
COMMENTAIRE JSF —Cette chronique est parue dans Le Figaro de ce samedi 18 avril. C’est un tableau réaliste et féroce de la France d’aujourd’hui, mais finalement assez rebattu, hélas, qu’on y trouvera. La faiblesse de l’analyse tient plutôt à l’absence de perspectives positives, un tant soit peu précises, qui pourraient ressortir de l’ouvrage de Franz-Olivier Giesbert ou de la réflexion propre de Mathieu Bock-Côté. S’il devait s’agir d’une forme renouvelée ou non du libéralisme avancé prôné en son temps par de Valéry Giscard d’Estaing, très peu pour nous. Il contient tous les germes du pourrissement actuel. Alors quoi ? L’ordre du jour de Philippe Pétain, à la veille de Verdun, dont il est fait usage ici — « On les aura ! » — désignait un ennemi, mais il était aussi brandi en défense d’une France historique assez clairement discernable. Qu’avons-nous à défendre ? Quel peuple ? Quel héritage ? Quelle culture ? Quelle esthétique ? Quelle religion, quelle spiritualité ? Quel pouvoir ? Sur le tracassin égalitaire, qu’il associait — déjà ! — à l’utopie d’une démocratie universelle, Edgar Allan Poe, traduit par Charles Baudelaire, avait tout dit, et mieux, il y a presque deux siècles. Franz-Olivier Giesbert a de la verve et du talent. Mathieu Bock-Côté a du courage, un fort ancrage dans les vertus d’enracinement, et une solide, voire débordante, faculté d’analyse. De là à nous présenter Franz-Olivier Giesbert comme « le dernier des grands écrivains politiques », on se dit qu’il y a des limites à la confraternité qu’il vaut mieux ne pas franchir. Sauf à nous contraindre à l’oubli de nos maîtres ou à la désespérance en l’avenir français et au-delà. — JSF
Par Mathieu Bock-Côté.
CHRONIQUE – Dans son nouvel ouvrage, La France est-elle un pays communiste ?, Franz-Olivier Giesbert, dont la plume est aussi drôle que percutante, dénonce le fonctionnement d’un pays empêtré dans la médiocrité bureaucratique, l’assistanat langoureux et le travail empêché.

On connaît la boutade de Gorbatchev sur la France, seul pays communiste qui a réussi. Franz-Olivier Giesbert, alias FOG, a décidé de la prendre au sérieux au point d’y consacrer un petit livre tonique, vivant, polémique, dans le meilleur sens du terme. Évidemment, il transforme poliment cette affirmation en question en donnant pour titre à son ouvrage La France est-elle un pays communiste ? Réponse : oui, sauf qu’il n’a pas réussi. Le propos est catastrophique, comme l’est le communisme, mais jamais déprimant, car FOG n’aime rien tant, dans la bataille, que de se dire : « On les aura. » Il aime aussi dire : « Mort aux cons », mais je ne le répéterai pas ici ! Et, sur 110 pages, il boxe magnifiquement avec les enfants de Marx, les collectivistes du bocal, les communistes de 2026, qui ne savent pas qu’ils le sont.
La France est donc le pays du communisme, mais pas n’importe lequel, celui du communisme mou, de la médiocrité bureaucratique, de l’assistanat langoureux, du travail empêché, et des fruits du travail volé par une caste de Dracula technocrates, qui vivent en ayant leurs crocs plantés dans un peuple bête de somme, qui travaille pour que d’autres ne travaillent pas. Sous le communisme mou, on ne trouve évidemment pas de goulags, mais des contrôleurs fiscaux partout, des bureaucrates itou, des militants subventionnés, des artistes sans talents. Le communisme mou n’est pas le pays du KGB, mais de l’Arcom. Ce n’est pas le pays du Goulag mais de Bercy. C’est le pays du taxeur jouisseur, qui veut votre bien et qui l’aura.Publicité
C’est un pays où on rêve de devenir fonctionnaire – la promesse d’un emploi assuré, mais mal payé, avec un rôle indéterminé, devrait pourtant convaincre de la possibilité de l’enfer sur terre, et pourtant certains s’y jettent, attirés par la régularité des jours gris, sans passions ni grandes joies, où le bonheur prend la forme d’un arrêt de travail ou quelques jours de RTT. On croit vivre, ici, alors qu’on s’endort. Un jour, un individu a eu l’idée des 35 heures. Que cet individu connaisse, dans l’autre monde, s’il existe, un long purgatoire ! FOG, qui n’a jamais chômé, chante la valeur travail. Cela ne l’a jamais empêché de tailler ses oliviers ou de baguenauder avec son beau chapeau – car le vrai travail n’est pas le stakhanovisme, car un pays libre n’est pas un pays gris. On le sait, FOG a fait de Marseille son pays.
Oh, langueur bureaucratique ! Oh, douceur de la subvention publique ! “La soviétisation guette”, dit-il aussi. Celui qui croit que l’égalité et la liberté vont ensemble ment éhontément
Mais le communisme n’a-t-il pas été vaincu une fois pour toutes en 1989 ? L’objection est valable. Mais l’esprit communiste demeure. Le rêve d’égalité en est un de coupeurs de têtes, mais aussi, de voisin jaloux. Le ressentiment règne – c’est la passion des médiocres. FOG frappe fort : « Nous sommes en pleine décadence. Notre économie déclinante repose sur le travail d’un tiers seulement de la population qui innove, produit, trime pour les autres. » Communisme, quand tu nous tiens ! Il y a des riches, il faut les détrousser, par les taxes et les impôts, l’effort des uns devant financer le logement social des autres, et tout le tralala des aides publiques. Oh, langueur bureaucratique ! Oh, douceur de la subvention publique ! « La soviétisation guette », dit-il aussi. Celui qui croit que l’égalité et la liberté vont ensemble ment éhontément.
Le dernier des grands écrivains politiques

FOG dénonce donc un pays qui ne se sait pas communiste, ce qui complique évidemment la vie de ceux qui voudraient l’en délivrer. Mais il ne s’en prend pas qu’au communisme mou, il vise aussi les communistes durs et fous, ceux de LFI, commandés par le camarade Mélenchon, vieux trotskiste qui s’apprête à faire son dernier tour de piste à la manière d’un Lider Maximo de comédie pas si drôle. Ceux-là sont vraiment méchants, haineux et hargneux, menteurs et tricheurs. De ce point de vue, ils sont les fidèles héritiers de la doctrine et de ses méthodes, ils n’en renient rien. Ils rêvent du jour où tout s’effondrera, où ils pourront imposer leur joug et faire la loi. Il existe en France, aujourd’hui, un grand parti néotrotskiste qui pourrait, sur un malentendu, s’emparer du pays, et le chavéziser.
Il y a toujours une joie à lire FOG, le dernier des grands écrivains politiques. C’est la joie de rencontrer un homme et son style, avec son univers, où on se sent à la fois chez lui et chez soi. Autant il est mélancolique dans ses romans, et peut être cruel et tendre dans ses portraits politiques, tirés de ses carnets, où est consignée une partie de l’histoire orale de la Ve République, autant le polémiste est drôle et touche sa cible chaque fois, avec une forme de jubilation exaspérée qu’il parvient, au terme du parcours, à convertir en optimisme convaincant. Notre homme sait l’histoire tragique, et pourtant, avec un esprit enfantin, il jubile, il conspire, il prend un verre, et guérit de chaque maladie, même les plus graves pour taper encore sur les idiots. On sort de ce livre en se disant que le communisme mou tombera. On en sort en criant avec lui : « On les aura » ! o ■ o MATHIEU BOCK-CÖTÉ

Les Deux Occidents, Mathieu Bock-Côté, La Cité, 288 p., 22 €. sdp












Ce livre n’est pas une analyse scientifique de la France, mais plutôt un pamphlet libéral argumenté.
Il est intellectuellement stimulant, mais analytiquement discutable.
Malheureux MBC venu comme immigré en France pour gagner sa pitance avec milliers d’Euros ( vers le million toucherait-il de bonnes sources avec sa blonde. Etant ancien journaliste au Québec, le salaire est un calvaire icitte pas en France. On le comprend comme pour tous les immigrés de la planète) qui ne pourra jamais toucher comme salaire dans son Québec natal où je vis. Partir en France pour s’enrichir en famille est drôle car le savoir insulter la France comme pays communiste pour cause de fonctionnariat, c’est assez piteux. Mais d’où sort-il son délire?