
La chancelière de l’Échiquier britannique, Rachel Reeves, et le ministre français des Finances, Roland Lescure, avant de participer à la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G7 à Paris.

L’OEIL DE BRUXELLES – Les ministres des Finances des pays du G7 sont réunis à Bercy, lundi 18 mai. Les discussions, d’une durée de deux jours, porteront notamment sur les déséquilibres économiques mondiaux et la dépendance aux matières premières chinoises. en trompe-l’œil mais néanmoins source d’espoir pour l’UE, qui cherche à peser sur les négociations de paix.

« Les ministres des Finances du G7 en quête d’unité à Paris face au chaos mondial« , titrent Les Echos. Ces derniers « se réunissent à Paris lundi [18 mai] pour deux jours de discussions visant à former un front uni alors que la guerre au Moyen-Orient perturbe les perspectives économiques mondiales« , commente France 24. « Une réunion [qui rassemble] des ministres de l’Économie allemand, britannique, canadien, états-unien, français, italien et japonais » [RFI].
« Cette [rencontre] fait suite à un sommet à Pékin [le 15 mai dernier] entre le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping, qui n’a abouti qu’à peu de percées économiques concrètes« , estime Reuters. « Roland Lescure [ministre de l’Économie et des Finances, ndlr], hôte du sommet, veut éviter que chaque pays négocie seul avec Pékin, au risque de torpiller le front occidental« , note La Tribune. « L’objectif affiché : démontrer que ‘le multilatéral peut fonctionner’, selon les mots du [ministre français], même si [ce dernier] reconnaît que ‘les discussions ne sont pas faciles, y compris évidemment avec nos amis américains‘ », rapporte le journal.
Plusieurs sujets au menu des discussions

« Tous plancheront sur le creusement des grands déséquilibres économiques mondiaux, un constat établi par le Fonds monétaire international dès 2025« , rappelle Le Monde. « La façon dont l’économie mondiale s’est développée au cours des dix dernières années est clairement insoutenable« , estime le locataire de Bercy, cité par Reuters, « soulignant une tendance dans laquelle la Chine sous-consomme, les États-Unis sur-consomment et l’Europe sous-investit« . « L’approche combative et transactionnelle de Trump vis-à-vis de ses alliés comme de ses rivaux a déstabilisé les dirigeants du G7, déjà aux prises avec la menace d’une croissance stagnante et d’une inflation galopante découlant de la guerre au Moyen-Orient« , insiste France 24. « Les discussions s’annoncent compliquées, les Européens n’ont toujours pas bien digéré de se voir imposer de nouveaux droits de douane par l’administration Trump« , ajoute RFI.

L’objectif de ces échanges pendant deux jours est de « trouver des positions communes sur les tensions commerciales ou les approvisionnements en terres rares« , écrit Le Figaro. « Sur ce plan, le consensus est quasiment assuré. ‘Il faut qu’on fasse, pour les matériaux critiques, ce qu’on a fait sur l’énergie dans les années 1970. Être capable de comprendre les marchés de manière à pouvoir répondre en cas de bouleversement potentiel’, a expliqué Roland Lescure« , citent Les Echos.
Créer des outils pour lutter contre les perturbations économiques

« La France espère créer une ‘boîte à outils commune’ pour lutter contre les perturbations du marché des matières premières essentielles, a déclaré [le ministre de l’Économie], via des accords commerciaux stratégiques ou des mesures interventionnistes telles que des prix planchers, des quotas ou des droits de douane« , dévoile France 24. « Elle souhaite également promouvoir des ‘projets multilatéraux’ entre les pays afin de développer leurs propres capacités d’extraction et de raffinage« , ajoute le média.
Par ailleurs, « le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a déclaré que le G7 constituait ‘le cadre idéal’ pour discuter avec les États-Unis de la fin de la guerre en Iran« , souligne France 24. « Avec la crise du détroit d’Ormuz, le club des pays riches s’est finalement trouvé une nouvelle raison d’être« , pointe Le Monde. « La décision de libérer des stocks stratégiques de pétrole mi-mars, à la suite d’une concertation au sein de ses membres, a en effet permis de calmer la flambée des cours du pétrole pendant quelques jours« , poursuit le journal du soir.

« Comme lors de l’édition 2019, la France a choisi d’inviter d’autres pays à participer aux travaux et aux discussions du G7, à savoir l’Inde, le Kenya, le Brésil et la Corée du Sud. Bercy espère que cette initiative fera résonner les propositions du G7 dans d’autres enceintes internationales, et participera ainsi à la construction d’un consensus international« , constate Le Monde. « Même une reconnaissance partagée des difficultés serait considérée comme une victoire pour le gouvernement français, qui espère publier deux déclarations communes à l’issue des discussions » [France 24], « dont une avec quatre pays associés (Kenya, Brésil, Inde, Corée du Sud) – pour alimenter le sommet des dirigeants prévu du 15 au 17 juin à Évian » [La Tribune].

« Enfin, le sommet du G7 se penchera sur la réforme de l’aide au développement dont les budgets ont été en chute libre partout dans le monde en 2025, surtout aux États-Unis (-57 %) et en France (-19 %)« , indique Le Monde. « Paris veut remplacer l’aide au développement par une logique de partenariat dans lequel le secteur privé jouerait un rôle plus important, au motif que les pays pauvres d’hier se sont enrichis et concurrencent désormais les pays riches« , précise le quotidien.o■ o J.-P. S.











