Rarement aura-t-on entendu une défense de la monarchie aussi peu monarchiste, à l’origine. C’est justement son intérêt. Dans cette intervention, Arturo Pérez-Reverte livre une réflexion décapante sur l’état de la classe politique espagnole et sur les raisons qui le conduisent, malgré sa culture républicaine, à préférer aujourd’hui la monarchie. La vidéo est en espagnol. Mais nous en donnons une traduction (presque) intégrale.

« Je suis républicain. Par éducation, par formation, en tant qu’intellectuel, par culture, que sais-je encore ? J’ai une formation républicaine. J’ai lu, j’ai étudié, et c’est ainsi que je me sens, bref que je suis républicain.
Mais je suis espagnol. Et c’est là qu’intervient le facteur conditionnant.
Une république c’est quelque chose qui est présidé par quelqu’un : un président de la République. Une personnalité de prestige, sereine, cultivée, stable, équilibrée sur le plan émotionnel, capable de rassembler, capable d’administrer avec hauteur de vue et sérénité un peuple qui lui confie cette charge suprême.
Dites-moi : en Espagne, existe-t-il aujourd’hui une seule personne capable d’assumer un tel rôle ? Une seule ? Il n’y en a aucune. À l’heure actuelle, personne n’est à la hauteur.
Alors que se passerait-il ? Une république tombée entre les mains de l’infâme classe politique qui nous gouverne, à droite comme à gauche, et jusque dans les extrêmes, serait un chaos.
Confier le pays à ces gens-là ? Regardez-les : opportunistes, sans scrupules, et, pour beaucoup, analphabètes…
Pour former un citoyen honorable et instruit, il faut des années d’éducation, de culture et d’efforts. Pour fabriquer un fanatique, quelques semaines sur les réseaux sociaux suffisent.
Voilà le panorama.
Et c’est à ces gens-là que je confierais ma vieillesse, ma retraite, ma fille, mes petits-enfants ?
Alors que reste-t-il ? On finit par devenir monarchiste par légitime défense.
L’ancien roi a accompli de grandes choses. Certaines furent excellentes, d’autres moins. Aujourd’hui, il paie ses erreurs. Mais pour le bien qu’il a fait à l’Espagne, je crois qu’il devrait pouvoir revenir dans son pays vivant.
Son fils, le roi Felipe VI, est un homme que j’apprécie énormément. Éduqué, serein, cultivé. Il aime l’Espagne. Il possède cette tranquillité intérieure, cette mesure. C’est une très bonne personne.
Et sa fille ? Regardez-la : elle ressemble davantage à son père qu’à son grand-père…
Tout bien considéré, sans être un partisan fanatique de la monarchie, je préfère cette institution à la classe politique qui nous rend la vie amère et difficile. »o■
— Arturo Pérez-Reverte, écrivain, journaliste et membre de l’Académie royale espagnole, lors d’une intervention dans l’émission El Hormiguero (Espagne).
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Source de la vidéo :













Excellent! Des arguments semblables ne pourraient-ils pas s’appliquer en France? Un intellectuel prestigieux français ne pourrait-il pas en publier?
Et pourquoi pas rêver de politiciens respectés et courageux qui publieraient des arguments comparables?
Hélas! il va falloir subir la « campagne présidentielle » pendant de longs mois…