nous sommes prêts et nous l’accepterons’ » [Les Échos].
Un accord énergétique jugé illégal

Cette nouvelle annonce américaine fait suite à un accord inédit entre la Russie et les États-Unis. « Le président américain Donald Trump [avait indiqué] vendredi [9 octobre] avoir négocié la livraison de quantités massives de diesel russe aux marchés américain et mondial, levant pour ce faire des sanctions qui pèsent sur Moscou« , explique France info.
Concrètement, le département du Trésor des États-Unis a autorisé la livraison de diesel russe « jusqu’en avril 2027 ‘afin de permettre l’approvisionnement du marché mondial’. Un accord voulu par le président américain pour essayer de noyer le mécontentement des Américains face à la hausse du prix du diesel« , jugent Les Échos.
Or « des élus démocrates et républicains ont mis en cause dimanche 11 octobre la légalité de [cette mesure], affirmant que cela contrevenait à une loi du Congrès américain« , alerte Libération. « ‘La décision du président Trump d’autoriser les importations de diesel russe aux États-Unis va directement à l’encontre de la loi’, ont estimé sept sénateurs, dont quatre appartenant au Parti républicain, faisant référence à une loi adoptée par le Congrès en 2022 après l’invasion russe de l’Ukraine et qui interdit l’importation d’énergie russe‘ », précise France info.
De son côté, le gouvernement américain refuse cette interprétation. « Sachez que toute personne au Congrès qui prétend […] que cela nous est interdit se trompe« , a affirmé le secrétaire au Trésor, Scott Bessent [Libération].
Les frappes sur les infrastructures énergétiques se poursuivent

La solidité de l’accord sur le diesel russe annoncé par Donald Trump est donc limitée, tout comme l’efficacité de la trêve sur les infrastructures énergétiques négociée dimanche soir. Après l’annonce de Trump, « Moscou s’est gardé, pour l’heure, du moindre commentaire« , remarque Le Monde. Puis, « des attaques russes ont touché des centrales électriques à Kharkiv et à Kiev après que Trump a annoncé un cessez-le-feu énergétique immédiat, a déclaré Volodymyr Zelensky » dimanche soir [The Kyiv Post].
De son côté, l’Union européenne s’est dit prête à « soutenir une trêve des frappes sur les infrastructures énergétiques entre la Russie et l’Ukraine ‘dès qu’elle tiendra’« , selon les mots de sa cheffe de la diplomatie, Kaja Kallas [Le Figaro].
Les dernières négociations de Donald Trump ne s’appliqueraient donc pas réellement, alors qu’elles sont décisives pour lui. Elles interviennent « à moins d’un mois d’élections de mi-mandat cruciales pour la suite de son [bail] à la Maison-Blanche » [La Libre].

Dans les derniers sondages, la cote de popularité du milliardaire est au plus bas et le coût de la vie est affiché comme la principale priorité des électeurs. « Il a affirmé que cette mesure permettrait de faire baisser les prix des carburants aux niveaux mondial et national« , ajoute The Guardian. « Le premier sujet pour Trump, ce sont les midterms et le prix du diesel aux États-Unis. Il est prêt à tout pour montrer qu’il privilégie les intérêts nationaux américains« , conclut Tatiana Kastouéva-Jean, directrice du centre Russie-Eurasie de l’Institut français des relations internationales, interrogée par Les Échos. ■ o J.-P. S.











