
Par la rédaction de Front Populaire.
COMMENTAIRE — Force est de constater que, nonobstant la montée des opinions hostiles dans presque tous les pays du continent, la technostructure de Bruxelles conserve intégralement ses ambitions activistes en vue de mettre en place un réel pouvoir supranational. Bien au contraire, chaque crise, de quelque ordre qu’elle soit, lui sert d’occasion et de prétexte pour accroître encore ses prérogatives, avec l’aval des dirigeants nationaux. L’entreprise, pour contraire qu’elle soit à un véritable esprit européen, n’en conserve pas moins ses attraits pour certains. Dont le pape Léon XIV lui-même, qui devrait, dit-on, lors de son voyage de septembre en France, rendre un hommage tout particulier à la mémoire de Robert Schuman. Le Souverain Pontife marquera-t-il les réserves qui s’imposent quant à la réalité de cette entreprise, sept décennies après ses débuts ? Voudra-t-il rappeler le respect dû aux nations historiques, auxquelles on oppose en fait un mondialisme matérialiste et affairiste, indigne de leur Tradition commune, comme ne cesse de le rappeler avec force le philosophe catholique Pierre Manent ? Cet article, paru le 20 mai dans Front populaire, nous conduit à envisager avec gravité ces questions existentielles. — Je suis Français.
ARTICLE. Depuis 2021, la France s’acquitte d’une amende vis-à-vis de l’UE au titre de ses mauvaises performances en termes de recyclage de plastique. Une question budgétaire épineuse et méconnue sur laquelle Emmanuel Macron a braqué le projecteur.
Il y a la contribution annuelle française au budget européen. Dépassant les 22 milliards d’euros, en 2026, elle a bondi de 24 % pour atteindre 28,8 milliards d’euros – un contrecoup au départ du Royaume-Uni, ex-contributeur net lui aussi au budget européen, amorti par ceux qui restent. Mais depuis 2021, la France s’acquitte d’une nouvelle contribution indirecte de plus d’un milliard d’euros par an en payant une « taxe plastique ». Mauvaise élève du recyclage au niveau européen, la France souhaite réduire cette dépense. C’est en tout cas le sens de l’intervention, ce mardi 19 mai, d’Emmanuel Macron lors du cinquième Conseil de planification écologique.
Signe des temps qui veulent que le président ne s’occupe plus désormais que de l’intendance (Bruxelles prenant en charge une bonne partie du reste), la principale déclaration retenue de sa présence a porté sur les… consignes des bouteilles en plastique. Un sujet manifestement suffisamment important pour être porté publiquement par le Président français qui considère qu’il « faut maintenant bouger » sur la question du recyclage et que les consignes pourront « faire partie des leviers d’action étudiés ».
Cette nouvelle organisation, l’Association des maires de France (AMF) n’en veut pas. Dans un communiqué, elle dénonce « l’aberration environnementale et financière de ce projet ». Les collectivités locales voient d’un mauvais un œil ce dispositif qui viendrait se substituer en partie aux bacs de tris, onéreux à installer mais qui permettent aux municipalités de toucher un prix à la revente. Pas de quoi faire fléchir Mathieu Lefèvre, le ministre de la Transition écologique, qui considère que « le temps de la concertation (…) est venu » et que « ce n’est pas une option, c’est une certitude. Nous devrons mettre en place la consigne ».
Chaque kilo non recyclé est facturé 80 centimes d’euros
Le ministre prend exemple sur les pratiques européennes. En matière de recyclage de plastique, la France est une (très) mauvaise élève, arrivant à la 26e place du classement des 27 États membres de l’UE. Elle recycle 26 % de ses emballages quand la moyenne européenne atteint les 42 %. Chaque année, les Français génèrent environ 70 kg de plastique par habitant. Concernant les bouteilles, seulement 60 % sont recyclées. Insuffisant à ce stade pour atteindre le palier fixé à 90 %.
Les divers objectifs de recyclage de plastique sont déterminés par la loi anti-gaspillage (Agec) votée en janvier 2020. Mais derrière cette loi se cache comme bien souvent la silhouette envahissante de la Commission européenne, dont il ne s’agit en pratique que de ratifier les nouvelles normes qu’elle impose. À travers le Pacte vert européen présenté en décembre 2019, la volonté de rendre recyclable 100 % des déchets plastiques en 2030.
Pour y parvenir, Bruxelles a mis en place un — juteux — système d’amendes. Chaque kilo non recyclé est facturé 80 centimes d’euros à l’État concerné, dans le cas où il ferait partie des 10 États membres les plus riches de l’UE. La France étant concernée, c’est près de 1,5 milliard d’euros qu’elle paie chaque année à l’Union européenne, soit une contribution annuelle supplémentaire de l’ordre de 4 % au budget de l’Union européenne.
La France en crise et lourdement endettée a-t-elle le loisir de s’acquitter d’une telle amende ? Ne pourrait-elle aller au bras de fer comme elle l’a fait par le passé à propos des énergies renouvelables, dont la trop faible part dans le mix énergétique (au goût de l’Europe) lui avait valu une amende de 500 millions d’euros pour non atteinte des objectifs fixés ? De bras de fer il ne semble pas être question cette fois-ci : « S’il y a des ministères qui ont un milliard et demi d’euros en trop, il faut tout de suite le signaler », a ironisé le chef de l’État. Manifestement s’il n’y a plus d’argent en France, ce n’est pas le cas lorsqu’il s’agit de financer l’Union européenne, directement ou via des taxes qui sont en réalité une part déguisée de la contribution des États. Les Français apprécieront.o ■o F.P.












