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Par La rédaction de Front Populaire.
BREF COMMENTAIRE — Cet article est paru le 13 mai dans Front populaire. Il y apparaît in fine une contradiction de taille dans l’opinion des Français. Dès lors qu’il s’agit de réagir à des situations concrètes, à des problèmes réels dont ils éprouvent les lourds inconvénients, ils sont les plus méfiants des Européens vis-à-vis de l’U.E. S’il s’agit de porter une appréciation d’ordre général, alors l’UE resterait à leurs yeux « un îlot de stabilité dans un monde en crise ». Reste à savoir qui aura le dernier mot : les réalités vécues ou les idées générales. — Je suis Français.
ARTICLE. Face à l’instabilité géopolitique et à ses conséquences économiques bien concrètes, la défiance des Français vis-à-vis de l’Union européenne reste plus forte que chez les autres États-membres.
Hauts les cœurs ! « Une majorité d’Européens (51%) fait confiance à l’Union européenne, ce qui représente une augmentation de 3 points par rapport à l’automne 2025. », claironne le dernier « eurobaromètre » de la Commission européenne. Suivent d’autres raisons de plastronner : six Européens sur dix se disent « optimistes quant à l’avenir de l’UE », et 57% des citoyens de l’UE « sont satisfaits du fonctionnement de la démocratie dans l’UE ». Mais le diable est dans les détails. Ainsi, seuls 38% des Français (13 points de moins que la moyenne européenne) accorderaient leur confiance à l’Union européenne et à ses institutions. Le deuxième score le plus bas parmi les Vingt-Sept, derrière la Grèce (36%) – qui a bien des raisons d’en vouloir à l’Union européenne et à ses pulsions austéritaires. A l’inverse, 53% (une majorité, donc) des Français sondés indiquent ne pas faire confiance à l’Union européenne. Le quatrième plus haut score de défiance de l’Union européenne, derrière la Grèce (encore elle !) à 61%, et la Slovaquie et Chypre, à 54%.
Insécurité économique
La dynamique n’est pas neuve : les Français sont en moyenne moins europhiles que le reste de l’Union européenne. Pour 25% d’entre eux (contre 19% des citoyens européens), l’Union évoque une « image négative », et une « image positive » pour 35% des sondés (contre 45%). Du fait de ses spécificités nationales, la France se trouve en décalage avec le reste de l’Europe sur un certain nombre de sujets. Ainsi, 37% des Français souhaiteraient que les fonds européens alimentent l’agriculture et la ruralité, contre seulement 26% en moyenne dans l’UE, et – véritable divergence d’intérêts souverains – seulement 18% en Allemagne, qui préfèrerait de loin (41%) que l’Europe finance la sécurité et la défense. Une divergence d’intérêts à l’aune de laquelle on peut comprendre l’isolement quasi-total de la France sur le dossier Mercosur…
L’euroscepticisme croissant des Français ne tient pas tant à un rejet de principe des logiques supranationales européennes qu’à l’insécurité économique. La première préoccupation des Français sondés est le triptyque « augmentation des prix – inflation – coût de la vie », devant les inquiétudes quant à la situation internationale que la moyenne européenne fait passer avant le reste. Les Français sont les seuls (avec la Grèce) à être plus pessimistes qu’optimistes quant à l’avenir de l’Union européenne. Des résultats qui résonnent avec ceux du sondage Ipsos BVA du 10 mai pour La Tribune Dimanche, d’après lequel 91% des Français verraient la situation économique nationale et mondiale avec pessimisme.
Si les Français comptent, en l’état actuel des choses, parmi les moins européistes d’Europe, ce n’est malheureusement pas du fait de la percée médiatique des thèses souverainistes ou de la réalisation que la monnaie unique ou le projet supranational européen contreviennent à leurs intérêts souverains. Pour 71% des Français (contre 25%), l’UE resterait ainsi « un îlot de stabilité dans un monde en crise ». Il faut dire qu’en plein naufrage, on se raccroche à ce que l’on trouve.o ■o F.P.












