
Le prince Eudes d’Orléans, duc d’Angoulême et frère cadet du Comte de Paris, publie hebdomadairement La France dans le temps long, une lettre d’analyse consacrée à cette France-là : celle qui dure, qui se transforme, qui résiste ou qui cède au fil des siècles. Chaque semaine, un texte qui invite à lire le présent à la lumière du temps long.
Bon nombre d’articles ont déjà été publiés, tous empreints de cet esprit très capétien. Nous en avons repris plusieurs, en précisant aux lecteurs de Je Suis Français qu’ils peuvent s’abonner à cette lettre hebdomadaire, dont chaque livraison est d’un réel intérêt et d’une haute tenue.
L’été de JSF a interrompu ces publications, dont le Prince annonce ici la suspension au mois d’août. Nous reprenons ici le courrier qu’il a adressé aux abonnés de La France dans le temps long, le 1er août.
— Je Suis Français
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Pour la pause d’août — une gratitude, une annonce, et un rendez-vous en septembre Thiron Gardais, le 19 septembre. Un évènement qui se prépare pour l’automne.
Cher lecteur, chère lectrice,
Il y a des moments où l’on s’arrête — non par manque de matière, mais par besoin de mesurer ce qui s’est construit.
Nous sommes bientôt 500 abonnés aujourd’hui. Vous étiez quelques dizaines au départ. Cette croissance, je ne la prends pas pour acquise. Je la prends pour ce qu’elle est : une confiance, renouvelée semaine après semaine, qui m’oblige autant qu’elle m’encourage.
Alors avant l’été, et avant de vous parler de septembre, je voudrais simplement vous dire merci.
Merci
Merci de lire. Merci de revenir. Merci à ceux qui commentent, qui nuancent, qui apportent une référence que je n’avais pas, qui me contredisent parfois avec des arguments qui m’obligent à reprendre ma copie. Ces échanges sur Substack ou LinkedIn sont ce qu’une newsletter peut produire de meilleur — une pensée collective qui s’affine dans le frottement des points de vue.
Et merci, tout particulièrement, à ceux d’entre vous qui se sont engagés à soutenir financièrement ces lettres hebdomadaires. Ce geste n’est pas anodin. Il signifie que ce travail a une valeur à vos yeux, et cela compte profondément. Je réfléchis activement, pour l’automne, à la façon de vous offrir un contenu qui soit à la hauteur de cet engagement — quelque chose de plus, de plus personnel, de plus approfondi. Je vous en dirai davantage à la rentrée.
Une pause en août
Les lettres hebdomadaires marquent une pause pendant le mois d’août.
Non pas que la France dans le temps long s’arrête — elle ne s’arrête jamais. Mais écrire avec exigence demande du recul, et le recul demande du silence. Je reviendrai en septembre avec, je l’espère, un regard un peu plus affûté sur ce que nous explorons ensemble.
Et le 19 septembre, à Thiron Gardais La rentrée sera marquée par une conférence que je donne et à laquelle je voudrais vous convier.

Le samedi 19 septembre 2026, dans le cadre des Rencontres des Métiers d’Art du Patrimoine organisées à Thiron Gardais — cette abbaye royale du XIIe siècle dont Stéphane Bern a entrepris la restauration, et dont il a fait un lieu de vie culturelle exemplaire —, j’interviens sur un sujet qui me tient à cœur depuis longtemps :
LES MAINS QUI DURENT
Les métiers d’art dans le temps long
Le point de départ est un paradoxe que j’ai du mal à accepter : un savoir-faire peut avoir un marché français ou international, une clientèle fidèle, une reconnaissance officielle (Entreprise Patrimoine Vivant, …) — et disparaître quand même, faute d’un seul maillon transmis à temps. C’est ce qui s’est passé en 2022 avec l’arrêt des fours d’une briqueterie du Périgord que j’avais visité, dont les production de terres cuites commencée sous Louis XIV étaient pourtant irremplaçables.
Cette fragilité n’est ni technique ni commerciale. Elle est humaine. C’est la transmission — ou son absence — qui décide de tout.
La conférence explore cette question à travers une thèse que je défends : le mécénat comme condition de possibilité de transmission. Ce mécénat n’a jamais quitté la France. Il a changé de visage — du prince d’Ancien Régime qui donnait du temps et un marché à un geste rare (Gaston d’Orléans confiant la reconstruction du château de Blois au jeune Mansart, Ferdinand-Philippe d’Orléans soutenant Ingres, Delacroix et Barye) à la commande publique ou privée d’aujourd’hui. La fonction reste identique : protéger ce qui ne peut pas se défendre seul.
À travers six entreprises visitées — terre cuite, carreaux-mosaïque, vitrail, ferronnerie, taille de pierre, ébénisterie —, j’essaierai de montrer très concrètement où en sont ces métiers, ce qui les menace, et ce qui, encore aujourd’hui, peut les sauver.
Pourquoi cette conférence vous concerne
Vous lisez ma lettre hebdomadaire “la France dans le temps long” parce que l’histoire de France vous intéresse — ses institutions, ses ruptures, ses héritages. Les métiers d’art sont l’un de ces héritages.
Ils portent dans leurs gestes une mémoire que les archives ne contiennent pas, une intelligence du matériau et de la forme que les écoles ne transmettent pas entièrement. Quand une briqueterie ferme, c’est un lexique et des gestes qui disparaissent.
Je ne suis pas nostalgique. Je m’implique dans une écologie culturelle du temps long.
Et Thiron Gardais est, en soi, une démonstration vivante de ce que cette écologie peut produire quand elle est prise au sérieux.
Informations pratiques
📅 Date : Samedi 19 septembre 2026
📍 Lieu : Collège Royal et Militaire de Thiron-Gardais (propriété de Stéphane Bern)
🔗 Programme complet des Rencontres :
ateliersdart.com → Les Rencontres des Métiers d’Art du Patrimoine
🔗 Le lieu :
collegeroyal-thirongardais.com
Les informations complémentaires seront précisées sur le site des Ateliers d’Art de France. Je vous invite à les consulter régulièrement.
Si vous êtes disponibles ce samedi de septembre, venez. Ce sera, comme au château d’Amboise en juillet lors de ma dernière conférence sur “Les Princes voyageurs au XIXème siècle”, l’occasion de mettre un visage sur une conversation qui dure, et de partager en vrai ce que nous partageons ici par écrit.
Je vous souhaite un bel été. Lisez, flânez, contemplez et regardez les choses avec du recul, bien que l’actualité ne le permette pas toujours.
À la rentrée.
Prince Eudes d’Orléans
Duc d’Angoulême
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